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Full text of "Dialogues Avec Bernard De Montreal Tome 1"

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avec 

Bernard 

de 

Montréal 






DIALOGUES AVEC 


BERNARD DE MONTRÉAL 

1 


Textes établis à partir des entretiens publics de 
Bernard de Montréal avec François J. Payotte 


LES PRESSES DE L'UNIVERSITE DE LA PERSONNE 


Adresse de l'éditeur : 

Les Presses de l'Université de la Personne inc. 

2, boul. Desaulniers, Bureau 101 
Saint-Lambert (Qc) Canada J4Z 3J2 

ISBN 2-921138-00-X 
Dépôt légal 2e trimestre 1989 
Bibliothèque nationale du Québec 
Tous droits de reproduction, d'adaptation 
ou de traduction réservés 

© Les Presses de l'Université de la Personne inc. 1989 


2 


MOT DE L'ÉDITEUR 


Depuis une dizaine d'années, Bernard de 
Montréal s'est entretenu mensuellement avec 
quelques conférenciers sur l'évolution et l'intégration 
de la psychologie supra-mentale. Au cours de ces 
conférences publiques, il a abordé plusieurs 
centaines de sujets qui feront l'objet de cette 
collection. 

Les textes, établis à partir de transcriptions, 
contiennent l'essentiel de ces entretiens ; afin que la 
lecture conserve le dynamisme de l'échange qui les 
caractérisait, la formule question-réponse a été 
maintenue dans ses grandes lignes. 


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PSYCHOLOGIE DE 
L'INITIATION 


Q. - Pouvez-vous nous faire voir les différents 
aspects de l'initiation ? En fait, existe-t-il des 
catégories d'initiation ? 

BdM - Le concept de l'initiation est très vieux, il fait 
partie de la conscience de l'humanité et il évolue 
comme tout autre chose dans la vie. L'homme, en 
tant qu'individu, est arrivé à un point où il doit 
inévitablement connaître une finalisation de son 
contrat de vie. Lorsque je parle de l'humanité, je 
parle toujours de l'homme d’abord, de celui qui 
constitue l'humanité. Je ne parle pas de l'humanité 
qui englobe l'homme, je parle toujours de l'individu. 
D'ailleurs, lorsque l'on parle d'initiation, on parle de 
l'individu. 

Cet homme va en arriver un jour, dans cette 
vie, dans sa vie, à pouvoir finaliser son contrat de 
vie. C'est-à-dire posséder entre ses mains, dans son 
mental, une comptabilité parfaite de sa vie. Pour 
savoir qu'est-ce que c'est la vie, il doit avoir été 
dépouillé complètement des mystères de la vie, qui 
sont des illusions du mental inférieur ; il doit aussi 
avoir un respect parfait pour l'humanité, pour 
l'homme, pour son frère, et en même temps avoir une 
capacité intégrale de conscience identique à lui- 


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même. Il doit être un homme capable de déchiffrer 
la vie. Si la chose est possible sur le plan 
scientifique et sur les plans inférieurs, elle l'est aussi 
sur les plans subtils. La vie est une totalité, elle n'est 
ni un monstre, ni un mystère. Elle est une réalité 
dont on ne connaît pas les mécanismes parce qu'ils 
font partie de la découverte de l'homme nouveau, ces 
nouveaux initiés, ceux qui passeront de l'involution à 
l'évolution. 

L'involution est cette période qui a permis à 
l'homme de développer un intellect et un intuitif. 
L'évolution sera cette autre période au cours des 
siècles qui viennent, où l'homme sera obligé de 
développer un troisième cerveau. Nous savons que 
l'homme possède, matériellement, deux cerveaux : 
cerveau de droite, cerveau de gauche. Un cerveau 
qui lui permet de rationaliser, d'ordonner ses 
pensées, et un autre cerveau qui lui permet de 
connaître intuitivement quelque chose en lui-même, 
mais dont il ne comprend pas parfaitement la 
configuration. Les deux cerveaux de l'homme font 
aussi partie de la gestion polarisée de son savoir : 
cela signifie que l'homme de toutes les nations, de 
toutes les races, de toutes les cultures, est obligé de 
se servir d'un cerveau ou de l'autre pour avoir accès à 
ce que nous appelons un « certain savoir ». Mais ce 
savoir est toujours polarisé, parce que fondé sur la 
conception du bien et du mal. Sur le plan racine de 
la conscience, il s'arrête là ; il ne va pas plus loin, 
car il n'y a pas de synthèse. L'homme de l'invo- 
lution ne possède pas les outils permanents de sa 


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conscience, parce qu'il ne sait pas encore utiliser un 
troisième cerveau qui appartient aussi à sa 
conscience, que l'on peut appeler le cerveau 
éthérique. Comme celui-ci n'est pas utilisé 
consciemment, l'homme en est réduit à vivre d'une 
connaissance polarisée. Même si ce processus fait 
partie de l'évolution, il comporte de très grands 
dangers parce que, quand l'homme est obligé de 
vivre toutes ses expériences humaines à l'intérieur 
d'une échelle de valeurs qui va du bien au mal, il vit 
une tension existentielle que certains philosophes 
appelaient, durant le premier quart du siècle, le 
« angst ». L'homme vit une anxiété, et ce 

phénomène n'est pas normal. L'anxiété est un 
déchirement de l'homme, qui résulte de son 
incapacité à formuler une synthèse à l'intérieur de la 
polarité de son savoir intuitif et rationnel. Vivre une 
anxiété existentielle n'est pas normal, ce n'est pas 
naturel, cela fait vieillir et empêche l'homme de 
découvrir son identité. 

À la fin du XXe siècle, il y a des hommes sur 
terre qui vont finalement entrer dans cette initiation 
que souvent nous appelons solaire, pour la 
différencier des anciennes qui étaient plutôt lunaires, 
et cette nouvelle initiation permettra à l'homme, à 
l'échelle de l'individu, de finalement reprendre le 
contrôle de son évolution. Cela signifie contrôler sa 
façon de voir la vie, sa façon de penser la vie, sa 
façon de percevoir intuitivement la vie, sa façon de 
raisonner la vie par l'activité où l'action d'un autre 
principe en lui. Ce dernier a toujours été caché à 


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l'humanité, c'est un principe fondamental à sa 
conscience, qui fait partie de son esprit, de sa 
doublure spirite, qui participe de sa réalité et qui seul 
peut intégrer le cerveau gauche et le cerveau droit, en 
donnant au positif et au négatif de sa conscience un 
équilibre total. 

Si l'on regarde dans le monde, même sur le 
plan scientifique, sur le plan de la matière, on 
remarque que jamais, à aucun niveau de la réalité, ne 
peut exister une phénoménologie qui est polarisée 
absolument. Si je tiens un verre, il est attiré par la 
gravité, il est maintenu par ma main, mais il est 
contrôlé par mon mental. Il y a dans toute 
phénoménologie, dans toute ontologie phénoménale 
et dans toute phénoménologie ontologique, toujours 
trois forces. Dans la nature, à tous les niveaux d'or¬ 
ganisation systémique, inter-systémique, mondiale, 
inter-mondiale, galactique, moléculaire, atomique, il 
y a toujours trois forces agissantes. Nous les 
hommes, nous avons agi sur le plan de notre 
conscience, depuis des millénaires, avec deux 
forces : la force du cerveau droit, et celle du cerveau 
gauche. Nous avons cru qu'à l'aide de l'intuition et 
du rationnel, nous étions capables de composer avec 
le monde, comprendre des aspects aussi énig¬ 
matiques que la vie, comprendre des aspects aussi 
éthérés que la pensée, et comprendre une 
phénoménologie intuitive directement reliée aux 
forces de l'âme. Comprendre l'âme est impossible. 
Comment voulez-vous que l'homme puisse 
comprendre les souterrains de l'humanité à partir 


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d'une intuition qui n'est pas sous son contrôle et à 
partir d'une raison qui est limitée par sa vision 
sensorielle du monde dans lequel il vit ? C'est 
impossible. 

Par le passé, les hommes qui ont eu accès à 
des données plutôt occultes de la réalité passaient 
des périodes dans des temples, dans différents pays 
du monde, et ils vivaient ce que nous appelons une 
initiation astrale. Ce type d'initiation astrale est 
relevée dans tous les bouquins ésotériques et 
occultes du monde occidental et oriental. Mais cet 
homme plus marginal, plus évolué et plus spirituel, 
plus avancé dans la pensée subtile, n'a jamais réalisé 
que l'initiation astrale ne peut pas rendre l'homme 
libre, elle ne peut que le spiritualiser. Elle sert à 
ouvrir les centres qui rendent son intuitif plus 
puissant que son rationnel. 

L'humanité a été divisée en deux camps : le 
camp du rationalisme, qui est devenu très puissant 
avec les XVIIe et XVIIIe siècles, et le camp de 
l'intuition, celui des religions et des métaphysiques, 
qui ont aussi maintenu une puissance pendant des 
siècles. Ces deux camps se sont fait la guerre parce 
qu'ils ont voulu garder l'humanité à l'intérieur d'une 
configuration collective qui ne fait pas partie de la 
destinée de l'individu, mais bien de l'évolution de la 
société. L'homme non individualisé, pendant des 
siècles, a recouru de temps à autre à certaines 
lumières, qui représentent historiquement l'évolution 
progressive de l'humanité : Diderot, Victor Hugo, 


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les grands penseurs, Saint-Thomas d'Aquin... 
L'homme s'est fié à ces lumières et celles-ci ont été 
récupérées par les sociétés, les groupes, les 
organisations, les puissances mondiales autant 
temporelles que spirituelles. Aujourd'hui il est dans 
une situation où il a perdu le pouvoir et la capacité 
d'être lui-même, ainsi que la capacité de savoir par 
lui-même, d'une façon universelle, les constants 
attributs d'une conscience en évolution. Celle-ci ne 
s'arrête pas à l'intuition, elle ne se ferme pas à la 
raison, mais s'ouvre sur l'infinité du mental supérieur 
de l'homme. 

Il est évident que l'individu, cette enveloppe 
charnelle habitée par un esprit, ne peut pas recouvrer 
la vue à partir de ces vérités, ou de ces mensonges, 
ou de ces formes de connaissance qui diluent son 
identité et qui lui permettent de performer sur le plan 
spirituel ou sur le plan technique, rationnel ou 
scientifique. 

Quel homme a la capacité créative de savoir 
quoi que ce soit par lui-même ? Je mets n'importe 
qui au défi. Qui n'est pas suffisamment sensible à la 
réalité de la puissance du mémoriel rationnel ou 
intuitif de sa conscience ? Qui n'a pas la notion que 
son êtreté philosophique, psychologique, métaphy¬ 
sique est fondée sur l’appropriation des données 
ignorantes d'une humanité, codifiées pour le contrôle 
idéologique des masses et celui, ultimement, de 
l'homme ? Pourquoi croyez-vous que certains hom¬ 
mes, au cours de l'humanité, ont été obligés de 


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mettre leur vie à prix pour faire passer certaines 
données, qui ne pouvaient pas être acceptées 
volontairement par une hiérarchie qui soutenait le 
pouvoir en le maintenant à travers les connaissances 
intuitives ou rationnelles ? Est-ce que l'homme sera 
toujours obligé de mettre sa vie en danger pour 
savoir ? Est-ce que l'humanité sera toujours obligée 
d'être contre le mur pour savoir ? Nous avons 
dépassé le stade de la question shakespearienne : 
« To be or not to be ». À partir du moment où 
l'homme possède une conscience, il est. Ce n'est pas 
une question à se poser. C'est une question 
philosophique, ou métaphysique, mais ce n'est pas 
une question réelle. Ces questions ont obsédé 
l'homme pendant des siècles, et aujourd'hui nous 
bavardons dans les salons, nous bavardons dans les 
universités, nous bavardons dans le monde, nous 
nous lançons la balle de la parole inerte parce que 
nous sommes obligés de trafiquer avec des données 
qui font partie de l'intuitif de l'homme ou de son 
rationnel, mais qui n'appartiennent pas à la 
conscience réelle de l'homme. Aujourd'hui de 
nouvelles connaissances se diffusent dans le monde, 
non pas à partir d'un plan intuitif, non pas à partir 
d'un plan contrôlé par les forces de l'âme ou contrôlé 
par des entités, non pas à partir d'un plan qui est 
rationnel, mais plutôt à partir d'un autre plan qui fait 
partie de ce que nous appelons la conscience 
supr amentale. 

L'humanité a un très long chemin pour 
évoluer. L'homme, en tant qu'individu, doit en 


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arriver à recouvrer la vue dans une vie. Pas dans 
cinq, dix, quinze vies ; dans une vie. Pour qu'il en 
arrive au contact avec lui-même, il faut qu'il prenne 
conscience de la mécanique de la raison, il faut qu'il 
prenne conscience de la mécanique de l'intuition, 
qu'il sache reconnaître la polarité de sa conscience, 
qu'il réalise jusqu'à quel point son émotivité entrave 
le développement naturel de son intelligence dite 
universelle. Il faut qu'il sache que dans son 
émotivité, il y a de l’intuition et de la raison. 
Certaines formes ne font pas partie de lui mais d'une 
conscience psychosociale, c'est-à-dire d'une 
conscience qui constamment, historiquement, 
pendant des siècles, ne s'est pas occupée de 
l'individu mais de l'humanité, de l'homme social, de 
l'homme collectif. 

Jamais l'humanité, dans ce cycle d'évolution 
qui durera peut-être 2 500 années, n'aura accès 
collectivement à ce troisième cerveau. Nous devons 
comprendre que l'humanité, collectivement et 
individuellement, représente un être ou des êtres 
programmés. Nous sommes des êtres programmés. 
Toujours programmés avec les meilleures intentions 
du monde, mais tout de même programmés. Cela 
veut dire que les pensées et la connaissance que nous 
avons sont une connaissance polarisée, qui sert le 
pouvoir dans le monde. Elle sert le pouvoir parce 
que son autorité est dans les mains des pouvoirs 
temporels ou spirituels. Cette autorité n'est pas dans 
les mains de l'homme en tant qu'individu. Quelle 
autorité avez-vous individuellement, sur le plan de la 


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connaissance ? Allez dans une université, dans une 
chaire, allez dans un presbytère, allez quelque part 
dans le monde, avec de la connaissance qui naît de 
votre troisième cerveau et vous verrez le combat 
entre l'homme individualisé et l'homme collectif. 
Voilà l'histoire de l'humanité, l'histoire de l'homme, 
l'histoire de l'individu. Que nous parlions, comme 
les ésotéristes le font ou l'ont fait, de choses 
mystérieuses, c'est bien. Que les sciences ésotéri¬ 
ques ou que les sciences occultes aient fait des 
tableaux de certaines réalités qui font partie de 
certains plans, de certains mondes parallèles, 
j'acquiesce. Que la science fasse état de certaines 
réalités qui font partie du monde matériel, 
j'acquiesce. Mais ce à quoi je n'acquiesce pas en tant 
qu'homme individualisé, c'est qu'on m'enlève le 
pouvoir de contester ce qui est imprégné d'autorité 
dans la conscience de l'homme par des pouvoirs 
quelconques : pouvoirs spirituels, pouvoirs reli¬ 
gieux, pouvoirs ésotériques, occultes ou purement 
scientifiques. Là se situe la lutte de l'homme 
nouveau. Les hommes, au cours des XXle et XXlle 
siècles, seront obligés, pour la première fois depuis 
le début de l'évolution adamique sur cette planète, de 
savoir par eux-mêmes et de comprendre ce 
qu'implique « savoir par soi-même ». Lorsqu'un 
homme sait par lui-même, il n'est plus polarisé dans 
sa connaissance, il n'a plus besoin de la faire valoir 
parce que faire valoir sa connaissance n’est qu’une 
attitude mécanique de l’ego insécure. Les hommes 
nouveaux auront cette connaissance, vivront de cette 
connaissance, garderont cette connaissance, diffu- 


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seront cette connaissance, feront connaître cette 
connaissance à ceux qui peuvent la savoir, la 
comprendre, travailler avec, la faire fructifier. Ces 
hommes formeront cette nouvelle civilisation, certes 
occulte, puisque ces hommes auront un autre taux 
vibratoire. 

J'ai déjà dit à la télévision qu'un jour 
l'ésotérisme, ou l'occultisme, sera ébranlé dans ses 
fondations. Quand je dis ceci, je ne prends pas une 
position qui est en elle-même « anti » ceci. Je ne 
suis pas anti-ésotérique, ou anti-occulte, ou anti¬ 
métaphysique, ou anti-religieux, ou anti-spirituel, ou 
anti-science. Je regarde ces sphères d'un autre plan, 
là où ces sphères nuisent à l'évolution de l'homme, 
parce que celui-ci ne possède pas encore une 
puissance suffisante dans son mental pour s'engager 
dans la lutte contre la désinformation. C'est dans 
cette perspective que je m'oppose et m'opposerai 
toujours à ces sciences. S'il y a un homme, dans le 
monde, qui travaille à la diffusion de l'ésotérisme et 
de l'occultisme, à la diffusion de la science, à 
l'équilibre entre la théologie et la métaphysique, c’est 
bien moi. S'il y a un homme qui est neutre dans le 
travail qui doit être fait pour la reconstruction d'un 
homme neuf, c'est bien moi. Je n'accepte pas qu'on 
croit que je suis anti-occulte ou anti-ésotérique, mais 
j'accepte qu'on réalise que je lutterai toujours pour 
l'homme, cet individu qui est programmé par 
l'occulte, par l'ésotérisme ou par une science qui est 
foncièrement anti-homme. Je vous assure que j'ai le 


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pouvoir de le faire et que je le ferai, comme je le 
fais. 


Le premier constat de l'homme du XXIe 
siècle, c'est la capacité intégrale de savoir et de 
comprendre d'où viennent ses pensées. La psycho¬ 
logie est déjà une grande science et elle deviendra 
plus grande encore quand les hommes auront 
compris ce qu'est la pensée. D'où vient la pensée ? 
Pourquoi la pensée ? Quelles sortes de pensées ? 
Nous avons une faute en nous, les hommes, c'est que 
nous n'avons pas eu l'opportunité, en général, de 
prendre conscience de nous-mêmes en dehors de 
notre matérialité. La totalité de notre conscience est 
donc toujours intégrée à notre matérialité. Nous ne 
sommes pas capables d'espionner sur notre êtreté. 
Nous ne pouvons pas sortir de nous-mêmes pour 
regarder cet homme dans la chair, doté d'un intuitif 
et d'un mémoriel rationnel qui est la fondation même 
de son ego. Nous sommes des êtres absolument 
conditionnés, non pas seulement dans l'esprit, dans le 
mental et dans l'émotion, mais aussi conditionnés par 
leurs sens. Nous sommes habitués de penser depuis 
que nous sommes jeunes. Nous accumulons des 
pensées depuis que nous sommes jeunes. Et nous 
avons perdu l'habitude de créer nos propres pensées, 
et nous en sommes devenus incapables. Pourquoi ? 
Parce qu'un homme qui crée ses propres pensées et 
qui n'est pas encore suffisamment conscient des lois 
vibratoires de la pensée, s'en va de par le monde et 
parle de ses pensées, et on lui met le chapeau sur la 
tête et on lui dit de se taire. Cet homme, après cette 


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expérience qui dure 15, 20, 30, 40 ans, se dit 
éventuellement : « Oui, je devrais me taire ». Il 
aurait dû savoir se taire avant de parler, avant de 
prendre conscience de son pouvoir de créer des 
pensées. Car il aurait dû savoir que l'humanité n'est 
pas réelle. Que l'homme n'est pas réel. Qu'il soit 
prêtre ou grand prêtre, il n'est pas réel. Si l'homme 
était réel, c'est-à-dire identique à lui-même, il 
marcherait sur les eaux. Et ce pauvre, comme dirait 
Boileau, que fait-il ? Au lieu de se tenir, de se 
cramper sur lui-même, de s'appuyer sur lui-même, il 
s'allonge sur le corps de la conscience collective 
mondiale. Moi qui parle depuis une quinzaine 
d'année, je n'ai jamais dit quoique ce soit que les 
hommes ne savent pas. Tous les hommes le savent, 
mais pas un ne le réalise. Vous voulez aller vers des 
centres initiatiques, au Tibet, en Afrique, en Égypte, 
dans les grands centres mondiaux de la religion, et 
vous croyez que vous allez trouver la vérité ? La 
vérité n'existe pas, c'est une illusion psychologique 
du mental humain, cela fait partie de la polarité de 
l'homme. La vérité est un besoin émotif permettant à 
l'homme de balancer son énergie psychologique à 
travers l'actualisation, dans sa vie, d'une émotion et 
d'une pensée. Ce n'est pas la vérité que l'homme a 
besoin de savoir. L’homme a été à la recherche de la 
vérité pendant des siècles et, aujourd'hui encore, il 
recherche la vérité. La vérité de quoi ? La seule 
vérité que l'homme découvrira est la vérité du 
mensonge. Parce que c'est l'histoire de l'homme, 
c'est la nature même du mental de l'homme. Le 
mental humain est comme un pendule : il va de 


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gauche à droite, de gauche à droite, de gauche à 
droite. Il ne s'agit pas d'un mouvement circulaire ou 
en spirale, ni d'un mouvement qui va vers une 
infinité ; c'est plutôt un mouvement qui est limité en 
fonction de certains aspects de la culture de l'homme, 
de sa race, de sa pensée collective conditionnée par 
l'émotion et programmée par la masse hiérarchisée 
du pouvoir temporel ou spirituel, ésotérique ou 
occulte. Le pouvoir, c'est le pouvoir ; et le pouvoir 
est anti-homme ! Il est anti-individu. La puissance, 
elle, est créative, mais non le pouvoir. 

Regardez ce qui s'est passé en Allemagne et 
ailleurs dans les dictatures. Le cas de l'Allemagne 
est intéressant, puisqu'elle est encore plus occulte 
que les autres. Qu'un peuple aussi intelligent que les 
Allemands, nourri par l'activité germinale du peuple 
initiatique juif, ait été empoisonné par un homme qui 
n'était pas rationnel, totalement occultifié, totalement 
astralisé, totalement contrôlé par des intelligences 
qui font partie de plans parallèles, et que des 
hommes, des enfants, un peuple n'aient pas compris, 
— et même encore aujourd'hui, parce que très peu de 
personnes dans le monde comprennent le phénomène 
nazi —, on va dire que l'Allemagne avait été mise en 
boîte par les grandes puissances européennes ! 
L'inflation n'avait plus de sens, le peuple avait besoin 
d'un chef. Il est normal qu'un peuple ait besoin d'un 
chef, mais il est anormal que ce peuple, en tant 
qu'individu, donne sur le plat d'argent du mensonge 
cosmique et occulte du nazisme, sa confiance à un 
homme. Comment un homme peut-il donner 


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confiance à un homme ? Comment un individu, 
dans son intelligence, dans son identité, peut-il 
donner sa confiance totale, aveuglément, à un 
homme ? C'est de la folie normale. Qu'un homme 
échange avec un homme, qu'un homme fasse 
confiance, qu'il regarde, qu'il voit, c’est une chose ; 
mais faire aveuglément confiance à un homme parce 
que cet homme se dit quoi que ce soit, et qu'il peut 
faire quoi que ce soit... 

C'est pourquoi, malgré toutes les grandes 
souffrances de l'humanité, à cause du mouvement 
nazi de la Deuxième Guerre mondiale, je vous assure 
que c'est la plus grande expérience de l'humanité. 
Le peuple qui a payé le prix de cette expérience, sur 
le plan occulte, cosmique, c'est le peuple juif. Je ne 
regarde pas les peuples à partir de leurs 
inconvenances, ou à partir de leurs déformations 
matérialistes ; je les regarde plutôt à partir de leurs 
fonctions cosmo-génétiques, fonctions qui, depuis 
longtemps, sont écrites dans les sphères et connues 
de ceux qui savent quelque chose. 

Voilà pourquoi aujourd'hui, à la fin du XXe 
siècle, quand l'on parle d'initiation solaire ou de 
n'importe quoi, ce ne sont plus les formes qui 
comptent. Il importe davantage que l'individu, par 
lui-même, puisse finalement sentir s'il y a quelque 
chose là. 

Je vous assure que l'initiation solaire n'est pas 
facile. Ceux qui ont parcouru les sentiers de 


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l'initiation, qui sont allés vers les grandes initiations 
astrales et spirituelles, ont eu du plaisir. Cela fait 
toujours plaisir à l'ego d'être rendu au 7e, 8e, 12e, 
13e degré, l'ego se flatte parce qu'il ne connaît pas, 
mais il pense qu'il connaît. 

L'initiation solaire représentera pour l'homme 
la première expérience, le premier mouvement de sa 
conscience vers la déprogrammation de son intellect, 
la déprogrammation de son intuition. Et ceci se fera 
à partir du développement de la pensée créative de 
son mental supérieur. 

Lorsque l'homme aura atteint un niveau de 
conscience supérieure dite supramentale, l'homme 
nouveau possédera trois facultés : la raison, 

l'intuition et une conscience supérieure. Si jamais 
l'homme, parce qu'il n'a pas suffisamment avancé 
dans cette conscience, fait l'erreur d'utiliser la pensée 
créative de son troisième cerveau contre l'intuition et 
la raison, il souffrira. Si jamais l'homme utilise 
l'intuition contre son cerveau éthérique et son 
cerveau rationnel, il souffrira. Et si jamais l'homme 
utilise la raison contre les deux autres, il souffrira, 
parce que la conscience de l'homme nouveau est un 
équilibre parfait. 

Pour revenir à la question de la vérité, je veux 
ajouter que l'homme découvrira qu'elle n'existe pas, 
mais qu'il existe dans l'homme ce que l'on peut 
appeler un point de vérité. Celui-ci est la rencontre 
de l'énergie de ces trois niveaux d'intelligence à 


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l'intérieur du centre même du triangle. Le point de 
vérité n'est pas une conceptualisation, il n'est pas un 
concept ; c'est un état d'esprit, et non pas une forme- 
pensée. Dans un triangle il y a un centre, et ce 
centre doit être équidistant des trois apex. Là se 
situe le point de vérité de l'homme, et ce point de 
vérité n'a rien à faire avec la vérité. La vérité n'a 
affaire qu'avec la polarité du vrai et du faux, ainsi 
que celle de l'intuition et de l'intellect. Lorsque 
l'homme aura compris ceci, il aura compris une des 
grandes clés de l'évolution future. 


FP - Avec notre connaissance falsifiée, comment 
passer de la conscience spirituelle à une conscience 
réelle de l'esprit ? Comment passer de la 
collectivité à l'individualité, ou au savoir par soi- 
même ? Par où commencer ? 

BdM - Le triangle existe dans tous les hommes. Le 
troisième cerveau existe dans tous les hommes. Il 
n'est pas matériel, il est éthérique ; mais il existe 
dans tous les hommes. Vous pouvez l'appeler, ce 
cerveau, votre esprit, ou votre double, c'est sans 
importance. Mais il y a dans tous les hommes une 
racine qui est fixée dans l'infinité de la conscience 
humaine. Et cette racine est créative, elle fait partie 
de la conscience créative, elle fait partie des forces 
de vie qui passent dans l'homme. Mais lorsque cette 
racine jette dans le monde ses bourgeons, lorsqu'elle 
jette ses feuilles et qu'elle grandit, l'intuition et la 
raison en diminuent la puissance, la colorent. Et 


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comme elle est très puissante, cette source de vie 
dans l'homme, comme elle n'est pas personnelle, 
comme elle n'est pas conditionnée, comme elle n'est 
pas conditionnable, mais que l'homme est 
conditionné et que l'homme est conditionnable, alors 
il la coupe. L'homme se coupe d'elle et grandit petit 
à petit, au cours des années, jusqu'au jour où il n'a 
plus accès à cette intelligence qui est la sienne. Que 
se produit-il ? Viennent les clercs, viennent les 
religieux, viennent les êtres spirituels, viennent les 
êtres qui optent pour une forme d'ésotérisme, pour 
une forme de recherche intérieure, et tout à coup 
s'ouvre un autre centre dans l'homme. Le centre de 
l'intuition : la connexion télépathique avec l'astral. 
Et l'homme dit : « J'entends, j'entends ! Je suis en 
contact avec ma petite voix intérieure ! » Ce n'est 
pas sa petite voix intérieure, c'est de la foutaise ! Et 
cette petite voix intérieure, selon l'évolution de 
l'individu, est située sur un plan supérieur ou 
inférieur de ces sphères. Si un homme peu évolué 
entre en contact avec cette petite voix intérieure, cela 
peut amener toute cette gamme de criminalité 
mondiale, ces actes de violence et d'insanité. Cet 
homme démuni arrive devant le juge et dit : « Je ne 
suis pas responsable, je n'ai rien fait, ce n'est pas 
moi, on m'a dit de faire ceci dans ma tête ». 
Ce n'est pas la raison qu'il faut blâmer, car elle est 
beaucoup plus près de l'homme que l'intuition, parce 
que cette dernière a été falsifiée. 

L'homme est un violon à trois cordes : la 
corde de l'intellect, la corde de l'intuition et la corde 


21 


de son intelligence. Celle de l'intelligence est la plus 
subtile, mais elle vibre tout le temps. Elle fait vibrer 
la corde de l'intuition et celle de la raison, parce que 
l'énergie vient de l'homme. Mais l'homme n'est pas 
habitué à travailler avec cette corde, car elle vibre 
trop. Comme elle est infinie, il ne s'en occupe pas 
trop. Il s'occupe des autres cordes qui ont une 
sonorité beaucoup plus basse, plus près de lui. 

La corde qui vient après est celle de 
l'intuition. Les êtres spirituels vibrent à cette corde, 
car c'est à partir d'elle qu'ils partent vers l'initiation. 
C'est de cette corde qu'ils vont en Inde, au Tibet, en 
Afrique du Sud, en Amérique du Sud, dans la jungle, 
qu'ils vont dans les églises, se joignent à des 
communautés ou à des sectes. 

Ensuite, il y a la raison. Cette autre corde, 
encore plus près de l'homme, quand elle vibre bien, 
nous donne une chose merveilleuse que nous 
appelons la science. Mais l'homme doit faire vibrer 
les trois cordes de son violon à l'unisson ! Et si une 
corde prend avantage sur l'autre, si nous n'avons 
simplement, par exemple, que la corde de la raison, 
nous finissons avec de très grands dommages sur le 
plan de la science. 

L'homme, dans le passé, n'a jamais parlé, car 
la parole ne fait pas partie de la conscience de 
l'homme adamique. La parole fait partie de l'homme 
nouveau, elle appartient à la nouvelle évolution. Ce 
verbe, cette puissance vibratoire de la première corde 


22 


qui passe à travers la deuxième, et ensuite à travers 
la troisième, c'est la parole, ce que les grands initiés 
ont manifesté. Cette parole fait partie de l'homme, 
elle est universelle dans tous les hommes. Mais 
l'homme doit apprendre à l'utiliser. Jamais vous 
n'arriverez à savoir quoi que ce soit par la pensée. 
Jamais ! Parce que la pensée est une forme de 
programmation qui a été utilisée par les forces 
cosmiques pour amener l'homme au développement 
d’une conscience dite égoïque. Ce n'est jamais par la 
pensée que vous saurez : ce sera par la parole. La 
pensée ne donnera à l'homme nouveau qu'un point de 
référence, de plus en plus absolu à mesure que cette 
pensée sera de plus en plus absolue. Viendra un 
jour où l'homme n'aura plus besoin de se servir de sa 
pensée ; un jour, l'homme ne pensera plus, il par¬ 
lera ; et sa parole sera sa puissance, elle deviendra 
créative dans le monde. 

L'homme ne peut pas savoir par la pensée, 
puisque la pensée est conditionnée. Si elle ne l'était 
pas, l'homme pourrait savoir, car il serait en 
communication télépathique avec lui-même, avec 
son double sur un autre plan, dans la lumière de lui- 
même. Il aurait une conversation intéressante, non 
pas nécessaire mais intéressante pour alléger sa 
solitude. Ne pas penser, c'est vivre le vide; et vivre 
le vide pendant des mois, des mois, et des mois, c'est 
pesant pour l'homme lorsqu'il n'est pas habitué. 
Voilà pourquoi l'homme se réfère à sa pensée pour se 
donner l'illusion d'être. Quand il est habitué, cela 
devient très plaisant. 


23 


L'homme de la nouvelle évolution sera obligé 
de reconsidérer totalement ce qui se passe dans son 
mental. Si un jour, dans son mental, on lui dit : 
« Telle chose est vérité », l'homme doit savoir que 
c'est un piège. Les gens, en général, n'ont pas accès 
aux plans parallèles, ils n'ont pas conscience des 
mondes qui survivent à la matérialité ; ils ignorent 
donc l'organisation cosmique qui soustend le 
matériel et qui donne à l'homme l'intuition, la 
pensée, et même l'action, Les gens croient que tout 
vient d'eux à partir de la physico-chimie de leur 
êtreté matériel ! C'est une illusion. Il leur faut 
souvent, dans la vie, de très grands chocs pour les 
amener à se réveiller un peu. Dans chaque homme, 
il y a une partie qui veut s'unir avec la matière de 
l'homme, et cette partie, aujourd'hui, est en voie 
d'évolution et de descente sur terre. Voilà pourquoi 
nous parlons maintenant de conscience 
supramentale, nous parlons de fusion de l'homme 
nouveau. Mais tant que les gens n'auront pas perdu 
l'habitude de rechercher la vérité, ils n'auront pas 
compris. Tant qu'ils n'auront pas perdu l'habitude 
mécanisée, programmée, de rechercher la vérité, ils 
n'auront pas compris. Un jour, après 10 ans, 20, 30, 
50 ans de recherche dans le désert, ils en auront ras 
le bol de la recherche de la vérité, ils fermeront leurs 
livres et ils plongeront en eux-mêmes, c'est-à-dire 
qu'ils commenceront à parler. Mais tant qu'ils 
rechercheront la vérité, ils ne pourront pas parler; ils 
pourront jaser, échanger des formes de vérité pour 
d'autres, faire du jogging mental. Mais ils seront 


24 


pendant des années assis sur une chaise, comme vous 
l'êtes à écouter des hommes comme moi au lieu de 
vous, être dans votre vie, dans votre situation de vie, 
en vous-même, et ne pas vous occuper d'homme 
comme moi. 

Lorsque je dis que l'homme est effectivement 
un être intégral et que seule la programmation de sa 
conscience, fondée sur le mémoriel accumulé 
pendant des siècles, constitue la barrière contre lui- 
même, ce n’est pas de la vérité. C'est un point de 
vérité, c'est la réalité de l'homme. 

Toutes les pensées que nous avons sont des 
pensées idéologisées. Elles ne nous appartiennent 
pas, même si vous regardez le concept de Dieu. Si 
l'homme était en contact avec lui-même, il pourrait 
réellement comprendre le besoin involutif millénaire 
du concept de Dieu, celui des religions, ou celui de 
l'involution. Mais lui serait libre de ses besoins, en 
tant qu'individu, car ceux-ci font maintenant partie 
de la masse en évolution, ils n'appartiennent plus à sa 
conscience. Voilà pourquoi jamais je ne dorerai la 
pilule à un public, que ce soit par la parole ou que ce 
soit par des livres, ou que ce soit par d’autres 
moyens. Jamais je ne serai un homme plaisant à 
écouter, parce que jamais je ne me plierai aux 
besoins émotifs et psychologiques de la masse ou 
aux besoins psychologiques et émotifs des individus 
qui ne sont pas encore sortis de la masse, pour en 
arriver à une constante et présente observation d'eux- 
mêmes. Cela serait anti-homme, et ne serait pas 


25 


réel. Comme je ne demande à personne de me 
croire, comme je suis contre la croyance ainsi que je 
l'ai déjà expliqué, comme je ne fais que parler, 
qu'instruire, — puisque c'est une instruction mondiale 
que je fais —, alors je n'ai pas à me plier à la 
conscience de l'homme. Je ne peux pas le faire, je 
ne peux pas être un bonhomme gentil. Je ne peux 
pas être un roseau qui plie au vent. Je connais trop 
les règles du jeu et j'essaie, dans le monde, de les 
expliquer à ceux qui sont prêts à absorber le choc de 
cette parole. 

Je ne suis contre rien, je ne suis anti-rien; 
mais je suis anti-tout. C'est subtil. Je ne suis anti¬ 
rien mais je suis anti-tout. Lorsque je dis que je ne 
suis anti-rien, c'est que je dis que je comprends 
l'involution, je comprends pourquoi l'homme a été 
programmé, je comprends pourquoi l'homme a dû 
vivre une connaissance hiérarchisée, directement 
reliée aux pouvoirs temporels ou spirituels. Je com¬ 
prends pourquoi des hommes ont été malmenés par 
les forces occultes. Mais je dis que tout ceci est 
anti-homme, anti-homme nouveau, pro-homme 
ancien mais anti-homme nouveau, et je parle à 
l'homme nouveau, je ne parle pas à l'homme ancien. 
Je respecte toutes les doctrines mondiales, mais je 
m'occupe de l'homme nouveau et je dis que l'homme 
nouveau sera obligé, quelque part dans le temps, de 
réaliser qu'il possède trois cerveaux, qu'il a toujours 
possédé trois cerveaux mais que deux de ses 
cerveaux ont été amenés à une très grande activité, 
pendant que le troisième dort. Et le troisième dort 


26 


parce que les deux autres sont des cerveaux qui font 
partie de la conscience collective de l'homme. La 
preuve : regardez vos pensées, vos pensées selon 
vos doctrines, vos éducations, votre passé, vos 
contacts sociaux. Elles font toutes partie de quelque 
chose qui n'est pas vous mais qui vous a été transmis 
au cours des siècles. Ce n'est pas parce que des 
choses ont été transmises au cours des siècles que 
ces choses sont absolument réelles. Elles peuvent 
être relativement bonnes oui, mais elles ne sont pas 
absolument réelles. 


27 


LIMITES DU 
MENTAL HUMAIN 


FP - Les mondes invisibles, la médiumnité, les 
clairvoyants sont des sujets qui passionnent tout le 
monde. Pourtant, comment se fait-il que les 
clairvoyants rapportent des jugements et des 
conceptions des mondes invisibles tellement 
différents de l'un à l'autre qu'il devient impossible de 
concilier leurs dires ? 

BdM - Les clairvoyants sont des médiums. Ce sont 
des hommes, des femmes, qui ont une très grande 
sensibilité, et leur résonance vibratoire les met en 
contact avec ces mondes parallèles. Les hommes de 
notre planète, au stade où en est rendue leur 
involution, ne connaissent pas encore les lois de ces 
mondes invisibles. Ils ignorent comment fonction¬ 
nent ces mondes, quelles sont les lois de leur 
pouvoir. Nous avons de la difficulté, sur terre, à 
comprendre la mécanicité des gouvernements à 
l'échelle mondiale. Imaginez-vous alors la difficulté 
que nous pouvons avoir à comprendre la mécanique 
de ces forces, de ces intelligences, de ces entités qui 
évoluent dans les mondes parallèles après la mort ! 
Pour que l'homme voie ce qui se passe dans les 
mondes parallèles, il faut qu'il ait lui-même accès à 


28 


une intelligence qui est au-dessus de ces mondes-là, 
et non plus à une intelligence assujettie à ces 
mondes-là. 

Si un homme vit, à travers son intuition, des 
communications télépathiques, ou médiumniques, 
avec les mondes parallèles, il n'a aucune façon de 
vérifier ce qu'on lui dit, parce qu'il est encore 
prisonnier de la polarité, de la vérité. Et c'est encore 
pire lorsqu'on réalise, dans la réalité des mondes 
invisibles, ce que j'appelle le mensonge cosmique. 

Le mensonge cosmique est un voile qui est 
imposé à tous les hommes de la terre et qui les 
empêche d'avoir accès à la réalité. Ainsi, ils n'ont 
plus accès qu'à une forme de vérité astrale. Cette 
dernière fait partie de la communication entre le plan 
mortel et entre le plan de ces entités, et l'homme ne 
possède pas encore d'outils permanents et absolus 
qui pourraient contester les vérités qui sont projetées 
à travers son mental, sur le plan matériel. 

Supposons, par exemple, qu'il y a un médium 
dans la salle. Le médium est là, et moi je parle à 
une entité sur les plans parallèles, avec laquelle ce 
médium est en communication, et le médium reçoit 
de l'information. Comment voulez-vous que moi, 
en tant qu'homme, si je ne suis pas dans mon 
intelligence individualisée, si je ne suis pas 
parfaitement équilibré dans l'intuition qui est l'astral, 
dans la raison, et dans cette autre partie de mon être 
qui est la conscience éthérique, je puisse contester ce 


29 


qu'on me dit ? Je vivrais donc une programmation 
vis-à-vis de ce médium, que lui vivrait et que moi je 
vivrais, en fonction de ces informations venant d'un 
plan parallèle. Ceci est extrêmement dangereux. 


FP - Est-ce de l'intoxication ? 

BdM - C'en est. Au début, les gens qui reçoivent de 
l'information à travers ces plans perçoivent le 
phénomène comme une révélation. Regardez 
l'enthousiasme des jeunes qui commencent à 
découvrir la fonction psychique. Si l'on veut 
communiquer avec vous, pensez-vous que l'on va 
vous mentir au début ? On va plutôt vous dire des 
vérités ou des demi-vérités, pour vous attirer. Les 
entités vont vous dire des choses que vous ne savez 
pas, que vous savez que vous ne savez pas, et des 
choses qui sont en dehors de votre temps, et ainsi de 
suite afin de créer un lien avec vous. Mais une fois 
ce lien établi, alors on vous a. Voilà une des lois 
fondamentales du monde astral. 

Je connais une personne qui aimait beaucoup 
sa mère. Quand celle-ci est morte, pendant les trois 
ou quatre jours qui ont suivi son décès, cette 
personne a été extrêmement liée à elle sur le plan 
télépathique. Le contact était si intense que cette 
personne ne pouvait plus dormir. Comme je pou¬ 
vais la voir alors, je lui ai demandé des questions, 
afin que sa mère y réponde, et non pas elle. Il 
s'agissait de questions que l'homme ne peut pas 


30 


développer à partir de son intellect ou de son 
intuition. Je lui dis : « Demande à ta mère si elle 
t'aime ». Elles avaient eu de bonnes relations, elles 
s'étaient aimées. Après avoir posé la question je lui 
dis : « Assure-toi, quand tu me réponds, de répondre 
après avoir reçu la réponse dans ton mental, attends 
que la pensée vienne avant de me la dire. Parce que 
si tu me le dis trop tôt, tu vas colorer la réponse.» La 
première réponse qui est venue lui a donné un choc. 
Cela disait : « Ce n'est pas le temps de parler de 
ça ». Ensuite je lui ai demandé : « Est-ce qu'elle 
t'aime ? Il faut qu'elle te donne une réponse tout de 
suite, sinon je m'en vais.» Et la réponse est venue : 
« Pas comme tu penses ». Alors j'ai dit : 
« Pourquoi ta mère ne t'aime pas comme tu 
penses ? » Elle a eu la réponse suivante : « Parce 
que notre monde n'est pas le monde de l'homme, 
nous n'avons pas d'émotions » . Alors j'ai poursuivi 
en demandant : « Si vous n'avez pas d'émotions, est- 
ce que vous pouvez aimer l'homme ? » Et elle m'a 
répondu : « Non ». Alors j'ai dit : « Quelles sont 
ces activités que vous faites vis-à-vis de l'humanité, 
où il y a une apparence d'amour pour l'homme ? » 
Et elle a répondu : « C'est une déviation de la vérité. 
C'est toujours une déviation de la vérité, afin de 
maintenir un contact avec l’homme pour que le 
pouvoir astral sur l’homme soit établi jusqu’à ce que 
l'homme devienne libre ». Un jour, j'amènerai en 
public un médium notoire, très respecté, très 
spirituel, et je démontrerai qu'il est impossible à un 
être humain de recevoir de la vérité absolue à partir 
des plans astraux parce que les plans astraux sont 


31 


contrôlés par des forces lucifériennes. Et quand je 
parle des forces lucifériennes, je ne le fais pas en 
référence à la notion du mal que nous connaissons 
sur terre. Je l'emploie dans le sens d'une domination. 
Les plans les plus bas et les plans les plus hauts dans 
l'astral sont contrôlés par les forces lucifériennes. Ce 
sont des forces d'involution, et leur énergie va vers la 
terre pour la cristallisation de la forme. Dans le 
mouvement de ces forces, qui partent des plans 
invisibles et descendent jusqu'à la matière, les 
hommes sont obligés de vivre l'aveuglement. Et 
l'aveuglement est justement la manifestation de ces 
forces. Voilà la source de l'ignorance et de la 
souffrance de l'homme. Comme c'est la source de 
l'expérience de l'homme, c'est aussi la source de 
l'involution de l'homme. Nous ne pouvons pas 
parler des forces lucifériennes comme étant des 
forces du mal dans le sens moral judéo-chrétien 
habituel. Ces forces sont des forces qui vont vers la 
terre, comme il y a des forces qui partent de la terre 
et qui retournent vers l'infinité. Ces dernières sont 
les forces du nouveau cycle. En tant que clair¬ 
voyant, l'homme doit apprendre à être plus 
clairvoyant, plus intelligent encore que les entités 
avec lesquelles il est en communication. Quand 
l'homme aura appris à contester les formes-pensées 
qui proviennent de ces plans, il commencera à entrer 
dans son intelligence. Alors il pourra déchirer les 
voiles, entrer dans l'initiation solaire et réellement 
toucher du doigt ce que j'appelle l'intelligence 
humaine, planétaire et cosmique. C'est à ce moment 
que la formation du triangle se fait. Mais, tant que 


32 


nous sommes assujettis par attitude à un scénario de 
croyance, nous nous faisons jouer des tours parce 
que nous croyons les hommes. Imaginez-vous les 
tours que nous pouvons vivre si nous croyons des 
entités ! Dans l'ordre cosmique il y a trois états 
d'être ; il y a l'être, l'homme, il y a des entités, et il y 
a des intelligences. Ce sont trois notions distinctes. 
Une entité est un personnage qui a déjà été un 
homme. Au-dessus, il y a des intelligences, c'est-à- 
dire des forces qui sont cosmiques, qui font partie 
d'un rayon ou d'un autre, et qui ont le pouvoir, c'est- 
à-dire la fonction créative dans le cosmos, d'établir 
une relation étroite avec les plans inférieurs qui ont 
été créés. Et ces plans inférieurs qui ont été créés, et 
qui sont les plus évolués, sont représentatifs de l'être 
humain sur notre planète. L'être humain est un enjeu 
pour ces forces. 

Voilà pourquoi, aujourd'hui, à la fin du XXe 
siècle, nous entrons dans une phase que nous 
pouvons appeler la fusion, c'est-à-dire l’union entre 
la lumière de l’homme et son ego, l'interpénétration 
de toute la conscience humaine, la fusion, 
l’unification de l’homme. Voilà ce que l'initiation 
solaire va produire sur la terre au cours des 2 500 
prochaines années. 

Avant, l'homme ne vivait pas la fusion, il 
vivait l’endoctrinisation, la programmation. Cette 
dernière était nécessaire pour le développement de 
son cerveau, de son corps astral, son corps 
émotionnel, son corps mental inférieur. Maintenant, 


33 


l'homme est arrivé à un stade de parfait 
développement, il est prêt à vivre de la manifestation 
créative de son troisième cerveau. Cela explique le 
phénomène de la fusion. C'est pourquoi l'être de la 
nouvelle évolution ne peut plus se permettre de 
croire. Il faut qu'il sache. Si je vais voir un clair¬ 
voyant, il est évident que les entités qui vont parler à 
travers cette personne, parce qu'elles me connaissent, 
vont lui donner du matériel qui coïncide avec la 
réalité des événements, car je vois à travers la 
clairvoyance de ces hommes. Et si ces entités 
essaient de me blaguer, pour ainsi dire, je vais 
automatiquement travailler contre elles, je vais 
couper le lien entre elles et l'homme. Cela ne fait 
pas leur affaire parce que cela détruit leurs pouvoirs. 
Voilà pourquoi, dans le monde occulte de l'astral, ma 
personne humaine et ma personne universelle ne sont 
pas aimées, elles ne peuvent pas être aimées parce 
que je trouble, et je troublerai tant que je serai en 
voie d'évolution de travail. Parce que cela fait partie 
de la remonté de l'homme vers sa liberté. 


FP - Avant la fusion, nous avons en somme vécu une 
espèce d'infusion. Votre expérience personnelle de 
fusion instantanée, est-ce qu'elle est valable pour 
nous qui avons un cheminement à faire ? Vous 
parlez de fusion, mais progressive pour nous. 
Pourtant, lorsque vous vous adressez à nous, c'est 
un peu comme si nous étions des nageurs au bord 
d'un lac, en train de faire des suppositions sur sa 
température, sa profondeur, sur la faune qui 


34 


l'habite, alors que vous, vous allez traverser le lac, 
nager jusqu’à l’autre rive, revenir. Le plus 
courageux ou les plus téméraires, les plus avancés 
dans cette fusion progressive vont essayer de vous 
suivre, vont se jeter à l'eau et faire quelques brasses, 
mais ils vont être obligés de revenir sur la rive parce 
qu'ils n'ont pas, comme vous, la fusion instantanée, 
c'est-à-dire des bouteilles d'oxygène, des palmes, un 
masque et un tuba... 

BdM - Moi je ne souhaite la fusion à personne. La 
fusion est terrible, parce que dans la fusion l'homme 
vit une intégration instantanée de son être. C'est 
terrible comme expérience : perte du mémoriel, 
perte de la faculté de penser, perte de ci, perte de ça, 
dépersonnalisation. La fusion a été nécessaire parce 
qu'en 1969 il fallait que l'homme puisse savoir. À 
partir du moment où l'homme peut savoir, nous 
pouvons prendre tout le temps nécessaire pour 
évoluer. Mais il faut qu'il y ait, sur le plan matériel, 
de la connaissance qui ne soit pas contestable à partir 
de l'astral. 

Dans mon cas, la fusion est simplement une 
nécessité cosmique, elle fait partie de mon plan de 
vie, de ma descente sur le plan matériel pour le 
travail que je fais dans le monde. Mais ce n'est pas 
une situation qui est nécessaire pour tous les 
hommes. D'ailleurs tous les hommes sont fusionnés, 
à différents degrés. Mais les hommes vont 
désormais fusionner à un degré beaucoup plus élevé, 
à mesure qu'ils vont comprendre que leurs pensées, 


35 


c’est-à-dire ce qui fait partie de leur mémoriel, de 
leur conscience subjective, de leur mental inférieur, 
constituent du matériel programmé. À partir de ce 
moment-là, les hommes vont commencer lentement 
à voir à travers cette jungle, et un jour l’homme à 
pouvoir sentir par lui-même. Pour que ceci se fasse, 
il faut que quelqu'un, quelque part dans le monde, 
souffre cette fusion pendant des années pour que, 
éventuellement, le contact soit absolument étanche, 
afin qu’il n’y ait plus d’influences possibles dans le 
mental humain. En tant qu'homme, en tant 
qu'individu, je représente aussi l'humanité, et mon 
travail est de permettre que l'homme aille chercher 
directement à sa propre source, qui est universelle, 
les ingrédients nécessaires à la compréhension des 
lois de l'invisible. Dès qu'une telle instruction se 
diffuse, il y a quelque chose qui devient de plus en 
plus compréhensible et l'homme commence à entrer 
lui-même dans sa propre initiation, il commence à 
voir, il commence à comprendre, il commence à 
savoir et l'évolution se fait. Que l'évolution prenne 2 
500 ans, ce n'est pas long. Mais que l'évolution se 
fasse, c'est important. 


FP - D'une façon pragmatique, comment s'est 
déroulée votre fusion ? 

BdM - Chaque être humain, sur une planète, a un 
niveau d'évolution. J'ai le mien comme vous avez le 
vôtre. Lorsque nous sommes dans l'invisible et que 
nous décidons, pour une raison ou pour une autre, de 


36 


revenir sur une planète pour faire un certain travail 
d'évolution, nous le faisons. Mais nous le faisons si 
nous pouvons le faire, si nous voulons le faire. Les 
initiés ne viennent pas sur une planète parce qu'ils 
sont forcés. Ils viennent sur une planète parce qu'ils 
ont des raisons qui leur sont propres, en tant 
qu'esprit, de le faire. À ce moment-là, ils font un 
travail et ils comprennent ce travail lorsque la fusion 
se fait. Un homme ne peut pas reconnaître sa 
conscience tant qu'il ne vit pas la fusion. Les initiés 
doivent vivre une fusion quelque part pour 
reconnaître leur conscience et leur activité. 
Lorsqu'ils vivent cette fusion, ils revivent dans un 
instantané un contrat qui a été formulé avant la mort, 
et qui se formule lorsqu'ils sont dans la matière. Un 
initié n'a pas de mérite. Même si un initié a 
beaucoup de connaissances, ou s'il a accès à 
beaucoup de connaissances à cause de cette fusion, il 
n'a pas de mérite égoïquement. Cela fait partie de sa 
vie. Pour moi, être ce que je suis, c'est aussi normal 
que pour l'homme de ne pas l'être. L'homme doit le 
devenir graduellement, au cours de l'évolution, parce 
que cela fait partie du développement de l'identité de 
l'homme. Un jour, tout homme doit découvrir son 
identité, parce que les forces lucifériennes ont 
commencé à perdre, sur la planète terre, dans un 
cycle qui est entrepris, le contrôle et la domination 
de son évolution. 

Au cours des XXIe et XXIIe siècles, l'homme 
pourra travailler avec des intelligences qui viennent 
d'autres planètes. L'homme sera dans son 


37 


intelligence: il aura le pouvoir de la parole et pourra 
transformer la matière. L'homme sera totalement 
neuf, il sera un surhomme, non pas régi par les lois 
planétaires. Cette fusion, aujourd'hui, sert à ouvrir 
un tracé dans cette forêt de l'humanité, dans cette 
forêt de l'inconscience de l'homme, dans cette forêt 
du rationalisme et de l'intuition, pour que l'homme 
sache que tous les hommes savent, mais que leurs 
connaissances sont bloquées par toutes sortes de 
mécanismes internes qui font partie de leur intuition 
et de leur mental, de leur personnalité, de leur 
subjectivité, de leur caractère. Et lorsque ces hom¬ 
mes seront prêts à aller plus loin dans l'évolution, 
— ces hommes qui sont marqués, qui sont dans le 
monde, appartiennent à différents peuples et 
différentes races —, ils iront vers leur propre 
destinée. 


FP - Pourquoi n'entend-on jamais ou très rarement 
parler de femmes initiées ? Quel est le rôle de la 
femme dans l'initiation ? 

BdM - Nous ne parlons pas de femmes initiées dans 
le sens que nous ne parlons pas de femmes qui ont 
dans le monde un rôle initiatique à l'échelle 
mondiale. Aujourd'hui, la femme n'est pas prête. Il 
y a sur d'autres planètes des femmes initiées, mais ce 
ne sont plus des femmes initiées dans le sens que 
nous le concevons : ce sont des femmes-science. 
Nous ne disons pas des femmes scientifiques, nous 
disons : ce sont des femmes-science. Elles ont déjà 


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atteint un niveau de conscience supérieur, la même 
que celle de l'homme. Mais, dans notre civilisation, 
pendant l'involution, la femme, pour toutes sortes de 
raisons valables et non valables, la femme a été 
assujettie, car son émotivité a été utilisée contre elle, 
plus exactement la relation entre son émotivité et sa 
sexualité. Mais ce processus va changer lorsque la 
femme se conscientisera. Au cours de l'évolution, il 
y aura des femmes initiées. Elles ne seront pas 
nécessairement, dans notre cycle d'évolution, 
reconnues comme des initiées à l'échelle mondiale. 
Mais il y aura des femmes dans le monde qui auront 
la même portée, au niveau de la parole, que les 
hommes. 

Cette fameuse question de la femme revient 
toujours. C'est une question qui a une réponse : la 
femme avait un très grand rôle pendant l'involution 
et, à part le rôle purement créatif qu'elle avait, elle 
avait celui d'empêcher que l'homme n'évolue trop 
rapidement. Si l'homme avait évolué trop rapide¬ 
ment pendant l'involution, il serait arrivé, à cause de 
la nature de son esprit, à la formulation sur terre 
d'une sorte de gouvernement strictement mâle. La 
femme exerçait donc une fonction d'arrêt, de 
contrôle. La femme est extrêmement importante 
dans l'équilibre des forces cosmiques sur la terre. 
Mais elle ne réalise pas qu'elle est différente de 
l'homme. L'homme est différent de la femme et les 
deux sont égaux en esprit. Les deux sont différents 
en intuition, les deux sont différents en rationnel, 
parce que la programmation a été différente. Mais 


39 


en esprit, la femme est égale à l'homme. Lorsque 
les femmes auront réalisé ceci, elles avanceront dans 
leur propre conscience et alors seulement le rôle de 
la femme sur la planète terre changera. La femme 
deviendra libre de l'homme, elle deviendra libre 
comme l'homme. L'homme deviendra en harmonie 
parfaite avec elle, parce que son esprit et celui de la 
femme se seront unifiés dans une conscience 
universelle au lieu de posséder un esprit qui est relié 
au sien à travers des aspects astraux qui font partie 
de l'involution. 


FP - Mais l'homme qui se conscientise, cette 
personne en voie d'initiation, traverse 
nécessairement des épreuves qui atteignent toujours 
son point le plus vulnérable. Cela touche toujours à 
ses faiblesses, en allant toujours au maximum de sa 
tolérance ou de ses limites. Est-ce que la femme, 
dans ce contexte, n'a pas un rôle particulier à jouer 
dans le couple ? 

BdM - La femme a un rôle extrêmement important 
sur le plan initiatique mondial de la nouvelle race- 
racine. Le nouvel initié, un jour, sera obligé, par les 
lois vibratoires de sa propre conscience, d'écouter sa 
femme sur le même plan qu'elle. L'homme de 
l'involution n'écoute pas sa femme. Il écoute sa 
femme si elle le menace de partir, et ensuite il ne 
l'écoute plus. Cela fait partie de l'involution, ou de 
l'inconscience. Mais je parle de l'homme nouveau. 
Celui-ci apprendra à écouter sa femme parce que sa 


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femme sera la personne, dans la vie du couple 
initiatique, — je parle en général, car dans d'autres 
cas ce sera l'homme —, qui sera responsable de l'arrêt 
de l'initiation. La femme mettra fin à l’initiation 
parce que — et cela peut vous sembler très 
particulier— la femme est plus intelligente que 
l'homme. 


FP - D'intelligence pure ? 

BdM - La femme est plus près de son intelligence 
pure que l'homme, parce que le pouvoir de 
l'involution n'a pas été donné à la femme. Il a été 
donné à l'homme pour que se construisent sur terre 
les conditions nécessaires de la souffrance 
involutive. Si le pouvoir avait été donné à la femme, 
nous n'aurions pas souffert sur notre planète des 
mêmes conditions dont nous avons souffert, parce 
que la femme, psychiquement, physiquement, n'est 
pas constituée pour créer sur la planète un désordre à 
l'échelle de ce que l'homme peut faire. Voilà 
pourquoi je dis que la femme est beaucoup plus près 
de son esprit que l'homme. Et lorsque l'homme 
prend contact avec son esprit, il a non seulement le 
pouvoir de son antécédent, c'est-à-dire non 
seulement le pouvoir de son involution, mais en plus 
il a le pouvoir initiatique. Alors imaginez-vous s'il 
peut faire du chemin, le bonhomme ! Si la femme ne 
lui dit pas : « Écoute, arrête ! », c'est final, cet 

homme va souffrir pour le restant de ses jours, parce 
que l’homme n’est pas raisonnable tandis que la 


41 


femme est raisonnable. L'homme a été investi d’un 
pouvoir de suprématie sur terre pour des raisons 
d'involution nécessaires, afin que se construise une 
pérennie de souffrance qui a créé des modèles 
d'âmes servant avec les millénaires à la création d'un 
modèle humain plus perfectionné. Mais c'est à la 
femme que reviennent le droit et le pouvoir de cesser 
l'initiation humaine et de rendre à l'homme 
l'intelligence qu'il a perdue lorsqu'il a assumé le rôle 
adamique au début de l'involution. Comme la 
femme est beaucoup plus près de son esprit que 
l'homme, je dis que la femme est beaucoup plus 
intelligente dans la subtilité de sa conscience que 
l'homme, et que l’homme est beaucoup plus 
intelligent dans le concret de sa conscience à travers 
son rationnel. Mais les deux, un jour, doivent s'unir 
dans cet esprit, autrement dit dans l'activité créative 
de ce troisième cerveau qui fait partie de l'activité 
naturelle de l'homme, pour créer parfaitement un 
couple à l'intérieur duquel existera une luminosité 
parfaite, à l'intérieur duquel n’existera donc plus 
l’expérience planétaire des deux âmes. 

On dit souvent que l'on cherche l'âme sœur. 
Si vous voulez avoir du trouble dans la vie, trouvez 
votre âme sœur. Parce que votre âme sœur est 
justement cette âme qui va revenir et se connecter 
avec vous pour revivre une expérience et refinir une 
expérience qui, dans le passé, a été malheureuse. 
L'âme sœur fait partie de l'involution. Tout le monde 
cherche l'âme sœur. Je connais des gens qui feraient 
tout, dans le monde, pour trouver leur âme sœur. 


42 


Moi je ne suis pas intéressé à rencontrer mon âme 
sœur. Je suis intéressé à rencontrer un esprit dans 
un corps matériel qui convient avec mon esprit dans 
mon corps matériel. Je ne veux pas vivre sur terre, à 
l'intérieur d'un couple, la souffrance planétaire de 
l’homme accouplé. La recherche de l'âme sœur 
appartient encore aux illusions occultes et 
ésotériques du monde occidental et du monde 
oriental. Pour que l'homme sache ceci, il faut qu'il 
conteste les données occultes, les données 
ésotériques. Et pour le faire, il faut qu'il puisse se 
servir de cette énergie nouvelle, de ce troisième 
cerveau, de ce centre, de cet esprit, et contester tout 
ce qui vient vers lui dans le monde. 


FP - Est-ce que l'initiation abrège l'intervalle entre 
deux incarnations, par émancipation de la 
conscience par exemple ? 

BdM - Oui. Les hommes qui vivront l'initiation 
solaire en arriveront à un niveau d'identité, autrement 
dit de fusion, qui leur permettra de réaliser qu'ils 
savent. Ces hommes ne seront plus obligés de vivre 
la mort, ainsi que nous l'avons vécu pendant 
l'involution. S'ils disparaissent un jour, dans une 
condition ou dans une autre, ils ne reviendront pas au 
monde de la mort, ils iront directement dans des 
mondes éthériques. 

Les mondes éthériques sont des mondes qui 
font partie des mondes parallèles et ces mondes sont 


43 


parallèles à la terre, sont parallèles à la lune, ils sont 
parallèles à Mars, ils sont parallèles aux galaxies. Ce 
sont des mondes qui sont réels et à l'intérieur 
desquels l'homme ne perd pas la conscience. 
Autrement dit, quand l'homme passe du plan 
matériel à un plan éthérique, qui est le monde de la 
mort blanche, à ce moment-là il n'a pas de perte de 
conscience. Comme il est conscient, il ne vit donc 
plus la mort. Et selon l'homme, selon son niveau 
d'évolution, selon son contact avec des forces 
cosmiques qui s'en viennent au cours du XXIe siècle, 
l'homme vivra le passage de la matérialité à 
l'immortalité selon son niveau de l'évolution, mais 
sans connaître la mort noire. En vivant la mort 
blanche, il arrivera de l'autre côté et sera là aussi 
conscient qu'il l'était ici, mais il aura une vue 
beaucoup plus vaste parce que son cerveau éthérique 
y sera le seul utilisé. 

De l'autre côté, l'homme ne se sert ni du 
cerveau rationnel ni du cerveau intuitif, puisqu'il 
n'est plus astralisé. 11 n'utilise que son cerveau 
éthérique, c'est-à-dire le centre de la conscience 
cosmique de l'homme. 

Voilà ce que fera, au cours de l'évolution, la 
fusion de l'homme nouveau. La condition de cette 
initiation est fondamentale et absolue : l'homme doit 
en arriver à pouvoir contester les formes-pensées qui 
ne sont pas réelles, qui viennent soit par la 
clairvoyance, soit par l'intuition, ou qui flottent dans 
son cerveau. 


44 


FP - Est-il possible, par force de volonté, de 
changer les données d'un thème astrologique ? 

BdM - On peut changer les données d'un thème 
astrologique si l'on est suffisamment intelligent pour 
y voir les failles. Dans tout thème astrologique, il y 
a des probabilités, et les probabilités font partie de la 
programmation, comme la programmation fait partie 
du pouvoir planétaire qu'ont des entités sur 
l'organisation psychique de l'homme pour son 
évolution. C'est toujours à travers l'âme, la mémoire, 
que se traitent ces thèmes d'astrologie. Pour que 
l'homme en arrive à dépasser des conditions 
astrologiques ou vive des événements qui ne sont pas 
astrologiquement remarquables, il faut qu'il soit dans 
son intelligence, c'est-à-dire qu'il doit posséder une 
volonté intégrale, une intelligence intégrale et un 
principe d'amour intégral. Il faut qu'il soit 
suffisamment avancé en conscience pour être 
toujours vibratoirement conscient dans sa vie. Si 
l'homme devient psychologiquement conscient, 
intuitivement conscient, il perd sa conscience. Si 
l'homme demeure vibratoirement conscient, alors il 
maintient sa conscience et ses thèmes sont 
neutralisés. 


FP - Certaines personnes ésotériques ou mystiques 
affirment qu'on peut être initié pendant le sommeil. 
Qu'en pensez-vous ? 


45 


BdM - Se faire initier pendant le sommeil, sur le plan 
astral, cela fait encore partie du travail de connexion 
qui lie tel individu à telle entité sur le plan astral. Si 
quelqu'un vient, durant la nuit, et vous initie sur le 
plan astral, c'est qu'il y a une connexion entre vous et 
cet être-là. C'est cela l'initiation. Cet être vous initie 
effectivement parce qu'il y a une connexion entre 
vous et lui. Il y a là un karma, quelque chose que 
vous avez à dépasser parce que, dans le passé, il y a 
eu quelque chose. Se faire initier durant le sommeil 
est une insulte à l'homme; c’est anti-intelligence, 
mais c'est très pro-involution. 

L'initiation durant le sommeil a une fonction : 
elle prépare l'homme, le jour, à reconnaître des 
faiblesses dans la caractérologie de sa conscience 
animale. En préparant l'homme à réaliser les 
faiblesses de son émotivité, elle prépare l'homme à 
voir des failles dans sa spiritualité et à se libérer de 
ces entités qui font un travail d'initiation sur l'autre 
plan. 


L'homme qui se réveille le lendemain d'une 
telle initiation doit un jour réaliser que, chaque fois 
qu'il se fait initier sur le plan astral, c'est parce qu'il 
n'a pas compris parfaitement l'illusion de ceci. 


FP - Que pouvez-vous dire de la para-psychanalyse, 
cette nouvelle science qui tente de résoudre les 
problèmes posés par la psyché au moyen de 


46 


techniques hypnotiques ou dites alphagénèse, en 
remontant dans les vies antérieures ? Cette science 
a-t-elle un avenir, ou une certaine efficacité ? 

BdM - Toutes les sciences expérimentales 
d'aujourd'hui, ou dites expérimentales, ont un avenir 
en tant que science. Il y aura des hommes qui feront 
avancer cette science et, éventuellement, cette 
science sera suffisamment développée pour créer des 
résultats très concrets. Mais ce temps-là n'est pas 
arrivé. En attendant, si cette science ne donne pas à 
l'homme de la conscience, elle permet à l'homme de 
retrouver un équilibre entre son intuition et sa raison. 
Ces sciences sont bonnes, mais ce n'est pas de la 
conscience. C'est un équilibre temporaire que ces 
sciences permettent de redonner à l'homme, à 
l'intérieur de sa polarité. Un jour, l'homme devra 
passer de la polarité à la conscience. Pouvez-vous 
imaginer un homme conscient qui irait voir un 
psychanalyste ou un psychiatre ? Il est évident 
qu'avec le temps, ce psychiatre et ce psychanalyste 
seraient obligés de vivre une initiation. Parce que 
l'homme conscient connaît le psychiatre, connaît le 
psychanalyste, il connaît les failles, il connaît l'âme, 
il connaît la mémoire, il connaît le mémoriel, il 
connaît l'intuition, il connaît la raison, il connaît les 
conflits, il connaît tout. Dans cette perspective, le 
psychanalyste, le psychiatre, le psychologue auraient 
quelque chose à apprendre de ce client conscient, 
découvrir des choses qui pourraient les amener, 
éventuellement, à donner à sa psychanalyse, à sa 
psychiatrie, à sa psychologie de la vitalité, quelque 


47 


chose de neuf. Les psychanalystes sont des gens très 
intuitifs, mais ils ont besoin d'un nouveau souffle de 
vie. Lorsqu'ils auront découvert ce souffle de vie, 
ces gens-là pourront faire de très grandes choses sur 
le plan de l'harmonie entre l'intuition et la raison, 
même si cela fera toujours partie de la conscience 
collective de l'homme, c'est-à-dire de la 
normalisation de l'homme à l'intérieur de la 
conscience collective. Tandis que l'homme nouveau 
n'est pas intéressé à être normal : il est intéressé à 
être bien. Cela ne signifie pas qu'il n'est pas 
normal : il devient tellement normal qu'il n'est plus 
normal. Moi, je suis tellement normal que je ne suis 
pas normal. Mais je peux tellement jouer le jeu 
d'être normal que j'apparais normal. 

FP - Y a-t-il des dangers sur la route de l'acquisition 
de cette conscience supra mentale ? Le grand 
philosophe Nietzsche disait : « Dieu est mort et les 
églises sont le cercueil de Dieu ». Il s'est aventuré 
à aller jusqu'à la reconnaissance du plérôme, c'est- 
à-dire l'approche de la divinité tri-unitaire, Dieu le 
père, le fils, l'esprit dans sa manifestation de 
volonté, d'intelligence et d'amour, avec certains 
exercices qui sont aujourd'hui en pratique dans les 
écoles initiatiques, par méditation sur ces symboles 
que représente la tri-unité, l’Ain-Soph-Ur des 
cabalistes par exemple, l'Ain-Soph-Ur c'est le vide, 
le néant, c'est l'incréé, c'est le rien ou la négativité 
de Dieu sans forme, sans limite. Il y a des gens, 
comme Nietzsche, qui sont allés jusqu'à explorer le 
stade ultime absolu de l'incréé, de l'innommable que 


48 


les cabalistes appellent l'Ain, c'est-à-dire ce gouffre, 
cette horreur de néant comme certains le disent, et 
c'est là que Nietzsche a perdu l'esprit ? 

BdM - Nietzsche a perdu la raison. On ne perd pas 
l'esprit. Il a perdu la raison parce qu'il possédait 
encore trop de mémoriel. Mais il avait un esprit 
puissant. Et celui-ci, cette troisième activité avec 
laquelle il pouvait traverser toute la brume de la 
conscience judéo-chrétienne effectivement, devenait 
pour lui, en tant qu'ego ou en tant qu'homme 
raisonnable ou en tant qu'homme intuitif, un très 
grand poids. Le problème survient aussitôt que 
l'homme s'efface au vide. Mais le vide n'est pas ce 
que les gens pensent; le vide philosophique, le grand 
vide néantique, ce grand vide caverneux, ce grand 
vide est nul. C'est une illusion, parce que lorsque 
nous parlons du vide, nous parlons d'un vide 
conceptualisé. Le vide n'est pas conceptualisable. 
Le vide, c'est le plein. Dans le vide il y a toujours le 
plein. Mais là où le vide devient haineux, rempli du 
angst germanique et de cette terreur, c'est là où l'ego 
est obligé de supporter l'infinité astrale de cette 
conscience-là. Et alors de grands hommes, comme 
Nietzsche, deviennent malades. Pour supporter le 
vide, pour être bien dans le vide, il faut ne pas 
pouvoir penser au vide. Il faut ne pas pouvoir 
utiliser des pensées ou une matière mentale qui est 
inférieure à la matière créative. 

Prenons le vide et Dieu. Je vous demande où 
commence la réalité ? Qu'est-ce que la réalité ? 


49 


Puisque nous sommes arrivés au XXe siècle, nous 
avons une conscience de l'énergie. Pendant 
l'involution, nous avions besoin, pour donner 
conscience à notre êtreté, d'une finalité absolue, 
parce qu'il y avait devant nos yeux un ordre infini. 
Nous étions obligés, en tant qu'hommes qui pensent 
et possèdent de l'émotivité, d'attribuer à 
l'organisation cosmique qui était devant nos yeux et 
qui était intérieure à nous astralement, une 
autosuffisance. Mais celle-ci ne dépendait pas de 
l'homme, elle dépendait d'elle-même. Cette 
autosuffisance, nous lui avons donné un nom plus 
tard, au cours de l'involution : nous l'avons appelée 
Dieu. 


Lorsque nous avons donné à cette 
autosuffisance le terme de Dieu, nous sommes 
devenus psychologiquement dépendants de lui, à 
cause du besoin émotif de lier notre personne avec 
une infinité parce que nous avions peur de la mort. 
Nous avions peur de la désintégration. Nous avions 
peur du néant absolu. Afin de nous donner quelque 
chose au-delà de la mort que nous ne connaissions 
pas, afin de nous donner quelque chose à l'intérieur 
de ce néant absolu qui était l'expression extérieure de 
nos sens, nous étions obligés de former une filiale 
avec un personnage mythique quelconque, mais qui 
possédait des attributs dits absolus que nous lui 
donnions. Mais que veut dire absolu ? Le concept 
de l'absolu est un concept humain qui définit la 
réalité en fonction de son infinité pour reprendre 
envers elle-même toutes les capacités créatives de 


50 


son potentiel original. Mais l'homme lui, dans son 
évolution, au fur et à mesure qu'il a évolué, est 
devenu capable de créer non pas des concepts, mais 
des armées de mots pour détruire les concepts qui 
sont des généraux. Il est inévitable aujourd'hui que 
nous soyons capables de créer des armées de mots, 
ce que j'appelle la parole, pour détruire les généraux 
qui sont les concepts. Dieu est le grand général, le 
grand vide est l'autre général et les forces 
lucifériennes et, si nous entrons dans l'occulte, le 
plérôme, cela ne finit pas... 

L'homme doit commencer, à la fin du XXe 
siècle, à reprendre le contrôle de l'armée. Cela 
signifie tuer les généraux et créer une révolution. 
L'homme crée une révolution en réorganisant sa 
façon de penser, originalement établie par les 
généraux. Alors il se crée dans l'homme une 
effervescence évolutive tellement puissante qu'à un 
certain moment, l'homme perd la crainte d'être seul 
devant le général conceptualisé, face à un concept 
universel, absolu, qu'on appelle Dieu. Et lorsque 
l'homme a passé ce stade, il s'aperçoit qu'il est très 
bien sans Dieu et sans le concept philosophique et 
métaphysique du vide. Il devient ainsi parce qu’il est 
en contact avec cette partie de l'énergie que nous, 
auparavant, nous appelions Dieu et qui est 
partiellement formulée dans une entité psychique qui 
est l'homme sur un autre plan, ce qu’on appelle le 
moi réel. Le cerveau éthérique est de l’énergie. 
Tous les hommes ont de l’énergie. 


51 


L'énergie commence où ? L'énergie com¬ 
mence dans la question qui la pose. Si nous 
n'avions pas la question « d'où commence 
l'énergie », nous n'aurions pas le problème de 
résoudre son origine. Nous nous embrouillons avec 
nos propres questions, car il n'y a pas de question 
d'énergie. Maintenant nous pouvons expliquer 
l'énergie, parce qu’un homme qui n'a plus besoin de 
demander de questions est capable de répondre à 
toutes les questions. 

L'homme dit : « L'énergie, elle ne commence 
pas. Parce que commencer est un mot qui fait partie 
des généraux ». Nous avons besoin émotivement de 
commencement, parce que nous sommes des êtres 
qui, sur le plan humain, avons de la finalité : finalité 
corporelle, finalité astrale ; mais nous n'avons pas de 
finalité éthérique. Là où l'homme est capable de 
convertir la question métaphysique, occulte, 
psychique, originale, cosmogénétique, c'est à partir 
de son troisième cerveau, le jour où il réalise que 
toute formulation mentale est une forme d'énergie. 
Si toute forme d'énergie est une pensée et que toute 
pensée est une forme d'énergie, l’homme est capable, 
étant énergie, de la déformer pour reconstruire un 
nouveau tableau de l'évolution moins paternaliste, 
plus à la hauteur de la science. Cette dernière est 
cosmique, elle fait partie du mouvement éternel de 
l'énergie du cerveau éthérique de l'homme, elle est 
contiguë avec tous les cerveaux éthériques de tous 
les hommes sur la terre. Elle est contiguë avec tous 
les cerveaux éthériques de tous les hommes sur les 


52 


autres planètes. Autrement dit, cette science fait 
partie de ce que nous appelons la hiérarchie du soleil 
noir. Et dans cette masse d'énergie qui est le centre 
même qui soutient toute notre galaxie, il y a 
suffisamment d'intelligence pour que nous ne nous 
cassions pas les pieds avec des stupidités. 


FP - Est-ce que ce soleil noir provient de ce qu'on 
appelle l'ordre de Melchisédec ? 

BdM - L'Ordre des Melchisédecs vient du soleil noir. 
Les Melchisédecs sont ces êtres qui font partie de 
l'organisation systémique du soleil noir, des êtres qui 
sont suffisamment énergie. Nous ne devrions pas 
parler d'intelligence ou d'intellect, car ce sont des 
formes bâtardes de la réalité. Nous devrions parler 
d'énergie intelligente, d'intelligence de l'énergie. De 
l'énergie, aussitôt que c'est en mouvement, cela 
devient de la créativité, puis de la perfection, puis de 
l'évolution, puis de l'intelligence, puis de 
l'organisation, et enfin de la réorganisation d'où le 
mouvement de destruction et de création. À partir 
du moment, dans le cosmos, où l'énergie est en 
mouvement, il y a de l'intelligence-énergie, donc de 
la création. Eventuellement, des hiérarchies se 
créent, des êtres de lumière se forment, qui 
composent et créent des formes-pensées par la suite. 
D'autres êtres de lumière reçoivent ces formes- 
pensées : ce sont les hommes. Mais comme la 
lumière est cachée à leurs yeux, ils vivent 
l'involution. Un jour ils retrouveront l'évolution et 


53 


ils deviendront ces mêmes êtres de lumière qui, au 
début, ont créé, avec l'énergie, les formes nécessaires 
à la création. Cette dernière a été créée par 
l'homme, mais sur des plans tellement élevés que 
l'homme a donné à ces plans les noms d'ange, 
d'archange, de seigneur. Ainsi, l'homme a perdu son 
identité cosmique et est devenu une petite bebite. 
C'est la chute. Ensuite vient le nouveau temps. 

Nous savons qu'il y a depuis quelques années 
des mouvements d'OVNI sur notre planète : en 
Russie, aux États-Unis, en France, un peu partout 
dans le monde. Les Russes ont même été obligés de 
créer officiellement — et de le dire au monde - un 
institut de recherche sur les OVNI. Pour les gens qui 
sont suffisamment près des services techniques, 
militaires et paramilitaires, les OVNI sont un fait de 
la réalité. Ces types partent de quelque part, là-bas, 
s'en viennent ici, ils repartent, ils dématérialisent, ils 
font ce qu'ils veulent avec notre aviation, ils font ce 
qu'ils veulent avec notre esprit. Pourquoi ? Parce 
que ce sont des hommes intégrés. Parce que ce sont 
des hommes-énergie. Parce qu'ils ont une 
intelligence-énergie. Il existe ailleurs toute une 
hiérarchie. Ces êtres vivent sur des plans parallèles, 
ils vivent dans des mondes où la longueur d'ondes 
n'est pas la même que la nôtre. Nous ne pouvons 
même pas les voir. 

Nous devons nous habituer à perdre la 
mauvaise habitude de penser en tant qu'homme pour 
commencer à penser en tant qu'Homme. Mais 


54 


aussitôt que l'homme commence à sortir de son être, 
de son néant plein ou de son vide ou de son plein 
néantique comme Nietzsche l'a fait, il a besoin d'être 
très sûr, très solide, très enraciné dans sa lumière. 
Sinon, il craque. Voilà ce qui est arrivé à Nietzsche, 
ce pauvre homme. Tandis que lorsque l'homme est 
arrivé dans une voie de fusion, lorsqu'il est 
suffisamment près de cette énergie, qu'il est 
suffisamment intégré avec elle, il ne peut plus 
craquer. Qui va me faire craquer, moi ? Je ne suis 
plus craquable. Je ne peux plus craquer parce que 
j'ai mis de côté les généraux, je connais d'où vient la 
pensée, je connais l'intuition, je connais le rationnel 
et je connais l'autre partie de moi avec laquelle je 
converse de temps à autre du moment qu'il ne me 
casse pas les pieds. À ce moment-là, je suis 
toujours bien. Je ne peux pas craquer. Je suis dans 
mon identité. Et l'homme en arrivera un jour à être 
dans son identité. Mais, il y a un prix à payer, 
effectivement : réaliser que ce n’est pas le passé qui 
va servir l'homme de demain, mais plutôt le présent. 
Ce ne sont pas les grandes traditions ésotériques et 
occultes qui vont amener l'homme à l'immortalité, au 
stade du sur-homme. L'homme lui-même va s'ame¬ 
ner là. Les anciennes théories, ces anciennes écoles, 
ces anciennes connaissances, faisaient partie de 
l'involution. Elles étaient nécessaires pour maintenir 
sur terre la domination du monde astral. Et il n'y a 
aucune école ésotérique dans le monde, ni du Tibet, 
ni de l’inde, ni de l'Afrique, ni de l'Amérique du Sud, 
ni du Mato Grosso, qui ne soit pas contrôlée par une 
entité dans l'astral. 


55 


Nous devons comprendre, et à ceux qui sont 
ésotériques, marginaux dans la pensée, qui 
recherchent, que ce soit dans dix, quinze, ou vingt 
ans, je souhaite de savoir. Qu'est-ce que savoir ? 
Savoir est la chose la plus facile au monde. Dans le 
savoir, il n’y a pas de question, il n’y a que des 
réponses. Dans le savoir, il n'y a pas de psychologie, 
il n'y a que de la créativité. Dans le savoir, il n'y a 
pas d'intuition, il n’y a que de la créativité. Le 
savoir transperce tous les plans de la conscience 
humaine de l'involution. Il permet à l’homme 
nouveau d'être parfaitement libre, capable d'égaliser 
avec les hommes, capable d'être respectueux des 
hommes, capable de se bien comporter avec les 
hommes parce qu’il fait partie d'une conscience 
collective, mais incapable de perdre sa conscience 
individualisée, incapable de perdre son identité. 

Ce que recherchent les hommes à partir de 
Socrate, « se connaître soi-même », cela commence 
là où nous croyons que cela s'était arrêté. On dit 
souvent que toutes les routes mènent à Rome. Ce 
que l'on n’a jamais su, c'est qu'à Rome il y avait une 
grande fête, et que cette fête était totalement 
contrôlée par l'astral. Rendu à Rome, le bonhomme 
est obligé de sortir de la fête et de prendre un chemin 
que personne ne connaît. Ce chemin, c'est son propre 
chemin. Voilà ce que je vous souhaite. 

Revenons à Hitler un instant. Imaginez-vous 
Hitler durant ses jeunes années, alors qu'il appartient 


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à une société secrète en Europe. Comme il avait 
effectivement un destin très occulte, il se lie d'amitié 
avec certaines personnes qui vont en Orient chercher 
de l'information. Hitler se plonge, pendant ces 
années, dans une forme très particulière d'ésotérisme 
ou d'occultisme. 

Lorsque nous parlons aujourd'hui, à la fin du 
XXe siècle, de l'évolution d'une nouvelle race-racine, 
de l'émergence du sur-homme sur la terre, ce n'est 
pas neuf. Ce n'est pas Bernard de Montréal qui a 
parlé de ceci. C'est vieux comme la terre. Et ces 
connaissances étaient surtout dans l'Orient, et un peu 
dans l'Occident. Et l'Orient, dans les années 20-30, 
avait beaucoup plus d’autorité qu'aujourd'hui. Ce 
cher Hitler, qui est connecté comme un tuyau à 
l'astral, apprend ainsi qu'il peut former une nouvelle 
race. Il l'a formée sa race, la race germanique, la 
race arienne, l'évolution du monde, le contrôle du 
monde pendant 1000 années, etc. Hitler était un 
initié des forces noires qui s'est fait manipuler. Mais 
malheureusement, il a à son tour manipulé tout le 
monde. Je parle d'Hitler simplement pour faire 
comprendre que l'homme, l’homme qui sait ne peut 
pas se fier, ne peut pas croire quoi que ce soit : il 
doit savoir. Et c'est le fait de savoir qui fait que lui, 
rendu à Rome, est obligé de sortir du cercle de Rome 
pour s'en aller lui-même sur sa propre route. Voilà 
pourquoi l'initiation solaire est une initiation qui est 
totalement personnelle. Ceux qui pourront la vivre, 
qu'ils soient noirs, jaunes, blancs, roses, ils la vivront 
parce que déjà ils sont marqués pour cette vie, pour 


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cette expérience qui est l'ultime et qui, naturellement, 
créera une nouvelle race-racine sur terre. 

Le point central de toute cette instmction est 
que l'homme doit un jour comprendre qu'à partir du 
moment où l'on vous demande de croire quelque 
chose, vous êtes dominé. C'est anti-homme. Si 
vous me dites quelque chose qui est réel, je vais le 
savoir. Je vais dire : « Oui, effectivement, c'est 
cela ». Je n'ai pas besoin de croire. Croire est une 
attitude, c'est malsain, c'est de la domination, c'est de 
l'idéologie. C'est dangereux, c'est anti-homme. 
Nous ne sommes pas des idiots. Si l'on nous dit 
quelque chose qui a du bon sens, nous le savons. 
Nous n'avons pas besoin de croire. Le danger de 
l'humanité, il est à ce stade. Et c’est ce que les 
hommes ont fait depuis des millénaires. L'homme 
qui possède une conscience qui est polarisée entre un 
cerveau droit et un cerveau gauche, qu'est-ce qu'il 
veut dans la vie ? Il veut croire. Pourquoi ? Parce 
qu'il veut être dans la vérité. 

Croire nous mène à la recherche de la vérité et 
nous ne savons pas que la vérité n'existe pas. Elle 
est simplement l'envers d'un mensonge qui est 
beaucoup trop vaste pour nos petits esprits, et qui 
englobe l'homme depuis des millénaires. L'homme 
doit avoir un centre de vérité. Et le centre de vérité, 
c'est l'équilibre entre sa conscience supérieure, son 
intuition, son intellect. Alors il est dans son identité, 
il est universel, il peut parler avec n'importe qui, sur 


58 


n'importe quelle planète, n'importe quel plan, dans 
n'importe quel temps. 


59 


MYTHES SOLAIRES 


FP - Comment faut-il regarder, aujourd'hui, les 
mythes solaires ? 

BdM - Les mythes sont des mesures, des 
programmations, ce sont des voies enseignées, des 
expressions occultes, des façons d'amener l'homme à 
certains dépassements. Mais tant qu'il y aura des 
mythes sur terre, il y aura de l'inconscience. 

Les mythes ne contiennent jamais en eux- 
mêmes les clés essentielles à leur élimination. Ce 
sont de très grandes formes symboliques, sacrées, 
spirituelles, religieuses, métaphysiques, occultes, de 
très grands tableaux. Mais les mythes possèdent tous 
une faille, parce qu'ils ont été créés par les dieux, et 
non par les hommes. L’homme a subi les mythes 
durant l'involution, car alors il n'était pas capable de 
pensée créative, il ne pouvait que véhiculer une 
pensée mécanique, basée sur une certaine émotivité, 
une certaine anxiété, un certain besoin. 


L'homme n'a jamais possédé de pensée 
créative. Les dieux possédaient une pensée créative, 


60 


mais elle appartenait à la programmation de 
l'humanité. Ils étaient donc obligés de donner à 
l'homme des connaissances à travers les mythes, 
connaissances facilement assimilables sur le plan 
émotionnel, sur le plan symbolique, connaissances 
qui permettaient à l'humanité, au cours des siècles, 
de transcender la valeur catégorique de la parole 
pour en arriver à maintenir un lien entre les 
différentes races sur le plan du sentiment de la 
pensée manifestée à travers la parole. 

Les hommes n'ont jamais eu le pouvoir contre 
les dieux, c'est-à-dire le pouvoir de confronter les 
dieux. Ils ont toujours eu peur. Ils ont toujours été 
amenés à franchir les espaces qui les séparaient des 
dieux par des contrats qui, souvent, défiaient le 
besoin salutaire de l'humanité, la nature humaine. 
Des tests étaient donnés à des hommes, — Ulysse est 
un exemple, le mythe de Niebelung en est un 
autre —, où l'on demandait aux hommes de renier ce 
qui, sur terre, donne à l'homme la plus grande valeur 
de vie, c'est-à-dire l'amour. 

Pourquoi les dieux ont demandé que les 
hommes renient l'amour pour avoir accès au 
pouvoir ? Parce que les dieux imposaient à l'homme 
une condition « sine qua non », afin de partager avec 
ces initiés et leurs trouvailles, un monde qui 
demeurait sous leur contrôle. À partir du moment où 
un être humain, — qu'il fasse partie de la race 
ancienne, ou indo-européenne, des grandes 
civilisations comme la Grèce ou Rome, ou de nos 


61 


civilisations d'aujourd'hui —, cesse d'aimer ou ne 
comprend plus la puissance d'aimer ou ne comprend 
pas qu'aimer le glaive qui relie les hommes ensemble 
et qui coupe le lien avec les dieux, alors l'homme 
n'est pas capable de participer, comprendre, saisir le 
mensonge de tous les mythes. Tous les mythes de 
notre planète, toutes nos races, représentent un 
mensonge astral institutionnalisé dans la conscience 
sociale des races afin de maintenir le contrôle de 
l'évolution de l'homme, à partir des plans où ces 
dieux existent. Il n'y a pas dans la mythologie 
d'affranchissement de l'homme. L'homme ne pourra 
jamais s'affranchir à travers la mythologie parce que, 
dans toute construction mythique, il y a un 
asservissement subtil aux forces qui font partie des 
mondes parallèles. Dans toute mythologie, il y a 
une condition, un voile que seuls pourront lever les 
hommes de la nouvelle évolution, ceux de la 
prochaine race-racine, qui auront atteint un niveau de 
conscience mentale totalement individualisée, c'est- 
à-dire totalement séparée des infusions astrales d'où 
partent les connaissances mythiques données à 
l'homme par les dieux. 

Tant que l'homme n'aura pas atteint un niveau 
de conscience parfaitement équilibré, les mytho- 
logies représenteront toujours un danger pour lui en 
tant qu'individu même si, sur le plan social, sur le 
plan historique, sur le plan des nations, sur le plan 
des races, ils représentent un tableau, qui, à cause de 
sa profonde valeur intuitive, permet de maintenir une 
continuité entre la 4e et la 5e race-racine, qui cessera 


62 


quand l'homme aura retrouvé sa conscience 
totalement individualisée. 

Les hommes qui étaient dans le paradis 
terrestre, les hommes qui faisaient partie de la 
civilisation des Atlantes, vivaient dans une très 
grande fraternité. Comme ils étaient en très grande 
relation avec les dieux, ils avaient un certain 
pouvoir. Par ailleurs, ils n'avaient aucune 
individualité. 

Si l'on me demandait aujourd'hui qu'elle est la 
différence entre les Atlantes et les hommes de la 6e 
race-racine, je dirais que les Atlantes étaient en 
relation étroite avec les dieux, ils n'avaient aucune 
individualité, ils vivaient d'une très grande fraternité, 
alors que l'homme de la 6e race-racine sera obligé 
d'abord de mettre les dieux à mort afin de se libérer 
de toute forme de mythologie. Ensuite il pourra 
recouvrer son individualité propre, c'est-à-dire sa 
capacité, sur le plan mental, de devenir juge, lui- 
même, d'une façon intégrale et absolue, de toutes les 
mythologies qui ont été instituées par le passé, afin 
de créer sur notre planète une évolution raciale qui 
devait, au cours des siècles, amener l'homme à une 
conscience egoïque. 

Le plus grand défi de l'homme nouveau, celui 
de la sixième race racine, l'homme des XXIe, XXIIe, 
XXIIIe siècles, .sera de s'élever au-dessus du 
mémoriel antique de l'humanité et d'abattre, sans 
aucun amour, les fiefs qui ont constitué par le passé 


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les domaines contrôlés par les dieux à travers les 
mythologies de toutes sortes. Ces domaines ont 
servi pendant l'involution à enchaîner l'homme dans 
une totale incapacité de reprendre le contrôle de son 
évolution, de reprendre les pouvoirs qui font partie 
de sa conscience cosmique. Ces pouvoirs lui ont été 
enlevés à partir du moment où il fut décidé qu'il 
devait lui, en tant qu'être humain, en arriver à une 
évolution beaucoup plus avancée sur le plan des 
corps inférieurs. 

L'homme nouveau sera l'être qui, depuis très 
longtemps, à l'intérieur des mythologies et des 
grandes visions futures de l'humanité, est attendu. 
Je reviens un peu au concept de la race arienne. Elle 
qui fait partie de la connaissance occulte et 
ésotérique qui, depuis des siècles, a été amenée en 
Europe à travers une circonscription militaire nazie 
en relation avec des des dictées occultes venant 
d'Orient, du Tibet. Ces connaissances, elles sont là 
depuis très longtemps, mais ce sont des mythes que 
l'homme ne peut pas comprendre. Hitler n'a pas pu 
les comprendre, les hommes avant lui n'ont pas pu 
les comprendre, parce que tous les mythes donnent à 
l'homme le pouvoir. À travers eux, l'homme va 
chercher le pouvoir parce qu'il a soif du pouvoir. Et 
quand un homme a soif du pouvoir, il est obligé, 
pour se nourrir, pour s'abreuver, de plier l'échine 
devant les dieux, parce que ce pouvoir est grand. Et 
les initiés qui n'ont pas vu dans le passé à travers le 
couloir subtil des voiles occultes des mythologies 
anciennes, nordiques ou mésopotamiennes ou 


64 


hindoues, ces hommes ont réalisé à la fin de leur vie 
qu'ils étaient encore des êtres qui devaient aller plus 
loin pour découvrir ce qui se situe au-delà des 
mythologies. Voilà pourquoi 1'ésotérisme, l'occul¬ 
tisme occidental ou oriental, n'ont jamais permis à 
l'homme d'en arriver au pouvoir, c'est-à-dire à une 
scission totale avec les dieux. 

Je vais vous dire une chose qui fait partie de 
la connaissance supramentale du XXe siècle, et qui 
n'est relié à aucune mythologie. D'ailleurs, ce n'est 
dans aucun livre puisque tout ce qui est supra-mental 
n'est pas écrit. Le début du pouvoir de l'homme 
nouveau sur la planète terre, au cours des prochains 
siècles, sera proportionnel à la capacité individuelle 
de chaque homme de transcender les bornes 
imaginatives de sa mémoire ; ceci l'amènera 
éventuellement à une rupture totale avec la pensée 
psychologicoémotive, surtout celle qui est d'ordre 
occulte, ou ésotérique, ou spirituelle, ou religieuse, 
ou métaphysique, qui établit un lien entre l'homme et 
les dieux et l'empêche d'atteindre par lui-même son 
pouvoir. 

Les hommes de demain ne chercheront plus le 
pouvoir. Ils chercheront à détruire les dieux qui, dans 
le passé, ont fait la promesse du pouvoir mais sans 
jamais le céder. Et au cours des années qui viennent, 
l'homme découvrira par lui-même que les 
mythologies sont des mensonges infâmes créés par 
les dieux pour maintenir l'homme dans une forme 
d'ignorance suffisamment longue, afin de permettre 


65 


révolution naturelle du corps matériel, du corps 
astral et du corps mental. Tous les dieux, tout ce qui 
est astral, tout ce avec quoi l'homme peut 
communiquer télépathiquement dans les sphères, 
sont inévitablement l'envers de l'homme. C'est-à-dire 
qu'ils sont tous impuissants et qu'ils vont chercher 
leur puissance à travers l'ignorance de l'homme, à 
travers le miroitement, dans l'écran mental de 
l'homme, de certains pouvoirs qui sont élogieux à sa 
personnalité mais qui, si nous les regardons 
réellement, sont toujours anti-humanité, toujours 
destinés à maintenir l'individu sous le contrôle des 
forces occultes. 

Les pouvoirs des mythologies, qui étaient 
présentés par les dieux à l'homme initié, mettaient 
toujours l'homme à défi contre l'humanité. Regardez 
le mythe d'Ulysse, cette personne à qui l'on demande 
de renier l'amour qu'il porte à sa femme afin 
d'obtenir le pouvoir des dieux. Le mythe de 
Pénélope et Ulysse. Il faut voir, — et ce n'est pas par 
le mémoriel, ni par la pensée subjective colorée que 
l'on peut le voir —, que les dieux sont et vivent à 
l'envers de l'homme. Les dieux ont besoin de 
l'homme, alors que l'homme n'a pas besoin des 
dieux. Il a toujours pensé qu'il avait besoin des 
dieux parce qu'il a toujours été instruit par les dieux. 
Il a toujours été convoqué à la table des 
souvenances, il a toujours été amené à la perception 
intuitive des sphères. Il n'a jamais été amené à la 
concrétisation de son humanité, c'est-à-dire à 
l'éradication totale et absolue du fondement même de 


66 


son mémoriel humain, de toutes conditions 
psychologiques, émotives, métaphysiques, occultes, 
ésotériques, spirituelles, religieuses, philosophiques, 
imposées par les dieux à travers les canaux 
mythologiques de l'ancien temps. L'homme de la 6e 
race-racine, lorsqu'il détiendra les clés des 
mécanismes de la pensée, l'homme lui-même en 
arrivera à déchirer les voiles et à mettre par terre les 
mythologies. Il s'assurera, une fois pour toutes, que 
la 6e race racine — je ne parle pas des autres races 
qui continueront à évoluer — sera totalement gérée 
par l'homme, contenue par l'homme, maintenue par 
l'homme, autant sur le plan matériel que sur le plan 
éthérique. À l'intérieur de cette nouvelle race-racine, 
aucune force astrale ne pourra pénétrer, parce que 
l'homme ne pourra plus, à partir du moment où il 
deviendra supra-mental, c'est-à-dire individualisé 
dans son mental créatif, entretenir dans son mental 
sans s'en rendre compte, comme l'ont fait les 
hommes initiés du passé, le mensonge cosmique. 


FP - Ce pouvoir qui exclut l'amour, nous en avons 
une représentation aujourd'hui, lorsque l'on vit au 
niveau du pouvoir. Alors où est le mythe 
précisément ? Où est la faille dans le mythe de 
Niebelung ? Aujourd'hui le pouvoir qui est exercé 
sans amour crée de la violence, de la crainte et tous 
les aspects egoïques de l'homme. 

BdM - La seule raison pour laquelle on a demandé 
dans les mythologies de renier l'amour, c'est que 


67 


l'amour de l'homme ancien était un amour astralisé. 
Ce n'était pas un amour mental. C'était un amour 
basé sur le passionnel, sur l'insécurité, le besoin, 
l'émotivité, fondé sur la recherche d'une identité. 
C'était donc un amour astralisé. Et pour que 
l'homme puisse, dans ce temps-là, passer d'une étape 
d'évolution à une autre étape d'évolution, il lui fallait 
dépasser les conditions primitives de l'amour. Mais 
les conditions primitives de l'amour de la 5e ou de la 
4e race-racine ne sont pas celles de l'homme 
nouveau. L'amour sur terre aujourd'hui, en tant 
qu'expression fondamentale du rythme cosmique des 
sept planètes, ne convient pas à l'homme de la 
cinquième race-racine. Quand je parle de l’amour 
nouveau, de l'amour supra-mental, de l'amour 
conscient, de l'amour qui n'est pas fondé sur le 
passionnel ou sur le besoin psychologique, sur 
l'émotion, je parle de l'amour qui fait partie de la 
conscience intégrale du psychisme de l'homme, c'est- 
à-dire l'intégration de la volonté et de cette 
intelligence qui donne comme produit, ou sous- 
produit, cet amour. Alors l'homme pourra vivre sur 
le plan matériel en relation avec les sphères et ne 
jamais partager avec les dieux ce qui fait partie de la 
condition cosmique de son êtreté. 

L'amour est un principe. Nous avons toujours 
conçu l'amour comme étant une manifestation 
psychologique, egoïque, d'un besoin interne sur le 
plan de l'émotion. Nous avons toujours considéré 
l'intellect ou l'intelligence comme étant une sorte de 
partisanerie sur le plan de la dualité en fonction des 


68 


pensées qui viennent à l'homme et qui servent à 
éclairer son chemin sur terre. Nous avons toujours 
considéré la volonté comme un acte de l'homme 
mais, en réalité, l'homme n'a pas de volonté. 
L'homme n'est pas dans son intelligence. L'homme 
n'est pas dans son amour. Parce que l'homme n'est 
pas encore au stade où il peut renier les dieux. Il ne 
peut donc pas se créer une volonté anti-dieux. Il ne 
peut pas se créer une intelligence au-dessus des 
dieux. Il ne peut pas se créer un amour qui défie les 
dieux devant les hommes. Il n'a donc pas de 
pouvoir. L'amour de l'homme nouveau et l'amour de 
l'homme ancien sont deux amours différents. 
Comme l'intelligence de l'homme nouveau et 
l'intelligence de l'homme ancien sont des 
intelligences différentes. La volonté de l'homme 
nouveau et la volonté de l'homme ancien sont aussi 
des volontés différentes. Nous ne pouvons plus 
parler aujourd'hui, à la fin du XXe siècle, sur le plan 
de l'évolution de la conscience supramentale, de 
volonté, d'amour et d'intelligence dans le même 
cadre que nous en avons parlé dans le passé. À par¬ 
tir du moment où nous interprétons les mythologies 
en fonction du principe de l'amour qui doit être renié, 
cela fait simplement partie du contrôle astral des 
forces à travers le centre émotionnel du plexus 
solaire de l'homme afin d'établir une liaison 
puissante entre ces forces et l'homme. Ainsi le 
pouvoir des forces descend sur terre et manifeste, sur 
le plan humain, une sorte de catégorie d'actes 
magiques. 


69 


Le pouvoir des anciens initiés, ou celui de 
ceux qui ont réussi à vivre jusqu'au bout de 
l'astralisation de leur conscience, n'est que l'infect 
désir des forces occultes de se servir de l'homme en 
tant que canal, afin de maintenir un ordre sur le plan 
humain de notre civilisation. Le meilleur type, que 
tous connaissent, pour expliquer ce destin des forces 
occultes, divines, à travers l'homme, — quand je 
parle de divine, je parle des forces des dieux —, c'est 
Hitler. Les forces occultes à travers les mythologies 
donnent à l'homme l'impression qu'il arrivera à la 
conquête des sphères, qu'il arrivera au pouvoir, qu'il 
arrivera à l'abondance. Jamais ceux qui ont vécu les 
mythes astraux n'y arriveront. Et je défie n'importe 
qui de m'apporter une biographie d'un homme qui est 
allé au bout de la mythologie astrale et qui a conquis 
le pouvoir. Les hommes dans le passé n'ont jamais 
eu le pouvoir. Si l'homme d'alors avait eu le 
pouvoir, l'homme aurait créé de très grandes choses. 
Le seul homme qui a eu le pouvoir dans le passé, — 
et il a eu ce pouvoir sur son propre corps —, ce fut le 
Nazaréen. Naturellement, à cause de ses facultés 
éthérigues, il avait la capacité de guérir et ainsi de 
suite, mais il avait aussi le pouvoir sur son propre 
corps. C'est-à-dire qu'il était immortel. Il était 
immortalisable. C'est le seul. Tout ceux qui sont 
venus avant lui ont eu des pouvoirs magiques. Le 
Nazaréen n'a jamais eu de pouvoirs magiques : il 
avait des pouvoirs réels. Et c'est le seul être qui fait 
partie de ce que nous appelons le grand chaînon 
entre le passé de l'involution et la nouvelle évolution 
qui vient. C'est le seul être gui, à cause de son 


70 


infusion dans la matière, a permis que des hommes 
aujourd'hui, comme moi et d'autres, puissent entrer 
en communications télépathiques avec les sphères et 
défier les voiles, voir à travers le mensonge astral. 
Parler avec les morts, parler aux morts, expliquer 
aux morts ce qu'ils ont besoin de savoir afin que les 
hommes en arrivent un jour à pouvoir vivre en paix. 

Il n'y a rien dans la définition des mythologies 
qui aujourd'hui vaille la peine d'être su, parce que 
tout homme conscient réalise à la fin du XXe siècle, 
maintenant que nous commençons l'évolution, que 
l'enjeu pour l'humanité future, ce petit groupe 
d'hommes qui deviendra de plus en plus grand au 
cours des siècles, ce groupe d'hommes conscients 
venant de n'importe quelle partie de la planète, ce 
n'est pas le pouvoir, mais c'est la conquête des dieux. 
Ceux qui auront la vibration universelle de cet 
homme seront amenés facilement, sans heurts, vers 
ce tunnel éthérique où se partageront les tâches de la 
nouvelle évolution et la concrétisation sur la terre de 
l'homme du pouvoir occulte des forces cosmiques de 
l'homme, qui font partie de l'élimination de son 
double et de l'agrandissement parfait des conditions 
évolutives de sa conscience planétaire. À part ceci, 
toutes les belles fresques du passé n'ont pour 
l'homme nouveau aucune valeur. Je le dis d'une 
façon absolue, parce que dans toutes les fresques il y 
a de la spiritualité. Dans l'homme nouveau, il n'y a 
aucune spiritualité : il y a simplement de l'intelli¬ 
gence pure, cristalline. 


71 


FP - Plutôt que de voir le mythe comme étant un 
idéal proposé aux hommes, le voyez-vous plutôt 
comme une programmation de l'homme ? 

BdM - Le mythe est un idéal proposé aux hommes 
qui étaient inconscients. Effectivement c'était un 
idéal, mais il était caché dans son essence. Qu'est-ce 
que c'est un idéal ? Quelle est la différence entre le 
réel et l'idéal ? L'idéal est toujours une forme de 
mensonge. Le réel détruit l'idéal. Dans le réel, il n'y 
a pas d'idéal. Mais l'homme avait besoin d'idéal 
parce qu'il n'était pas dans le réel. L'homme n'était 
pas dans son mental, l'homme n'était pas capable de 
créer la pensée. Comme il n'était pas capable de 
vivre la pensée créative, il vivait toujours une pensée 
fondée sur le mémoriel personnel de sa propre 
expérience ou sur le mémoriel de l'humanité. 
L’homme n'avait aucune individualité, il était 
incapable de saisir réellement la différence entre 
l'idéal et le réel. Et l'homme de la nouvelle évolution 
saura la différence entre l'idéal et le réel. L'idéal 
avait été l'orientation donnée par la mythologie : 
dans la nouvelle évolution, l'idéal sera tué. Pour 
qu'il y ait un idéal, il faut qu'il y ait de la spiritualité. 
Qu'est-ce qui cause un idéal ? Qu'est-ce qui permet à 
un homme de vivre un idéal ? De la spiritualité. De 
l'espoir. Il faut qu'il ait les yeux perdus dans la 
brume. Et qui, croyez-vous, crée la brume ? Les 
dieux. 


72 


FP - Si le mythe est une programmation, est-ce une 
programmation nécessaire, puisque les hommes, de 
toute façon, ne pouvaient pas recevoir plus 
d'informations que ne pouvait en contenir leur 
ignorance à cette époque-là ? 

BdM - II Y a des hommes qui aujourd'hui, sur terre, 
donnent des clés à l'humanité pour comprendre les 
mythes de la pensée humaine. Nous sommes donc 
très avancés. Mais les hommes doivent comprendre 
que le passé était construit d'une façon telle que 
l'homme puisse évoluer. Tout ce qui s'est passé 
auparavant, les religions, les mythes, tout était 
nécessaire. L'homme avait besoin de ceci parce qu'il 
n'avait aucune individualité. Il n'était pas suffisam¬ 
ment intelligent, car il était beaucoup trop primitif 
tant sur le plan de l'émotion que sur le plan du 
mental. C'est simplement à la fin du XXe siècle que 
l'homme peut réellement jouir de son intelligence. 
Quand je parle de l'homme, je ne parle pas de 
l'humanité. Vous avez simplement à regarder ce qui 
se passe dans le monde aux nouvelles et vous verrez 
que, lorsque je parle de l'homme, je ne parle pas de 
l'humanité. Je parle de ces hommes qui sont un peu 
partout éparpillés dans le monde, en Inde, en 
Amérique du Sud, aux États-Unis, en France, en 
Allemagne, ce sont ces individus qui verront à 
travers la mythologie et qui pourront dire que le 
temps des mystifications est fini. Mais, tant que 
l'homme n'aura pas la force intérieure pour prendre 
entre ses mains, d'une façon catégorique et absolue, 
le mensonge, le regarder en face et pouvoir le renier, 


73 


l'homme n'aura aucune capacité d'entrer dans une 
conscience supramentale. Et je vous assure que la 
conscience supramentale, ce n'est pas mythologique. 
Je vous assure aussi que ce n'est pas philosophique, 
que ce n'est pas spirituel et que l'homme qui doit 
passer dans cette expérience doit brûler tout ce qui 
fait partie de son ancien cadavre. Son ancien 
cadavre, c'est son ancienne conscience. Il ne doit 
plus y avoir de mystification, fini le terrorisme 
psychique. C'est une affaire de vie ou de mort. 


FP - Si les mythes ont été fondés par les dieux dans 
un souci d'assujettir l'homme, comment expliquez- 
vous qu'au deuxième acte de l'Anneau des 
Niebelungen on passe à l'anneau des dieux, et que 
cette suite dans le récit ne soit pas en faveur des 
dieux justement. Je résume : comme tout ce qui est 
en bas est égal à ce qui est en haut, il y a donc un 
anneau de pouvoir également qui a été créé par les 
dieux sous une forme d'enceinte, une muraille que 
les dieux ont bâtie autour d'eux pour pouvoir 
concentrer leur pouvoir. C'est ce qui nous est dit 
dans le mythe. Ces dieux-là sont les gardiens de la 
religion spécifique à cet endroit-là, — Vautan est le 
gardien de la religion, il est l'un de ces dieux 
entouré d'autres dieux —, et ils construisent une 
enceinte fortifiée, un mur de limitations. Une fois 
que cette muraille qui entoure les dieux est terminée, 
ils perdent la lumière et la connaissance universelle 
également. Ce qu'on retire de l'histoire, c'est peut- 
être que lorsqu'une religion se limite elle-même 


74 


derrière le mur de la doctrine ou du dogme, l'esprit 
de décadence commence à la pénétrer puis à saper 
un peu ses fondations, et finalement elle menace de 
tomber en ruine. Comment se fait-il que ce 
deuxième acte ne soit pas du tout en faveur de dieux, 
puisqu'en fait on les voit se limitant eux-mêmes dans 
leurs pouvoirs et limitant la religion ou l'esprit 
universel qu'ils sont supposés diffuser ? 

BdM - Les dieux ont toutes les capacités. Ils ont la 
capacité de mentir pour dire la vérité. Ils ont la 
capacité de dire la vérité pour mentir. Il n'y a rien de 
plus écœurant qu'un dieu. Il n'y a rien de plus 
mensonger qu’un dieu, parce qu'un dieu ne fait 
jamais partie de l'homme. Si les dieux sont obligés 
de donner à l'homme, par la voie de la mythologie, 
une symbolique leur permettant de voir s'il y a 
érection d'une forteresse à l'intérieur de laquelle eux 
deviennent prisonniers, à qui croyez-vous qu'ils 
parlent ? Ils disent aux hommes : « Ne cristallisez 
pas les formes parce que la religion va mourir ». Les 
dieux veulent que la religion continue. Connaissant 
les lois de la forme, les dieux sont obligés 
d'expliquer aux hommes la dynamique de la forme et 
les hommes, étudiant sérieusement, spirituellement 
la dynamique de la forme, s'occupent sur le plan 
intellectuel, sur le plan philosophique, sur le plan de 
la discussion, s'occupent de se rendre compte de ce 
qui se passe dans le monde et de s'assurer que la 
forme ne devient pas trop cristallisée afin que la 
religion ne meure pas. 


75 


Les dieux sont des intelligences qui 
fonctionnent un peu comme les espions doubles. Tu 
espionnes pour les Américains et pour les Russes en 
même temps. Pour voir ceci, il faut réellement être 
en communication avec eux. Si l'homme était en 
communication avec les sphères et qu'il avait un 
langage direct avec elles, s'il pouvait demander aux 
sphères des questions, — pourvu qu'il soit totalement 
en contrôle des questions et des réponses, autrement 
dit qu’il ait la vibration cosmique, qu’il ait la 
vibration de l'intelligence créative —, l'homme 
verrait qu'aucun dieu ne peut résister à l'homme. 
Ceci veut dire qu'aucun dieu, à travers sa 
mythologie, ne peut résister à l'intelligence créative 
de l'homme nouveau, parce que les dieux font partie 
d'un temps qui est déjà plus arriéré que le temps de 
l'homme nouveau. 

Le temps de l'homme nouveau est plus avancé 
dans le temps cosmique que le temps des dieux qui, 
dans le passé, ont utilisé la programmation pour 
créer sur terre un système de désinformation 
nécessaire à l’évolution de l’homme. 


FP - Dans cet anneau des dieux qui symbolise un 
peu la doctrine et le conformisme, il y a également 
un reniement de l'amour. En fait, n'est-ce pas une 
religion sans amour, à base de doctrines, de 
dogmes, d'impositions et de conformisme ? Et 
encore une fois, le conflit entre le pouvoir et l'amour 
? 


76 


BdM - Il y aura toujours un conflit entre le pouvoir 
et l'amour. Un être qui aime et qui est réellement 
cosmique dans sa conscience ne peut pas être 
intéressé au pouvoir. Et s'il possède le pouvoir, le 
pouvoir fait partie de lui, il fait partie intégrale de 
lui, il ne fait pas partie de sa conscience égoïque. 11 
fait partie de son autre nature. Sur le plan de 
l'involution, il y a toujours eu un conflit entre 
l'amour et le pouvoir, parce que ceux qui avaient le 
pouvoir, ceux qui donnaient à l'homme le pouvoir à 
travers les actes magiques, devaient lui enlever 
l'amour afin qu'il puisse renier ses frères et s'allier à 
eux. 11 est évident que si les dieux voulaient que ces 
initiés se lient à eux, il fallait qu'ils enlèvent à ces 
hommes le droit, la capacité ou l'intention d'amour 
parce que l'homme va, s'il est trop près de son 
amour, préférer vivre, même si cela fait partie d'un 
amour qui est primitif, l'amour avec ses enfants, sa 
femme, ses amis, que de vivre une vie totalement 
occulte avec les dieux. Ulysse a été un exemple. 
Les hommes de la nouvelle évolution verront à 
travers ce jeu et les hommes de la nouvelle évolution 
ne s'empêcheront pas, au contraire, d'aimer. Ils 
aimeront et se serviront de l'amour pour les hommes 
contre les dieux. D'ailleurs, c'est au cours de la 
prochaine évolution que l'amour pour les hommes 
sera pour la première fois utilisé contre les dieux. 

Nous avons un exemple à l'intérieur de la 
chrétienté de l'amour utilisé pour l'amour de dieu. 
Mais quand on utilise l'amour pour l'amour de dieu, à 


77 


l'intérieur de cette religion chrétienne, si réellement 
on est grand dans cet amour, on devient mystique. 
Si l'on n'est pas réellement grand dans cet amour, on 
devient politique. Ceux qui ont réellement manifesté 
sur la terre un psychisme d'un certain ordre, ce sont 
des êtres qui aimaient l'homme et qui étaient liés aux 
forces. Le jeux des forces, ce que vous appelez les 
miracles de ce temps-là, faisaient partie justement de 
l'astralisation de la religion pour donner à l'homme le 
savoir, rendre compte à l'homme que, effectivement, 
le dieu existait. Mais en réalité ce n'est pas le dieu, 
ce sont les dieux qui se servaient de ces êtres très 
sensibles qui aimaient l'homme pour manifester sur 
la terre une condition d'évolution religieuse qui était 
nécessaire à la formation des états européens et 
éventuellement le cernement dans le monde d'une 
population chrétienne. Avec l'évolution, l'homme ne 
pourra plus utiliser cet amour parce qu'il vivra d'un 
amour nouveau, d'un amour autre qui sera très 
mental et jamais l'homme ne laissera plus utiliser son 
amour par les dieux. 


FP - Cette imposition de la doctrine à travers la 
religion et du conformisme, est-ce que ce n'est pas 
une façon d'empêcher les hommes d'avoir justement 
accès à une universalité de la connaissance ou de la 
vérité ou de la réalité ? Est-ce que ce n'est pas une 
façon en fait de diriger, sans donner ? 

BdM - Les hommes ne peuvent pas avoir accès à 
l'universalité de la connaissance à travers la 


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conscience collective. Ils n'ont jamais pu et ne 
pourront jamais. Cela fait partie des mythologies. 
L'homme ne pourra atteindre la conscience 
individualisée que lorsqu'il aura la capacité de 
déchirer les voiles. Il n'y a rien de plus facile sur 
notre planète que la connaissance. La connaissance 
coule comme de l'eau, elle provient du savoir. Les 
hommes ont accès au savoir, mais pour qu'ils 
puissent réellement aller chercher ce savoir, cette 
énergie, ils sont obligés de détruire les frontières qui 
les séparent d'eux-mêmes. Ces frontières sont les 
formes-pensées, les mémoires qui ont été installées, 
créées, manipulées par les dieux à travers tous les 
systèmes de notre humanité pendant des millénaires. 
Les hommes auront individuellement la conscience 
créative universelle, jamais ils n'auront cette 
connaissance universellement. S'il y a deux 
hommes, dix hommes, mille hommes, quinze mille 
hommes, cent mille hommes, ce sera un processus 
individuel ; ce ne sera jamais un processus collectif. 

FP - Alors nous arrivons au troisième acte de 
l'opéra des Niebelungen. Lorsque les dieux se 
limitèrent eux-mêmes et qu'ils repoussèrent 
l'universalité justement de la vérité ou de la 
connaissance par l'anneau de la doctrine et du 
dogme, les Valsung — ce sont les chercheurs de 
vérité —, se sont rebellés contre les dieux. Alors on 
nous raconte l'histoire de Sigmund le courageux, 
poussé à rechercher la vérité à tout prix et qui finit 
par être tué à cause de son audace. Ces gens-là se 
rebellent contre l'imposition des doctrines de la 


79 


religion. Sigmund, le premier, meurt de son audace. 
Sa femme Siglinde a les mêmes aspirations 
intérieures mais elle n'ose pas les exprimer d'une 
manière ouverte. Elle finira par mourir de 
désespoir en transmettant cette soif de vérité, de 
connaissance à son enfant Siegfried, dont le nom 
veut dire : qui obtient la paix par la victoire. On 
conclut dans ce troisième acte que ce qu'une 
génération de chercheurs ne parvient pas à 
accomplir le sera par ses descendants, et finalement 
la vérité triomphera de la doctrine. Alors un dur 
combat attend Siegfried, car le monde n'est pas prêt 
à recevoir la vérité. Le Christ lui-même disait à ses 
disciples : «Ils m'ont haï, ils vous haïront aussi. » 
Ce que l'on comprend à travers tout cela, c'est que 
les temps de persécutions ne sont pas révolus bien 
que le monde actuel prétende accorder une liberté 
religieuse. Mais la croyance à la doctrine elle, est 
toujours puissante et il y a toujours des gens prêts à 
persécuter ceux qui sortent des voies coutumières. 
D'après vous, pour ces chercheurs de vérité, ceux 
qui ont cette flamme, qui veulent passer au travers 
de la doctrine et du dogme, faut-il faire face à ces 
ennemis, affronter le monde, offrir sa poitrine aux 
flèches de l'antagonisme, de la médisance et de la 
calomnie, et défendre ses convictions ? Ou bien 
faut-il tourner le dos à ces ennemis potentiels, à 
cette inquisition qui existe toujours quand même en 
filigrane ? Faut-il les ignorer ? Quelle est votre 
attitude à vous ? 


80 


BdM - Il ne s'agit pas pour les chercheurs d'offrir 
leur corps ou même leur esprit aux fléchettes de la 
masse. Ce n'est pas intelligent. Il s'agit pour les 
hommes du nouveau cycle de comprendre que le mal 
de l'homme, c'est-à-dire son ignorance, est installé 
dans sa programmation à lui. Le problème des 
chercheurs, c'est qu'ils cherchent la vérité. Tous les 
hommes cherchent la vérité. La recherche de la 
vérité fait partie du mensonge cosmique sur notre 
planète. 


FP - Si l'on changeait le mot vérité ... 

BdM - Mais vous ne pouvez pas le changer parce 
qu'il est déjà institutionnalisé. Il fait déjà partie de la 
mythologie. Et tous les hommes dans le monde 
cherchent la vérité. On cherche la vérité depuis des 
millénaires. Il ne s'agit pas pour l'homme de 
chercher la vérité. La vérité est l'envers du 
mensonge. Il s'agit pour l'homme de pouvoir 
supporter le choc de ce qu'il sait. Si les hommes 
avaient la capacité égoïque, mentale de supporter le 
choc de ce qu'ils savent, — parce que tous les 
hommes savent —, ils seraient dans ce que vous 
appelez la recherche de la vérité et, à partir de ce 
moment-là, les hommes ne seraient plus intéressés à 
la vérité parce que la vérité est l'envers du mensonge. 
La vérité est quelque chose que les dieux ont établi à 
l'intérieur d'une programmation pour l'évolution 
mentale et émotionnelle de l'homme et non pas pour 
l'évolution de la conscience supramentale de 


81 


l'homme. L'évolution de la conscience supramentale 
de l'homme vient de la souffrance de l'homme 
essoufflé, écœuré de la vérité. Essoufflé, écœuré de 
la double valeur du mensonge cosmique. Essoufflé, 
écœuré de la polarité. Essoufflé, écœuré de la 
croyance. Essoufflé, écœuré de l'espoir. Tout est 
dans l'homme. L'homme est une composition 
multidimensionnelle, il est une organisation 
psychique, métapsychique, biologique, astrale, 
vitale. L'homme est lumière. Qu'est-ce que l'homme 
cherche ? L'homme ne pourra réaliser ceci que 
lorsque lui-même aura finalement défiguré tout ce 
qui constitue dans son mental les aspects positifs ou 
négatifs du mensonge cosmique, institutionnalisé à 
travers les mythologies ou les religions pour donner 
à l'homme encore l'espoir. L'homme ne peut jamais 
traiter avec les dieux parce que tous les dieux sont 
en-dessous de lui. Mais comment voulez-vous que 
l'homme marche droit, lui qui a été pendant des 
siècles obligé de marcher avec la béquille de la 
religion, la béquille de la philosophie, la béquille des 
opinions des autres, la béquille de ses émotions, la 
béquille de la crainte ? Savez-vous ce que les 
hommes craignent ? Ils craignent même ce qu'ils 
savent vis-à-vis de leur femme, de leurs enfants, de 
leurs cousins, de leurs collègues. Comme les 
hommes n'ont pas de mental, ils vont aux grandes 
œuvres, ils parlent de la poésie des grandes œuvres 
pour se donner un souffle anémique qui est déjà 
enraciné dans la conquête de l'homme par les dieux. 


82 


Voilà la différence entre la conscience 
supramentale de l'évolution et la conscience mentale 
inférieure. Quand les Atlantes, cette 4e race-racine, 
ont fini leur stade d'évolution, ils ont développé le 
corps astral ; alors le corps mental de la prochaine 
race est venu. Nous faisons partie des Indo- 
Européens et nous avons développé le mental 
inférieur. Comparez les races indo-européennes 
avec les races atlantes et vous allez voir une très très 
grande différence dans la composition psychique des 
organes vitaux, de la vue interne par exemple. Si 
vous regardez l'homme, c'est la même chose, celui de 
la quatrième race, de la cinquième, de la sixième et 
ensuite la septième. Nous ne pouvons même pas 
nous prétendre capable de comparer la sixième avec 
la cinquième, parce que l'homme de la sixième ne 
fait plus partie du monde imaginaire symbolique, 
religieux, métaphysique, occulte, ésotérique, 
mythologique de l'ancien temps. C'est une rupture 
totale. 


Chaque homme est un maître. Chaque 
homme est son maître. À partir du moment où il est 
assujetti à une conscience quelconque d'un maître 
qui dit et qui dicte, l'homme est dans le trouble. Et 
les hommes, un jour, au cours des prochains siècles 
seront obligés de réaliser ceci parce que la partie de 
la vie qui vient ne fait plus partie de l'astral : elle fait 
partie de la conjointe action du double éthérique de 
l'homme avec le corps matériel de l'homme, qui 
entraîne l'éveil de l'esprit de l'homme dans 
l'intégration supramentale de son troisième œil. Il 


83 


n'y a plus de parallèle entre le passé et l'avenir. Nous 
ne pourrons plus parler demain comme nous parlions 
hier. Nous ne pouvons plus même accepter un iota 
de ce qui, par le passé, a été dit pour l'involution qui 
était nécessaire. Nous devons parler aujourd'hui en 
fonction des voiles que nous devons déchirer. 
Chaque homme doit parler pour lui-même et non 
plus parler pour l'humanité. Il doit voir pour lui- 
même et non plus pour l'humanité. Ce n'est plus 
l'évolution d'une conscience collective, c'est 
l'évolution d'une conscience individualisée. Cela n'a 
jamais existé dans le passé, ni dans le paradis 
terrestre des Atlantes, ni pendant la race indo- 
européenne. C'est neuf. 


FP - Il ne nous reste plus qu'à passer au travers du 
pouvoir castrateur des gouvernements, des 
religions .... 

BdM - Les gouvernements sont nécessaires, les 
religions sont nécessaires. Il y a des gens dans le 
monde, en Amérique, dans le Tiers-Monde, dans les 
petites nations européennes, avec des petits esprits 
gros comme cela. Il y a des gens dans le monde qui 
ont encore besoin d'être surveillés, alignés. Il y a des 
gens, des masses, des milliards d'hommes qui ont 
besoin d'un alignement dans le monde. Ces hom¬ 
mes, ces organisations, ces religions, — regardez ce 
qui se passe dans les pays arabes —, toutes les 
religions sont nécessaires, elles font partie de 
l'expérience karmique des individus. Le point où 


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l'homme nouveau se sépare de l'homme ancien, ce 
n'est pas sur le plan de la contestation, c’est sur le 
plan du pouvoir interne chez chaque individu de 
supporter le poids de ce qu'il sait et de se taire. 
Anonyme dans la foule. Lorsque la foule sera 
grande, il n'y aura plus besoin d'anonymat. Cette 
foule sera occulte, elle aura accès aux couloirs 
éthériques de l'humanité. De quoi l'homme a-t-il 
besoin aujourd'hui ? D'essayer de vanter ce qu'il 
sait ? Si l'homme vante ce qu'il sait, c'est qu'il ne sait 
pas parfaitement ce qu'il vante. C'est une sorte de 
spiritualité dans l'illusion de la forme maintenue à 
travers ces hommes qui recherchent et qui 
recherchent, et qui se retrouvent, après des années, 
encore à rechercher... Un jour, il faut que cesse la 
recherche. Et la recherche de l'homme cessera 
lorsqu'il aura développé une parole. Mais l'homme 
n'a pas de parole. Il jase. 


85 


RÉALITÉS NOUVELLES 


FP - Les Québécois risquent de perdre leur âme, car 
ils ont fait table rase de la mythologie. Selon un 
éminent psychanalyste-psychiatre, ils n'ont plus rien 
sur quoi faire reposer leurs rêves vitaux, ils refusent 
de se fabriquer leurs propres mythes. Qu'en pensez- 
vous ? 

BdM - Pour apprécier ce qui se passe au Québec, il 
faut quand même donner au peuple québécois une 
certaine marge de temps. Pour ceux qui aiment les 
choses occultes, je dirais que le peuple québécois est 
un peuple initiatique, un peu comme le peuple juif 
l'était. Le peuple québécois, à travers tout le système 
d'information, va connaître au cours des prochaines 
années une pénétration profonde de nouvelles 
données. Celles-ci vont créer de plus en plus de ce 
changement dans la psychologie foncièrement 
grégaire du peuple. Si nous regardons la 
transformation du peuple québécois, sur la base de 
deux ou trois générations et en fonction de ce qui se 
passe occultement au Québec et dans le monde, 
— quand je dis occultement, je veux dire en regard 
des forces préparatoires à l'évolution et à la 
transformation des relations entre les nations —, il 
est évident que le peuple québécois va démontrer des 


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signes avant-coureurs d'un changement de con¬ 
science qui va énerver tout le monde. Quand on 
parle des psychologues et des psychiatres qui 
avancent des théories « observatrices », on peut 
seulement dire qu'ils observent. Observer ce qui se 
passe dans une nation est une chose, mais 
comprendre ce qui se passe en est une autre. On 
peut regarder ce qui se passe au Moyen-Orient... Je 
veux parler de la différence entre observer et 
comprendre. 

Aujourd'hui, à la fin du XXe siècle, il est très 
important pour l'homme de comprendre ce qu'il 
observe. S'il ne fait qu'observer sans rien com¬ 
prendre, il vit la déprime. Celle-ci peut être grave 
parce qu'il y a quand même des événements 
aujourd'hui qui ne sont pas aussi normaux que ceux 
que nous vivions auparavant, même s'il y a toujours 
eu de l'anormalité. 

L'homme, les masses, les médias, tous sont 
assujettis à une suite d'événements chocs que toute 
l'humanité va vivre. Elle connaîtra des événements 
qui, cosmiquement parlant, ne sont pas compris mais 
qui, sur le plan de l'observation, vont créer beaucoup 
d'inquiétude chez les parlementaires. Quand je parle 
des parlementaires, je ne parle pas simplement des 
parlementaires au Parlement, je parle de ceux qui 
parlementent dans les journaux. 

L'homme aura besoin de beaucoup de savoir, 
de beaucoup de points de référence à mesure qu'il 


87 


arrivera vers la fin du cycle. Lorsque nous parlons 
de l'homme, nous ne parlons pas nécessairement de 
l'humanité. L'homme, pour moi, ne fait pas partie de 
l'humanité. L'homme conscient, l'homme nouveau, 
ne fait pas partie de l'humanité. Il a un corps, 
comme en ont les membres de l'humanité, mais il n'a 
pas le même esprit. Il ne réagit pas de la même 
façon vis-à-vis du terrorisme, par exemple. Ce qui 
se passe est normal, c'est écrit. 

L'homme conscient sait très bien que 
l'humanité est actuellement en voie de profondes 
transformations qui l'amèneront éventuellement à un 
nouvel équilibre. Mais aujourd'hui l'humanité est 
dans une phase de transition où le déséquilibre est la 
règle du jeu. Ce déséquilibre fait partie de toute 
l'accumulation énorme des forces karmiques de 
l'humanité. De cette phénoménologie globale ne 
peut ressortir que de la conscience individualisée ; 
ainsi, quoi qu'il arrive dans le monde, l'individu n'en 
souffre pas. 

Ce que votre psychanalyste dit concernant la 
province de Québec qui renie ses mythes et s'éloigne 
de sa religion, c'est juste en tant qu'observation, et 
aussi c'est dangereux. Dangereux veut dire quoi ? 
Que veut dire un psychologue quand il dit que c'est 
dangereux ? Avez-vous déjà vu ou entendu parler 
d'un peuple qui a disparu parce que c'était 
dangereux ? Les peuples transmutent, ils sont 
comme du matériel plastique. 


88 


Le peuple québécois, à travers ce qui se passe, 
transmute et se développe rapidement. Il supporte 
beaucoup plus la disparition des mythes que les 
psychologues. Les psychologues ont besoin des 
mythes et des mythologies pour mesurer le 
comportement humain, et les lésions dans le corpus 
québécois. Ils veulent savoir jusqu'à quel point 
l'absence de mythe crée des lésions dans la psyché 
québécoise. Mais en réalité, le seul problème qui 
affecte le peuple québécois est un problème 
économique. Le peuple québécois est en train de 
développer une identité. Comme elle est lente à se 
définir, cela crée des problèmes. Regarde-t-on le 
peuple québécois ou les individus québécois ? Moi, 
que le peuple québécois aille par ici ou par là, cela 
ne change rien dans ma vie. Mais s'il y a des 
individus québécois qui naissent et qui prennent 
racine dans leur propre être, alors c'est phénoménal. 
Et je puis vous assurer que, comme nulle part au 
monde, le début de l'individualité intégrale se fera au 
Québec. Elle se fait au Québec, elle naît au Québec. 
Et à cause de cette individualité, ce que la masse 
québécoise vit en parallèle, inconsciemment, est bon. 
Que le peuple québécois s'allie par osmose à 
l'Amérique, cela fait partie des forces cosmiques qui 
travaillent à travers sa conscience sociale. Ceux qui 
veulent maintenir le contrôle, qui veulent être 
parentaux, ceux qui veulent être les autorités, ceux 
qui veulent le pouvoir s'inquiètent où va aller le 
peuple québécois. Va-t-il se marier avec l'Ontario 
pour avoir un fils bâtard, ou se marier avec les 
Américains pour avoir un enfant riche ? 


89 


Ces questions d'ordre psychologique sont 
intéressantes parce qu'elles nous permettent 
d'observer ce qui se passe ; mais ce n'est pas parce 
qu'on observe ce qui se passe qu'on comprend. Il est 
très dangereux de pouvoir observer ce qui se passe 
dans le monde aujourd'hui si l'on ne comprend pas. 
On observe tellement de chose qu'éventuellement on 
vit une sorte de désorientation. L'aiguille de notre 
compas devient folle. Cela fait partie de l'involution 
et de l'évolution, du choc de deux mondes. Cela fait 
partie du choc de deux vies, de deux époques. C'est 
très normal. 

Nous devons plutôt considérer l'évolution de 
l'individualité. Les hommes qui en sont arrivés à une 
conscience individualisée, quel que soit ce qu'ils 
observent dans le monde de l'économie ou dans celui 
de la politique, n'en seront pas affectés. La clé de 
l'homme nouveau, elle est là. Tant qu'un homme est 
affecté par ce qui se passe dans le monde, c'est qu'il 
n'a pas la conscience suffisamment développée pour 
pouvoir se libérer de ce qui se passe dans le monde 
et qui l'affecte émotivement. Par exemple, il y a 
aujourd'hui des problèmes en Arabie avec les otages. 
Je parle de l'affaire Air India. Mais vous n'êtes pas 
dans l'avion ! C'est pas vous qui êtes dans l'avion ! 
Si vous étiez conscients, vous ne seriez pas dans 
l'avion. D'une façon ou d'une autre, vous ne pouvez 
pas être dans l'avion. 


90 


FP - Est-ce une échelle de mesure de la conscience ? 


BdM - C'est la seule. Moi, quand je vais en avion, je 
me demande si c'est correct ? Si je me dis que c'est 
correct, je m'en vais. Mais si je me dis qu'il ne faut 
pas que j'y aille, je n'y vais pas. Ensuite, je regarde 
descendre l'avion dans les eaux. C'est ma 
prérogative. Cela fait partie de ma conscience. 
Comme les hommes ont tous de la conscience en 
potentiel, ils doivent par eux-mêmes en arriver à 
pouvoir saisir ce mouvement subtil de l'intelligence 
supramentale en eux. Pour ce faire, il faut que 
l'homme en arrive à pouvoir supporter la solitude de 
ce qu'il sait. Si l'homme nouveau est capable de 
supporter la solitude de ce qu'il sait, même si les 
mythes tombent et que les religions s'effondrent et 
que d'autres religions se forment et se reforment, cela 
ne change rien pour lui, car l'ensemble de ces 
phénomènes appartient à la continuité de l'évolution 
de la cinquième race-racine. Cela ne concerne en 
rien l'évolution de la sixième. On vit un peu 
aujourd'hui, sur le plan social mondial, la même 
terreur qu'on pourrait vivre vis-à-vis la nature : les 
volcans sautent, les rivières changent de lit et 
pourtant on continue à bâtir nos maisons. C'est la 
même chose au niveau de l'histoire, au niveau des 
conflits qui sévissent aujourd'hui. 

Ce n'est que dans son individualité intégrale 
que l'homme devient un intouchable. À partir du 
moment où il vit une conscience collective, grégaire, 
il est touchable. Et s'il est touchable, il est 


91 


affectable. Et s'il est affectable, il est incorporable. 
Et s’il est incorporable, alors on lui crée des mythes 
pour qu'il soit bien dans sa peau. C'est ainsi fait. 


FP - Toujours selon l'éminent psychanalyste- 
psychiatre, «Les Québécois sont en train d'unifor¬ 
miser leur vécu comme en milieu socialiste au point 
où cela est générateur d'ennuis. Et puis, ils sont si 
transparents dans leur vécu qu'il ne leur reste 
pratiquement plus d'identité personnelle. Le mystère 
de ce qui doit rester cacher dans la vie, ce qui doit 
être opaque n'apporte plus son appui. Il ne reste 
plus rien, ici comme en Europe, de l'espace 
personnel privé, de l'admirable mystère de 
l'homme ». 

BdM - Je vais vous parler de l'Europe pour vous 
faire comprendre le Québec. L'Europe est un pays 
qui s'est créé une âme synthétique. Elle a perdu son 
âme, celle des jeunes années, celle des périodes des 
épopées, elle a perdu l'âme des époques où il 
devenait intéressant pour l'Européen de contester sur 
le plan de l'idéologie et de vivre de la définition du 
marxisme, ou du capitalisme, ou de l'existentialisme, 
etc. L'Europe, pendant plusieurs années et jusqu'à 
très dernièrement, s'est illusionnée intellectuellement 
et a voulu se donner une image qui était de la 
« coultoure ». Elle a essayé, grâce à ce grand 
Charles de Gaulle, d'exporter de la « coultoure » au 
Québec ; mais elle s'est aperçu que la « coultoure » 
européenne n'intéresse pas le Québec, parce que 


92 


nous avons une autre « coultoure » qu'on travaille à 
développer, mais dont nous ne connaissons pas 
encore la forme. De temps à autre, il y a des 
chanteurs et des artistes d'ici qui vont en Europe 
présenter notre « coultoure » qui se recherche et les 
Européens, qui ne sont pas habitués à cette sorte de 
« coultoure », la trouvent intéressante parce qu’elle 
permet aux Français de ne pas être seuls au monde. 
Pour eux, le Québec est un peu comme un petit frère 
quelque part qui va arriver un jour en disant : « Il y 
a un lien entre nous. Vous n'êtes pas tout seuls. Ne 
vous inquiétez pas. Vous allez au-delà des mers. Si 
ce n'est pas au Québec, c'est en Louisiane. » La 
France n'aime pas être seule : elle veut être regardée, 
car elle est narcissique. Elle aime le miroir. Elle 
aime la flatterie de sa langue. Quand le Français 
parle, il s'écoute parler. Et tout ceci permet à la 
France de continuer à maintenir une certaine 
mainmise sur l'évolution de la « coultoure » fran¬ 
çaise. 


Au Québec, depuis quelques années, le jeune 
peuple a mis un peu de côté l'aspect archaïque de la 
religion et a commencé à investiguer un peu plus les 
aspects marginaux de l'irreligieux. Il a trouvé dans 
ceci un intérêt qui est encore extrêmement lézardé 
par des émotions et des illusions. Mais il s'est créé 
dans la province de Québec un fond d'information 
particulier à la province de Québec. Ce fond 
nouveau s'étend de plus en plus et commence à 
chicoter les oreilles parlementaires. Ce fond 
d'information énerve parce qu'il déchire les mythes, 


93 


fait sauter les bébés éprouvettes des idéologies 
anciennes qui veulent travailler avec une masse 
nouvelle. Le Québec d'aujourd'hui est un peuple à la 
fois nouveau et ancien, mais qui devient de plus en 
plus nouveau. Les gens qui étudient socialement et 
psychologiquement l'évolution d'une nation s'aper¬ 
çoivent qu'au Québec rien ne marche. Les paramè¬ 
tres qui aujourd'hui sont bons ne le seront plus dans 
deux ans, cinq ans. On ne peut pas fixer la 
conscience québécoise. On ne peut pas dire d'avance 
que dans vingt ans le Québécois sera rendu à tel 
point de son évolution. Cela fait partie de la richesse 
et de la spontanéité du Québécois. Les Québécois 
sont un grand peuple. Un beau peuple, naïf, encore 
très spirituel parce que toujours lié à sa mythologie 
et qui, un peu comme le peuple japonais, se voit 
obligé de restreindre son affection pour la 
mythologie s'il veut aller quelque part. Ce phéno¬ 
mène énerve les chefs d'œuvres, ceux qui « franc- 
maçonnent », ceux qui veulent maintenir le pouvoir. 
Et nous savons très bien que tous ceux qui sont le 
produit des grandes études, qui ont des liens avec les 
centres de recherche et des liens avec des niveaux 
d'autorité, sont des gens qui se tiennent ensemble 
comme des grappes de raisins. Ils sont tous des 
raisins, de beaux raisins. Mais ce n'est pas contre le 
raisin que l'on parle, nous parlons de la terre d'où 
viennent les raisins. La terre québécoise est une 
terre différente : les raisins y poussent différemment 
et malgré eux-mêmes. Le psychologue québécois est 
obligé d'être un raisin différent des raisins français, 
différent des raisins allemands, différent des raisins 


94 


américains parce que la terre québécoise est 
différente : son taux d'acidité est différent. Dans dix 
à quinze ans, ces sociologues, ces psychiatres, ces 
psychologues vont devenir des raisins très nouveaux 
parce qu'ils seront nés d'une terre neuve. Ils seront 
nés ou seront placés dans des contre-courants qui 
sont jugés infâmes dans d'autres pays. Ils seront 
obligés de faire des analyses qui frustreront leurs 
diagnostics, qui ne seront pas facilement assimilables 
parce que le peuple québécois possède une identité 
qui est particulière à lui-même. C’est un peuple 
initiatique. Tout peuple initiatique ne se comporte 
pas comme les autres peuples. Même si, au niveau 
de la masse, il ne le réalise pas, à travers les énergies 
qui fusionnent, se diffusent et pénètrent les 
consciences de ces hommes, il y a quelque chose de 
différent qui se rend historiquement concevable et 
historiquement observable. Le peuple québécois est 
un peuple particulièrement différent du reste des 
autres peuples en Amérique. C'est sa force et aussi 
sa démesure. Celle-ci dure un certain temps, après 
lequel le Québec doit s'ajuster, parce que ce n'est pas 
un peuple suicidaire. Il y a beaucoup de stabilité 
psychologique dans le peuple québécois, beaucoup 
plus qu'on ne le pense. Sans oublier qu'il a aussi 
beaucoup de sensibilité, ce qui accroît ses 
possibilités de subir l'émotivité historique de 
l'événementiel. 

Ceux qui observent et analysent le peuple 
québécois doivent comprendre ce qu'ils observent 
s’ils veulent donner à ce qu'ils observent une valeur 


95 


créative au lieu de simplement lui donner une valeur 
mémorielle. Comme cette dernière ne fait que réflé¬ 
chir le passé, elle crée dans le public qui reçoit de 
l'information, de la tristesse, de l'amertume ou, chez 
les parlementaires, de l'inquiétude politique. 

Un peuple est une masse d'énergie 
extraordinaire. Quand un peuple explose et se rend 
un peu plus à sa conscience, il fait des choses qui 
sont forcément mal perçues. Regardez la révolution 
française. Si le monde occidental peut reconnaître 
une grande chose à la France, c'est sa révolution de 
1789. La révolution française a été faite par qui ? 
Par des initiés. Amenée par des initiés puis soutenue 
par les masses. Il était impossible alors d'aller en 
Russie tsariste ou en monarchie anglaise ou dans 
d'autres pays demander l'accord des souverains pour 
qu'il y ait en France une explosion risquant de 
compromettre tout le système monarchique 
européen. Il y avait dans la conscience française une 
énergie, une force qui a donné aux peuples mondiaux 
la capacité de se libérer enfin du féodalisme et de la 
monarchie, laquelle exploitait le peuple en se vantant 
d'être supérieure et divinement douée. Cette énergie 
française a rendu possible l'entrée dans le monde de 
l'ombre de la démocratie. 

Chaque peuple a une fonction. Un jour, 
j'écrirai un livre qui décrira la personnalité des 
nations. Qu'est-ce que le Japon, qu'est-ce que 
l'Allemagne, qu'est-ce que la France, qu'est-ce que 
l'Angleterre, qu'est-ce que le Brésil, qu'est-ce 


96 


qu'Israël, qu'est-ce que les peuples arabes, qu'est-ce 
que l'Inde ? Chaque peuple a une fonction psychique 
créative sur une planète. Et le mouvement 
d'interrelation entre ces peuples est équivalent à 
l'interrelation psychique entre deux personnalités 
humaines. Les peuples ont des points forts et des 
points faibles, des qualités et des défauts. La 
diplomatie aide à neutraliser quelque peu ces forces 
qui créent à l'intérieur des peuples une conscience 
souvent souffrante. Nous devons commencer à 
regarder ce qu'il y a de puissant chez le Québécois, 
de fort, de créatif, même d'impulsif pour le moment, 
pour voir sa trajectoire, la lignée de son évolution, au 
lieu de regarder simplement des éphémérides qui 
indiquent que le peuple québécois est en voie de 
révolution psychologique, qu'il perd son contact avec 
la religion, qu’il perd le contact avec ses pères 
spirituels, qu’il perd le contact avec ses mythes. 

Quand vous regardez un enfant qui grandit ou 
un jeune qui, à un certain moment, vit une crise et 
s’en va dans cette direction, il ne s'agit pas de le 
mettre à terre, il s'agit de regarder dans quelle 
direction il va et de comprendre pourquoi il y va. En 
tant qu'hommes qui travaillons à l'intérieur de la 
société québécoise, nous avons à voir et à sentir le 
peuple, où ce peuple s'en va, comprendre les 
courants psychiques qui, lentement, d'une façon 
subtile, formulent la conscience un peu plus avancée 
d'un peuple qui arrivera demain à prendre conscience 
de choses qui laisseront l'Europe en arrière, et 
l'Amérique, et l'Inde et l'Afrique et l'Amérique du 


97 


Sud en arrière. Parce que le peuple québécois est un 
peuple initiatique. Tous les peuples initiatiques sont 
régis par des forces qu'ils ne comprennent pas. Par 
le passé, ces forces étaient infusées à travers une 
mythologie ou une doctrine religieuse. Demain, 
après l'an 2 000, le peuple québécois vivra son 
messianisme à travers l'explosion dans le monde de 
la vigueur d'une science qui n'a jamais été conçue, 
même aujourd'hui, sur le plan de la technologie et de 
la technocratie hydro-québécoise. 

L’homme doit voir et comprendre ce qui se 
passe au lieu de faire constamment référence à des 
sautes d'humeur qui accompagnent la scission de la 
vieille âme avec l'âme nouvelle, du vieux mémoriel 
avec la conscience nouvelle. Le peuple québécois 
est en voie de s'affranchir comme aucun peuple sur 
la terre ne l'est aujourd'hui. 

Pour les psychologues, les sociologues et les 
psychiatres qui s'énervent, il s'agit non simplement 
d'observer ce qui se passe dans la province de 
Québec, mais d'observer ce qui se passe en eux, qui 
reflète ce qui se passe dans la province de Québec. 
L'homme n'est pas séparé de la société, mais il a 
accès à une sorte d'intelligence individuelle qui lui 
permet de comprendre facilement le social. Si un 
homme est capable, individuellement, de comp¬ 
rendre et de savoir un autre homme, imaginez ce que 
ce même homme est capable de savoir d'une société, 
de ses courants, de ses émanations, de ses évolutions, 
de sa trajectoire. Ensuite vous pouvez prendre une 


98 


plume et écrire dans un journal que le peuple 
québécois, d'après vos observations, est en voie de 
changements profonds, en voie de transmuter d'une 
façon lente mais suffisamment rapide une relation 
émotive avec un archétype spirituel. 

Un jour, le Québécois pourra se présenter au 
monde politique, au monde de l'économie, au monde 
de la sociologie avec des idées neuves. Nous 
pouvons déjà sentir ce changement chez certains 
hommes dans la province de Québec, autant dans la 
politique que dans l'économie que dans la sociologie, 
qui commencent à ne pas penser comme tout le 
monde pense. 


FP - Est-ce que cette prise de conscience-là se fait 
aussi au niveau des femmes ? 

BdM - Effectivement. Et l'on blâme le féminisme. 
Quand nous parlons d'évolution, il faut le faire sur 
deux plans. Maintenant seulement, à la fin du XXe 
siècle, nous pouvons commencer à parler d'évolution 
sur deux plans : l'évolution sur le plan individuel, 
intégrai, et l'évolution sur le plan social. 
Éventuellement, il y aura séparation des deux, mais 
respect de l'un pour l'autre. 

Si nous regardons l'évolution de la province 
de Québec sur le plan des femmes, remarquons que 
les femmes d'ici ont été assujetties à la domination et 
à l'autorité mâle autant que les femmes européennes. 


99 


Seulement, les femmes au Québec n'avaient pas la 
capacité de se manifester en parole autant que les 
femmes européennes. L'évolution du féminisme au 
Québec s'est fait tard et aujourd'hui les femmes sont 
en train de prendre conscience, sur le plan social, du 
besoin d'appartenir comme les hommes à une 
machinerie qui sert à les nourrir et à satisfaire leurs 
besoins. Sur le plan collectif, il y a toujours et il y 
aura toujours des abus. La féministe fera des abus 
comme il y aura des abus dans d'autres domaines. 
Les abus font partie de la conscience involutive d'un 
peuple et appartiennent aussi à l'expérience des 
individus. Il y aura des féministes d'aujourd'hui qui 
deviendront demain créatives, elles n'auront plus 
besoin de cette forme d'identité de féminisme pour 
être bien dans leur peau. Aujourd'hui, le féminisme 
est une forme de béquille, comme la religion en est 
une, comme l'affectation pour certains partis 
politiques idéologiques en est une autre. À travers 
ces phénomènes, l'homme prend de l'expérience. À 
partir du moment où des féministes deviendront 
conscientes, alors elles seront libres et ne seront plus 
attachées psychologiquement au féminisme comme 
l'homme nouveau, l'homme conscient, n'est pas 
attaché psychologiquement à l'économie, à la 
politique ou aux conditions sociales. Cet homme est 
libre mais il travaille en relation avec ces sphères de 
l'activité humaine. Il est bien avec elles. Si la 
politique d'un pays fonctionne mal parce que celui-ci 
n'a pas le cerveau de se donner un parlement 
intelligent, l'homme est libre de partir. Si l'économie 
fonctionne mal, si les aspects sociaux lui déplaisent, 


100 


il est capable d'aller ailleurs. L'homme conscient est 
libre. La terre est sa planète, la terre est sa patrie. 
Mais comme il est né au Québec et qu'il y a des 
attaches, comme il y a chez lui quelque chose de 
valable, il s'occupe d'y vivre tant que cette forme de 
vie lui convient. Mais l'homme conscient n'ira pas se 
battre dans le politique ou l'économique ou le social, 
car il n'a plus de temps à perdre. L'homme conscient 
ne peut pas travailler sur le plan de la conscience 
collective. S'il le fait, il va le faire par voie 
interposée, d'une façon anonyme. Il est plaisant de 
travailler dans une société quand on est anonyme. 
Aller faire du porte à porte, pour parler de ce que l'on 
sait à des masses qui ne peuvent pas comprendre 
parce qu’elles font partie d'un autre âge, c'est perdre 
son temps. Le féminisme au Québec était nécessaire 
comme il était nécessaire dans tous les pays. Cela 
fait partie de l'évolution sociale et non de l'évolution 
individuelle. Cela ne fait pas partie de l'évolution de 
la conscience de l'homme, mais plutôt de l'évolution 
de la conscience grégaire de l'homme. Il y a des 
féministes aujourd'hui qui sont aussi emprisonnées 
dans leur féminisme que d'autres, qui ne le sont pas, 
le sont dans leur absence. Passer de gauche à droite 
ne change rien. Cela n'est pas de la conscience mais 
plutôt de l'expérience fondée sur un besoin émotif de 
se sécuriser. Mais l'homme ne peut pas se sécuriser 
vis-à-vis du social. Il doit le faire vis-à-vis de lui- 
même. Nous sommes obligés de donner au fémi¬ 
nisme sa valeur, sa fonction sociale évolutive, 
comme nous sommes obligés de donner aux 
révolutions leur valeur sociale évolutive. Mais un 


101 


homme conscient ne va pas aller faire la révolution 
ou la guerre. Car les guerres et les révolutions 
appartiennent au karma de l'humanité et de 
l'individu. 


FP - Quelle est la fonction du terrorisme 
international ? 

BdM - Sa fonction, sur le plan cosmique, est de 
forcer les peuples occidentaux à s'unir afin de briser 
la politique nationaliste qui a été imposée par 
l'Europe, qui a été copiée sur la monarchie d'une 
façon psychologique et qui empêche le monde 
moderne de se développer un gouvernement 
mondial. 

Le terrorisme est un des grands et derniers 
chocs qui vont servir à unifier enfin les 
gouvernements, les nationalités, ce que j'appelle les 
personnalités politiques des nations. Ils en 
arriveront, ces peuples, ces présidents, ces 
parlementaires, ces organismes, à fonder réellement 
un gouvernement mondial au-dessus de l'impotence 
archaïque des Nations-Unies. Voilà la fonction du 
terrorisme, quand je le regarde cosmiquement. Bien 
sûr, je ne peux pas être pour le terrorisme, pas plus 
que je ne peux être pour la guerre. 


FP - Parlons de l'état de la télévision, aujourd'hui, 
dans le monde. Avec quinze, vingt, trente chaînes, 


102 


c'est un outil qui pourrait être quelque chose 
d'extraordinaire au niveau de l'éducation du peuple 
ou des masses, alors que l'homme s'en sert comme 
d'un instrument d'abrutissement. 

BdM - Si vous saviez la différence entre de la 
conscience et de l'inconscience, si vous saviez le 
pouvoir de la conscience, si vous saviez ce que la 
conscience pourrait créer comme bouleversement 
dans le monde de l'inconscience ! Tout ce qui se 
passe dans le monde fait partie de la conscience 
expérimentale de l'humanité. Nous vivons un cycle 
dans lequel des pouvoirs énormes manipulent tout le 
matériel. C'est à la fin du cycle, lorsque sera 
reconnu dans le monde ce que l'on peut appeler 
aujourd'hui le grand initié, qui travaillera à partir 
d'un corridor éthérique, qu'il se produira des 
changements profonds pour l'évolution et la synthèse 
de la civilisation occidentale. D'ici là, tout ce qui se 
passe fait partie des bonnes intentions des hommes, 
de leurs erreurs, de leur concupiscence, de leur 
inconscience. Avec le temps, il y a de plus en plus 
d'ajustement, de plus en plus de conscience sociale 
capable de mettre de l'ordre dans un certain désordre. 
Il y a effectivement, dans nos pays surtout, beaucoup 
de démocratie, mais il y a aussi beaucoup d'activités 
anti-homme. Ces dernières font partie de l'impos¬ 
sibilité pour les humains de converger sur le plan 
technique vers l'exploitation maximale d'une science 
technologique, car tous les hommes n'ont pas encore 
vécu ce que j'appelle le grand choc. Lorsque les 
hommes auront vécu ce grand choc, vous verrez 


103 


toute cette instrumentation technologique changer de 
direction et commencer à être utile à l'humanité, 
autant sur le plan de la pollution que sur ceux de la 
technique, de l'information ou de la désinformation, 
car tout sera modifié. Mais il n'y aura pas de chan¬ 
gement tant que ce personnage ne sera pas connu 
dans le monde. Alors seulement des changements 
surviendront, car la descente sur la planète terre des 
forces supra-mentales concrétisées dans le cerveau et 
la personne humaine de cet être-là sera l'expression 
des forces cosmiques. Aucun gouvernement, aucun 
ordre, aucune religion, rien ne pourra empêcher la 
réorganisation psychologique de l'humanité, la 
réintégration sur terre d'un nouveau pouvoir évolutif. 
Cela fera partie du nouvel âge. Aujourd'hui, nous 
expérimentons parce que nous avons énormément de 
contacts karmiques avec les Atlantes ; nous sommes 
en train d'expérimenter une nouvelle technologie qui, 
de par sa propre mécanicité, ouvre constamment des 
portes. À cause de sa passion, de sa concupiscence, 
de son besoin de créer sans cesse à partir du bas, 
l'homme est obligé de créer, changer, créer, changer, 
au lieu de développer et de maintenir une continuité 
dans les produits. Voilà pourquoi il existe 
aujourd'hui une véritable cacophonie dans la 
production mondiale de toutes les choses, et l'homme 
est celui qui est exploité sur le plan marketing, 
politique, social, à tous les niveaux. Voilà pourquoi 
je dis que nous entrons dans l'époque de 
l'individualité intégrale. Comme jamais auparavant, 
l'homme ne peut plus se permettre de penser comme 
l'homme ancien, de subir sa vie comme l'homme 


104 


ancien et d'être affaissé émotivement par ce qui se 
passe d'une façon discontinue dans le monde. 

L'homme, dans sa conscience individualisée, 
n'est plus affecté par ce qui se passe dans le monde. 
Si nous observons ce qui se passe dans le monde et 
que nous ne comprenons pas ce qui se passe dans le 
monde, nous sommes affectés. Voilà pourquoi il 
importe de comprendre et ensuite, lorsque nous 
observons, de voir à ce que nos observations ne nous 
affectent pas. Si nos observations nous affectent, 
alors nous ne comprenons pas bien. Là réside le 
danger, car c'est là que les masses sociales peuvent 
vivre une défaillance psychique qui, sur le plan 
individuel, devient une dépression, ou un 
mouvement vers le suicide, et ainsi de suite. 

Quand je parle de l'homme, je parle toujours 
de l'homme individualisé. Je ne parle jamais de 
l'humanité. Je sais que sur le plan de l'humanité, il y 
a des choses qui doivent être vécues. Je vous dis par 
exemple que, au XXIe siècle, il y aura sur notre 
planète l'ouverture d'un tunnel éthérique et que 
l'ouverture de ce plan parallèle avec la matière 
permettra à des hommes d'entrer en contact avec une 
nouvelle dynastie. Les hommes, télépathiquement 
dans le monde, quelle que soit leur position 
géographique, seront en contact avec une nouvelle 
dynastie qui travaillera sur des plans qui ne font pas 
partie aujourd'hui de l'expérience psychologique de 
l'homme. Quand je regarde ce qui se passe dans le 
monde, je vois que nous arrivons à une porte et que 


105 


plus nous arrivons vers la porte, plus la pression est 
grande dans la porte : ce sont les événements 
mondiaux. Je vois qu'à un certain moment cette 
porte s'ouvre et que surgit alors la clarté, la lumière ; 
c'est le choc qui permet à des individus de passer 
dans une autre dimension, s'ils sont capables de vivre 
cette nouvelle énergie, alors que d'autres meurent de 
frayeur. 

Lorsque nous parlons des événements 
mondiaux et du terrorisme, il faut en parler d'une 
façon intelligente. Je vous ai expliqué la fonction du 
terrorisme international : sur le plan cosmique, il 
force les nations à s'unir ensemble afin de briser le 
nationalisme, cette psychologie parcimonieuse des 
peuples, briser le manque de fraternité politique 
entre eux. Forcer les peuples à prendre enfin des 
décisions unanimes. Sur le plan cosmique, le 
terrorisme est essentiel et nécessaire et il durera tant 
qu'il sera nécessaire qu'il dure. Les peuples et les 
nations ne pourront jamais arrêter le terrorisme parce 
qu’il constitue l'ultime arme politique astrale. Car 
l'arme ultime n'est plus la guerre. Aujourd'hui les 
nations sont capables de contrôler la guerre mais ne 
peuvent pas contrôler le terrorisme. Les nations ont 
à apprendre à travailler ensemble pour créer un 
monde nouveau. Nous vivons du terrorisme parce 
qu'il y a des Américains, des Arabes, des Juifs, des 
Français, des Allemands, et il y a des peuples qui ne 
connaissent pas et ne comprennent pas l'esprit de ces 
peuples. Chaque peuple a un esprit. Le Chiite 
possède un esprit, comme le Palestinien a le sien, 


106 


comme le Juif, le Français, l'Américain, le 
Canadien... Tous ces esprits doivent un jour être 
unifiés. Mais l'unification est impossible aujourd'hui 
parce qu'il n'y a pas de pouvoir créatif sur terre. Le 
seul pouvoir qui existe est para-politique : le terro¬ 
risme. 


Le terrorisme est simplement la continuité, 
dans l'épreuve humaine, de sa politique insouciante, 
inconsciente, souvent machiavélique, qui manque de 
vision même dans les moments où il devrait en avoir. 
Je n'ai aucune sympathie pour les gouvernements qui 
ne savent pas gouverner. 


FP - Assistons-nous alors à un changement de 
valeurs ? 

BdM - C'est un changement de valeur profond qui 
terrorise le psychisme humain et permet à l'homme 
de se rendre compte que la conscience collective et 
les idéologies sont de l'engrais semé dans la terre 
humaine pour faire pousser des mauvaises herbes. 
Aucune idéologie sur notre planète n'est pro¬ 
homme ; elles sont toutes anti-homme. Nommez- 
moi n'importe quelle idéologie, je vous démontrerai 
qu'en fait elles sont toutes anti-homme. Ce n'est pas 
quand ces idéologies germent qu'elles sont 
dangereuses. Ni quand elles sortent du cerveau des 
initiés. — Quand je parle des initiés, je parle de ces 
hommes qui se fondent avec l'évolution, à un niveau 
ou à un autre. - C'est quand elles sont manipulées 


107 


par ceux qui viennent après. Ce n'est pas le 
Nazaréen qui est responsable du scandale de la 
banque d'Italie. Ce n'est pas le Nazaréen qui est 
responsable du blanchissage de l'argent, de la mafia, 
à travers le Vatican, sous l'œil vigilant d'un grand 
monseigneur. Ce n'est pas Marx qui a mis dans 
l'esprit du communisme la tentation de vouloir 
contrôler ce que l'homme pense, de lui dicter ce qu'il 
a le droit de penser. 

Si vous me demandez quel est le peuple 
aujourd'hui qui est le plus intelligent de la terre, je 
vous dirai que c'est le peuple chinois. Il a passé par 
le féodalisme, qui a passé par une révolution, puis 
par l'autre révolution, culturelle cette fois, et qui 
aujourd'hui va aux États-Unis demander à ces 
compagnies américaines de leur amener à Pékin un 
« fast food » pour nourrir les masses. Ce peuple 
regarde dans le monde ce qui se passe et qui serait 
bon pour lui au lieu d'entretenir l'impression qu'il est 
obligé de vivre une forme de communisme, qui ne 
représente en fait que de l'exploitation des peuples 
slaves. 


Les philosophes français, comme Jean-Paul 
Sartre et d’autres, et certains philosophes anglais ont 
eu la responsabilité de maintenir dans la pensée 
européenne l'espoir d'un marxisme-communisme 
intégral. Ils se sont tous trompés. 


108 


FP - N'était-ce pas justement à l'intelligentsia de 
dénoncer cet état de choses ? 

BdM - Au lieu de le faire, ils se sont fait prendre 
parce qu'ils ont pensé que, dans l'idéologie 
communiste, il y avait de l'intelligence. Il n'y a pas 
d'intelligence, il n'y a que de la démagogie. Ce qui 
est intelligent, c'est de demander à un peuple quels 
sont ses besoins. Et non pas imposer à un peuple ce 
qu'on croit être ses besoins. Ce qui rend l'Amérique 
forte, ce qui lui donne sa puissance économique, 
c'est qu'elle est constituée de peuples venus de tous 
les pays de la terre après avoir souffert l'oppression 
sous toutes ses formes, de peuples qui n'en pouvaient 
plus de se faire dire comment faire les choses. Ils 
ont formé une nation qui, aujourd'hui, d'État à État, 
possède une conscience unique : Californie, Alaba- 
ma, Texas, etc. Ils ont tous une conscience unique et 
toute cette conscience, ensemble, forme les États- 
Unis d'Amérique. Là réside la force de l'Amérique : 
en tant que nation, sur le plan de la régionalité 
parlementaire, elle a maintenu une sorte d'indivi¬ 
dualité. 

Si jamais les Russes entreprennent un conflit 
avec l'Amérique, ils vont se faire sauter. Je regarde 
cosmiquement les choses, c'est-à-dire sans émotions. 
Quand Truman a laissé tomber les deux pruneaux sur 
le Japon, il l'a fait pour dire aux Russes, qui sont les 
grands antagonistes de l'Amérique, que « when you 
can do it once, you can do it twice ». Depuis ce 
temps-là, les Russes ont la frousse de l'Amérique. 


109 


Les Américains sont un peuple pacifique, ils ne sont 
pas intéressés à la guerre, ils sont intéressés à Las 
Vegas, aux buildings, à construire. Ce sont des 
Romains, les Américains. Ils ne sont pas intéressés à 
la guerre mais, poussés contre le mur, ils vont tout 
foutre en l'air. Demandez à n'importe quel initié de 
faire une étude occulte de l'Amérique et de la 
Russie : il vous dira que l'Amérique est supportée 
par les forces de la lumière, très loin, derrière 
beaucoup de brume, et que la Russie est supportée 
par les forces des ténèbres. Reagan avait raison sans 
le savoir lorsqu'il disait que la Russie est l'empire du 
mal. 


Lorsque vous voulez parler de choses 
semblables et répondre à des questions, il faut 
toujours le faire cosmiquement, jamais 
psychologiquement, jamais d'une façon universitaire, 
toujours d'une façon qui maintient intégralement la 
relation entre la conscience de l'individu sur terre et 
sa conscience cosmique sur les autres plans. Alors 
vous ne risquez pas de vous tromper, de parler pour 
rien et de parler quand vous devriez vous taire. 
Quand vous parlez, demeurez anonyme. 


FP - Qu'est-ce qui nous permet d'accéder à cette 
façon de voir les choses ? Comment franchir la 
porte dont vous parliez plus tôt ? 

BdM - La seule chose qui empêche l'homme de 
franchir la porte est la crainte de ce qu'il pense. Les 


110 


hommes ont la crainte. Quand je parle, il m'arrive de 
dire des choses qui vont parfois énerver des gens. 
Mais je ne dis rien de neuf. Je parle d'une façon 
nouvelle mais je ne dis rien de neuf. Ce que je dis, 
l'homme le sait dans le fond de son être. Va-t-il 
vivre ce qu'il sait ? C'est une autre chose ! Tous les 
gens le savent. L'intelligence appartient à tous les 
hommes, elle est diffuse dans tous les hommes. 
Mais ils ont peur de la vivre, leur intelligence, parce 
qu'avant de la vivre en public, comme moi je le fais, 
il faut la vivre dans le privé, dans l'intériorité et le 
doute de soi-même. 

Le plus grand problème de l'homme est qu’il a 
peur d'être dans l'erreur. Tous les hommes ont peur 
de faire des erreurs. Qu'est-ce qu'une erreur ? Une 
illusion ! Toutes les erreurs sont bonnes. L'homme 
a peur de faire des erreurs, il a peur de se damner, il 
a peur d'aller en enfer, il a peur de rencontrer Jésus 
sur le mauvais côté de la scène. Et si au lieu de 
rencontrer Jésus il allait rencontrer Satan... Satan, 
c'est Jésus déguisé. Par la crainte de l'erreur, les 
religions ont maintenu leur pouvoir sur la 
psychologie de l'homme et infusé ainsi dans son 
psychisme cette impotence séculaire qui a caractérisé 
son involution. L'homme a peur de l'erreur. L'erreur 
de quoi ? 


FP - Est-ce que dans 2 000 ans nos descendants 
parleront de la mythologie du sur-homme ou du 
supra-mental ? 


111 


BdM - Non. L'évolution de la conscience supra- 
mentale sur terre appartient à une autre forme de 
conscience. Il n'y aura plus de mythes. Ce sera la 
science. La mythologie, les religions, les spiritua¬ 
lités existent parce que l'homme n'est pas capable de 
communiquer télépathiquement avec les circuits 
universels. S'il en était capable, il saurait ce qui se 
passe. Mais il ne peut pas, car il possède un mental 
inférieur directement relié à son émotivité et cela ne 
passe pas. Nous sommes tous radiophoniques, les 
ondes passent dans notre cerveau et s'enregistrent. 
Mais l'homme ne se sert pas encore de son cerveau. 
Il apprendra à le faire avec le temps et deviendra 
intelligent d'une façon intégrale. 


112 


113 


MATIÈRE - VIE - ÉNERGIE 


FP - Sujet très vaste que celui de l'énergie, de la vie 
et de la matière. Sujet passionnant qui suscite 
beaucoup de questions et peu de réponses, certaines 
provenant de la science, d'autres de la religion, de 
l'intuition pure ou de la métaphysique, notamment à 
propos des causes de la vie et de sa finalité. 

D'où vient le pouvoir qu'a eu la matière 
d'engendrer l'évolution, la propriété progressive de 
l'atome d'entrer en combinaison et en organisation 
avec d'autres atomes, pour que la vie, puis l'homme, 
apparaissent ? 

BdM - La vie ne commence pas sur le plan matériel, 
elle n'a rien à faire avec la matière. Ce que nous 
appelons la matière est une condition de 
condensation d'énergie qui résulte de la descente 
vibratoire de ce que nous appelons des forces vitales 
sur un plan rayonnant suffisamment bas en vibration 
pour permettre que cette énergie s'organise en terme 
de structure atomique ou moléculaire. 

La vie telle que nous la connaissons sur le 
plan matériel n'est que l'expression finalitaire, ultime 
de cette descente d'énergie. Pour comprendre la vie, 
il faut la définir. Elle ne peut pas être définie en 


114 


fonction des paramètres psychologiques qui sont 
conditionnés par l'expérience sensorielle. La vie ne 
peut être définie qu'en fonction du pouvoir de ce que 
nous appelons aujourd'hui l'esprit. L'esprit est aussi 
un mot qui doit être défini, car tous les mots font 
partie d'un certain niveau de forces vitales rattachées 
à un plan ou à un autre; tous les mots contiennent en 
eux-mêmes les limitations expressives qui donnent 
naissance, sur le plan humain, à une condition 
quelconque de compréhension. 

Pour comprendre le mot esprit, l'homme doit 
être capable de se libérer de tout ce qui est mémoriel 
afin de pouvoir créer des mots, c'est-à-dire un 
système de pensée qui lui permet d'investiguer 
créativement et individuellement, dans une 
autonomie totale, le plan infini de la création. 
L’esprit peut donner à l'homme des réponses qui 
conviennent à la totalité organisée de l'énergie, il n'a 
pas besoin de support psychologique, sensoriel ou 
matériel pour interpréter la réalité. Mais l'homme ne 
peut avoir accès à cette énergie, qui est supra- 
mentale, qu'en fonction de sa capacité de laisser 
couler en lui cette énergie, c'est-à-dire de ne pas 
l'intercepter à travers le plan émotionnel ou à travers 
le plan de sa mémoire. Alors l'homme peut 
commencer à savoir ce qu'est la vie, comprendre la 
relation entre la matière et ce que nous appelons la 
vie, c'est-à-dire ces forces éthériques qui font partie 
de l'organisation ultime de la conscience, mais qui 
n'ont rien à faire avec ce que nous appelons la vie sur 
le plan matériel, ou en fonction des globes existant 


115 


dans notre système solaire ou dans les univers 
locaux. 

Pour que l'homme comprenne la vie, il faut 
qu'il soit lui-même en vie. Mais l'homme n'est pas 
en vie. Il est plutôt un mort vivant parce qu'il vient 
de l'astral, ce plan d'expérience qui est le produit de 
l'activité de la mémoire. L'homme n'est pas un être 
vivant, preuve en est qu'il n'a pas accès à 
l'immortalité. L'homme est un être provenant de 
plans qui sont sous-tendus par ce que nous appelons 
les forces de la vie, plans qui font partie de 
l'expérience de la mémoire des cycles de 
réincarnations et qui n'ont pas accès à ce que nous 
nommons la connaissance parce que ces plans sont 
réflectifs, mémoriels et non créatifs. 

Pour que l'homme ait accès à la connaissance, 
il faut qu'il ait accès à une partie de lui-même qui est 
en dehors du monde de la mort et qui appartient à ce 
que nous appelons aujourd'hui l'esprit. Demain, nous 
devrons redéfinir ce concept afin de faire sortir du 
mot l'aspect ultimement autonome, multidimen¬ 
sionnel, ultimement libre du mémoriel, et qui permet 
à l'homme de pouvoir enfin entrer en résonance 
supra-mentale avec une énergie qu'on appelle vie, 
mais qui s'applique à l'expression et à la coordination 
de toutes ces forces vitales qui finissent sur un plan 
inférieur appelé le monde matériel. 

Lorsque nous parlons de la vie, nous en 
parlons en fonction de nos sens, de notre système 


116 


nerveux, et non en fonction de son origine. Pour que 
l'homme puisse avoir une idée suffisamment précise 
de l'origine de la vie, il faut qu'il soit lui-même 
présent dans son origine, présent dans ce que nous 
appelons l'intelligence supra-mentale ou intelligence 
pure, ou intelligence déconditionnée, libre des 
différentes facettes mémorielles infusées en lui par 
l'expérience historique de l'humanité, de sa civili¬ 
sation, de sa culture, de sa race. L'homme doit être 
absolument libre. Absolument indépendant dans son 
esprit pour pouvoir avoir accès à l'aspect créatif de 
son esprit, qui fait partie de cette vie individualisée 
dans sa chair, mais capable de lui donner des 
réponses qui ne sont ni colorées ni colorables par les 
formes de l'ego. 

L'ego ne peut pas contrôler ce que nous 
appelons la connaissance, ou le savoir. Le savoir est 
de l'intelligence et de l'intelligence ce n'est pas ce 
que nous appelons de l'intelligence. De l'intelli¬ 
gence, c'est simplement de l'énergie. Alors que ce 
que nous appelons l'intelligence est plutôt une forme 
basée sur l'accumulation des aspects psychologiques 
de notre race pendant des millénaires. Ces formes 
ont ainsi atteint une certaine autorité du seul fait 
qu'elles remplissent une fonction historique, 
psychologique, collective qui, tout en différant de 
l'intelligence, concerne un certain niveau de 
compréhension ou d'expérience psychologique que 
nous appelons, sur notre planète, la connaissance 
humaine. 


117 


La vie est absolument libre de l'homme. Elle 
fait partie de l'homme, l'homme est libre en elle et ne 
peut pas la conditionner sur le plan psychologique 
pour avoir ce que nous nommons le savoir, c'est-à- 
dire pour avoir accès à l'infinité des dimensions de la 
réalité, ce qui donne à l'homme la capacité de 
comprendre tout. En passant de l'involution à 
l'évolution, il doit tout comprendre parce que ne pas 
comprendre signifie ne pas être intelligent. 

Il faut un jour que l'homme en arrive à 
pouvoir comprendre les lois de la matière comme les 
lois de l'esprit, celles de l'émotion, celles de la 
pensée. Il faut que l'homme sache ce qu'est une 
pensée, d'où vient une pensée, ce qu'est la causalité, 
ce qu'est la loi de cause et d'effet. Cette loi existe-t- 
elle ? Le temps existe-t-il ? L'espace existe-t-il 
comme nous le croyons ? Si l'espace et le temps 
n'existent pas comme nous le croyons, ils doivent 
exister d'une autre façon. Alors, il est essentiel que 
l'homme comprenne les autres dimensions de cette 
relation spatio-temporelle afin de définir des réalités 
ou des aspects de vie qui dépassent le sensoriel et qui 
l'amènent éventuellement à comprendre des aspects 
de la matière beaucoup plus subtils que ceux que 
nous connaissons. 

Nous avons découvert depuis un certain temps 
que l'atome est beaucoup plus subtil à l'œil que nous 
n'aurions pu le croire au début. Maintenant que nous 
entrons dans son monde, nous nous apercevons que 
l'atome est toujours plus subtil à mesure qu'on 


118 


l'étudie. La science contemporaine fait face au 
dilemme de l'infinité. 

Qu'est-ce que l'infinité ? Parler de l'infinité 
est une chose, mais nous devons savoir ce que c'est. 
L'homme ne peut pas se permettre d'utiliser des mots 
dont il ne comprend pas essentiellement la valeur ou 
la nature. L'homme ne peut pas utiliser le terme 
Dieu sans savoir ce qu'est Dieu, ni le terme âme, ni 
rien d'autre sans savoir ce que veut dire ce qu'il 
u t ilise. Sinon il reste un être conditionné par le 
mémoriel, assujetti aux lois de l'involution, aux lois 
de l'histoire, aux lois de la race et de la civilisation. 
Et l'homme dans toute cette situation perd 
éventuellement toute individualité, c'est-à-dire toute 
créativité. Comme il devient ainsi incapable de 
comprendre la relation entre la vie et la matière, il se 
met à croire que la matière est à l'origine de la vie. 
C'est une illusion. La matière est le produit final de 
la descente de la vie dans les éthers du cos¬ 
mos. La matière a été créée en fonction d'un 
besoin qu'ont certains niveaux d'intelligence de vie 
qui ne peuvent pas prendre de formes dans les éthers 
où elles vivent et évoluent, afin que, éventuellement, 
lorsque cette matière aura donné naissance à des 
composantes beaucoup plus complexes, tel l'homme 
d'aujourd'hui, ces éthers, ces intelligences, puissent 
entrer en fusion avec l'homme et créer sur la planète 
terre comme sur d'autres planètes un homme 
nouveau. Celui-ci sera capable de dépasser les con¬ 
ditions spatio-temporelles de sa sensorialité pour 
entrer dans des conditions spatio-temporelles qui 


119 


relèvent de son corps éthérique, son autre nature, qui 
l'amèneront à pénétrer les mystères de la vie, et à 
entrer finalement en communication avec les 
intelligences qui sont les créateurs des systèmes de 
vie. Ceci amènera ainsi l'homme au cours des 
siècles à en venir à converser avec la vie et à devenir 
un maître de la nature, capable de créer sur le plan 
où il est de la même façon que ces autres 
intelligences créent sur les plans où elles s'exécutent. 

L'homme ne peut pas être simplement le 
produit statistique et mécanique d'une civilisation en 
involution qui vit simplement sur les attributs 
émotionnels de son historicité pendant des 
millénaires. Ni le produit du conflit historique entre 
les polarités créées par les différentes idéologies 
présentes sur notre globe, que nous soyons en Orient 
ou en Occident, dans telle religion, telle philosophie, 
telle métaphysique ou telles écoles scientifiques. 
L'homme doit devenir le produit unitaire d'une 
conversion intégrale de l'énergie qu'on appelle la vie, 
en une fusion capable de lui donner éventuellement 
la capacité d'être libre. Il pourra ainsi engendrer sur 
le plan où il est, à la mesure de sa capacité d'intégrer 
cette énergie, de la même façon que d'autres 
intelligences sur les plans qui sont aujourd'hui 
invisibles à la plupart des hommes, peuvent 
engendrer, en relation avec des cosmos dont la 
spatio-temporalité dépasse de beaucoup les 
dimensions de notre physicalité terrestre, nucléaire, 
solaire, telle que nous la connaissons aujourd'hui sur 
le plan de l'astronomie universelle. L'homme entre 


120 


dans une nouvelle évolution où il sera capable, à 
cause de cette connexion avec les forces de vie qui 
se rendront perceptibles à lui à travers une 
conscience mentale supérieure totalement libre de 
l'historicité, de comprendre les lois de la vie, de 
l'involution, de la mort, de l'immortalité, les lois de 
la science future, celles d'une science qui dépassera 
de beaucoup la science mécaniste que nous avons 
aujourd'hui. L'homme pourra enfin rencontrer son 
destin, c'est-à-dire sentir pour la première fois en lui- 
même qu'il fait bon vivre sur sa planète, même si 
celle-ci est très éloignée dans le cosmos des grands 
centres confédératifs de l'évolution. Il aura enfin 
réalisé qu'il est vie. Tant qu'il n'aura pas réalisé qu'il 
est vie, il ne pourra pas comprendre la matière, la 
travailler avec son mental, la commander. Car il ne 
saura pas qu'étant vie, il possède un esprit dont le 
taux vibratoire est supérieur à la matière. Le taux 
vibratoire de cet esprit, par les lois de la conséquence 
inévitable de l'infinité versus le radium psycholo¬ 
gique de toute conscience matérielle, permet à 
l'individu, sur une planète ou sur une autre, de 
contrôler la matière, de l'ordonner, comme les 
intelligences sur les autres plans ordonnent les 
champs de forces qui font partie du cosmos éthérique 
d'où nous, les hommes, sommes venus. 

Du XXIe siècle jusqu'à la fin de la septième 
race-racine, l'homme en arrivera éventuellement, 
toujours sur le plan individuel, à pouvoir raccorder la 
vie à la matière. Il comprendra la matière, en con¬ 
naîtra les limitations et pourra leur donner un taux 


121 


vibratoire qui permettra à la matière de devenir 
encore beaucoup plus grande, beaucoup plus belle, 
davantage assujettie aux lois du commandement 
créatif de toute conscience créative, mais ajustée à la 
conscience de l'homme. 

Lorsque je dis que l'homme est un mort 
vivant, je dis que l'homme vient du monde de la 
mort. Il est, vit et connaît sur terre une simple 
conscience mécanique. L’homme ne peut pas penser 
par lui-même, il pense avec les pensées de sa 
civilisation, de sa race, de sa culture. Il pense avec 
les pensées de la mémoire. L'homme n'a aucune 
individualité, il n'a aucune personne, il possède de la 
personnalité mais n'a pas de personne. L'homme 
devra passer de la personnalité à la personne. Alors 
les mystères de la vie n'existeront plus pour lui, il 
sera dans son essence, sur le plan matériel ou sur un 
autre plan, mais il deviendra indivisible dans sa 
nature. S'il doit laisser son corps matériel, il 
maintiendra sa conscience et ne retournera plus au 
monde de la mort, de l'astral ; il ne sera plus sujet 
aux lois réincarnationnelles, ces lois des cycles de 
vie, et il pourra poursuivre son évolution sur d'autres 
plans en relation avec l'origine intelligente de son 
énergie. Cette origine est son intelligence qui n'a 
jamais été connue auparavant sur le plan de 
l'expérience, mais qui le sera dès qu'il pourra 
fusionner avec elle. Pour y arriver, l'homme doit se 
désintoxiquer d'une façon totale de ce que nous 
appelons le mémoriel psychologique de l'involution. 


122 


Les scientifiques affirment que l'hydrogène 
est responsable de l'origine de la vie. Je vais vous 
expliquer ce qu'est l'hydrogène. C'est une façon qu'a 
l'énergie de se rendre évidente dans le monde spatio- 
temporel. Un atome d'hydrogène est la condensation 
de l’invisible dans le matériel, c'est le premier point 
d'entrée de l'énergie de la vie dans ce que nous 
appelons le spatio-temporel. Un atome d'hydrogène 
représente déjà, sur le plan de la matérialité, un 
aspect de ce que nous appelons de la conscience. Et 
pourquoi est-il important cet atome d'hydrogène ? 
Pour la simple raison qu'il est très simple. Il est le 
plus simple des atomes et sa simplicité lui permet de 
faire passer son énergie facilement avec d'autres 
atomes avec lesquels il possède une affinité, 
engendrant ainsi un processus d'agglomération qui 
permet à la matière de se complexifier. L'atome est 
la rentrée de la conscience dans une spatio¬ 
temporalité relativement basse en vibration mais 
suffisamment stable pour permettre à l'invisible, à 
l'énergie de la vie de se rendre consciente, c'est-à- 
dire de prendre une forme. L'hydrogène représente 
la forme la plus simple que possède ou que peut 
posséder, sur un plan spatio-temporel, ce que nous 
appelons la vie. Voilà pourquoi l'hydrogène est si 
important. Le problème avec la science, ce n'est pas 
la science en elle-même mais plutôt l'homme qui ne 
connaît pas tous les aspects de l'intelligence créative. 
Il ne peut pas travailler avec la matière d'une façon 
qui soit parfaitement sécuritaire, créative, continue, 
parfaitement capable de donner des résultats au bout 
de deux siècles, trois siècles, quatre siècles, mille 


123 


ans, des résultats qui ne vont pas contre la 
conscience de la terre ni contre celle de l'homme. 
Voilà ce que la science n'est pas capable de créer. 

Nous avons des déchets d'uranium et de 
matières polluantes sur notre planète et plus nous 
avançons, plus nous avons des problèmes de 
localisation de ces matières. L'homme doit 
neutraliser les aspects négatifs de cette matière qui a 
été donnée par le choc de la fission. Il n'est pas prêt 
pour donner à la matière une seconde naissance 
parce qu'il n'a même pas connu sa propre naissance. 
Un jour, l'homme découvrira que ce que nous 
appelons aujourd'hui la connaissance scientifique est 
une connaissance qui fait partie de la communication 
télépathique inconsciente entre le plan de la mort et 
le plan de la vie mortelle sur notre planète. Ce que 
nous appelons la science n'est qu'un aspect de 
connaissance extrêmement limité qui lui est soufflé à 
travers ses pensées, inconsciemment et sans qu'il le 
réalise, à partir d'un plan d'où il vient et avec lequel 
il a eu pendant des siècles des relations : le plan 
astral. Mais nous ne connaissons pas encore le plan 
de la mort, nous n'avons pas suffisamment commu¬ 
niqué avec les intelligences qui sont sur ces plans, 
dans ces mondes qui sont parallèles au monde de la 
terre et nous ne réalisons pas que l'homme, 
l'humanité dans sa totalité, est conditionné sur le plan 
psychologique par ce que j'ai déjà appelé le 
mensonge cosmique. 


124 


L'homme devra un jour transmuter l'énergie 
en intelligence mais ne jamais vivre l'intelligence à 
partir des formes qui relèvent d'une historicité 
mécanique. L'homme devra engendrer sur terre ce 
que nous appelons l'intelligence. Celle-ci n'existe 
pas dans le cosmos en terme absolu. Elle est une 
énergie qui doit être transmutée, elle doit être 
amenée lorsque l'homme a des centres d'énergie 
suffisants pour la capter. Ce que nous appelons 
l'intelligence, la connaissance, cela n'existe pas. 
Mais nous avons l’impression que cela exis¬ 
te. À partir du moment où l'homme a l'im¬ 
pression que la connaissance existe, la connaissance 
à laquelle il a accès est une connaissance qui fait 
partie du monde de la mort, car elle appartient à 
certaines intelligences qui contrôlent l'involution. Ce 
n'est pas une intelligence créée par l'homme. 
L'homme un jour devra dire l'atome de ceci est fait 
de telle façon. Les lois de la vie dans le corps 
matériel sont faites de telle façon. Ce que nous 
appelons dieu est telle chose ; l'espace est telle 
chose, la matière est telle chose, le magnétisme est 
telle chose, le feu est telle chose, les globes, les 
systèmes solaires sont telles choses. L'homme devra 
par lui-même définir sans aucune relativité la nature 
des choses, sinon il sera toujours prisonnier des 
formes anciennes de l'involution, prisonnier d'une 
certaine hiérarchie de pouvoir de la connaissance. Si 
nous parlons de l'homme encore moins évolué, plus 
emprisonné dans l'astralité de la conscience humaine, 
celui-ci sera prisonnier de la religion, des 
sorcelleries, des idéologies, et ne pourra jamais sortir 


125 


de lui-même ni composer avec l'énergie : il ne sera 
jamais lui-même. 

Les mystères n'existent pas. Ce sont les 
connaissances hiérarchisées qui découlent de 
l'autorité séculaire des peuples, des nations, des races 
qui ont donné à l'homme l'impression que les 
mystères existent. Il revient à l'homme de définir le 
réel ; ce n'est pas à l'historicité, à la conscience 
collective, aux idéologies spirituelles ou temporelles, 
de le faire. Ces aspects de l’involution font partie du 
besoin émotionnel de l'homme. Une fois qu'il est 
arrivé à un certain niveau de conscience supra- 
mentale, il n'a plus besoin de cette béquille. 
L'homme n'a plus besoin de la collectivité ou de la 
conscience collective pour savoir. Il est libre de 
contester toutes les formes parce qu'il a le pouvoir de 
dicter sur le plan matériel les lois de l'énergie. 
Quand l'homme est capable d'exercer ce droit sur le 
plan matériel, il est capable d'entreprendre par lui- 
même, à cause de son intégration avec sa propre 
énergie, le grand acheminement qui le mènera de la 
cinquième race-racine à la sixième race-racine 
jusqu'à la septième race-racine pour l'amener 
éventuellement à l'évolution jupitérienne. L'homme 
doit être libre mais ne pourra jamais le devenir d'une 
façon collective. 

La conscience collective est une conscience 
qui fait partie des besoins psychologiques du monde 
de la mort d'interpréter, à travers l'émotion et le 
mental de l'homme, des formes de vie capable de lui 


126 


donner, sur le plan de la mort, des modèles de vies 
afin que l'homme puisse les reprendre et recontinuer 
le processus d'incarnation. Un homme parfaitement 
dans son individualité peut parfaitement respecter la 
conscience collective et historique de l'humanité, 
même si cette conscience historique dure depuis 
douze, treize, quinze, vingt mille ans. Comme les 
peuples, les nations, les races, les individus ont 
différents niveaux d'évolution, un homme conscient 
ne peut pas s'attendre à ce que les hommes aient sa 
conscience. Tout ceci fait partie du grand 
mécanisme de l'évolution. Il faut du temps. Les 
hommes sont obligés de respecter les différents 
niveaux de conscience collective. Mais l'homme 
conscient, qui a commencé à composer avec son 
énergie pour en arriver à développer ce que nous 
appelons aujourd'hui, pour le temps présent, une 
conscience supramentale — c'est-à-dire une con¬ 
science libre du mental inférieur, libre du mémoriel, 
libre de l'historicité, libre de la conscience collec¬ 
tive —, un tel homme ne peut plus s'interroger 
demain sur la nature des choses : il la sait, il la parle 
mais il ne peut plus la penser. 

L'homme doit savoir tout ce qui concerne sa 
nature. Qu'est-ce que penser ? Qu'est-ce qu'une 
question ? D'où vient la question ? Lorsque 
l'homme a des questions dans sa tête, d'où viennent- 
elles ? Les questions dans le mental de l'homme 
viennent toujours du monde de la mort. Pensez-vous 
que l'homme a besoin de vivre des questions pour 
vivre ? Le phénomène de la question a engendré le 


127 


besoin de la connaissance et celui-ci a complètement 
assujetti l'homme aux hiérarchies autoritaires qui ont 
dominé occultement et non occultement l'histoire de 
l'humanité pendant des siècles. 

L'homme est un être de lumière. Il est fait 
d'énergie. De l'énergie, c’est de la lumière. Et cette 
énergie, cette lumière, si elle n'est pas diluée, 
diminuée en vibration à cause de la conscience 
collective de l'homme, à cause du mémoriel qui 
s'unit à son émotion et enlève toute individualité, 
comment voulez-vous que l'homme possède ce que 
nous appelons une conscience universelle ? 
Comment voulez-vous que l'homme puisse 
communiquer universellement avec l'homme ? 
Comment voulez-vous que le Juif et l'Arabe commu¬ 
niquent ? Comment voulez-vous que le chrétien 
communique avec l'autre ? Comment voulez-vous 
que les peuples de différentes idéologies politiques 
puissent communiquer ? Il n'y a aucune universalité 
dans la conscience humaine. L'homme est donc 
obligé de vivre une relativité à travers des 
expériences. Vivre d'expériences sur notre planète 
fait partie de l'involution. Un jour l'homme cessera 
de vivre d'expériences et ne vivra que de savoir. 
Tant que l'homme vivra d'expériences, il sera 
assujetti et il sentira quelque part en lui-même qu'il y 
a quelque chose sur notre planète qui ne tourne pas 
rond. Que ce n'est pas normal sur notre planète 
d'être pauvre, d'être malade, d'être incarcéré par des 
gouvernements autoritaires, de vivre la dislocation 
que créent les différents fanatismes religieux. Il 


128 


sentira que ce n'est pas normal sur notre planète, 
aujourd'hui, d'être humain. 


FP - Cette question, que l'on se pose souvent, vient 
justement du monde de la mort : qu'est-ce que 
l'esprit ? Pour le scientifique, l'esprit est de 
l'intelligence qui est localisée et qui est indissociable 
du cerveau. Il y a là un paradoxe. Si l'esprit est 
intelligence, comment se fait-il qu'il n'arrive pas à se 
connaître lui-même puisqu'il se pose la question « 
qu'est-ce que de l'esprit », et qu'il n'y a pas de 
réponse ? Cent milliards de cellules se posent 
pourtant la question pour tenter d'expliquer leur 
propre comportement. Que se passe-t-il alors ? 

BdM - Le cerveau humain est un radio. Il y a des 
gens qui sont branchés sur CKVL, d'autres sur 
CKAC. L'homme est branché sur différentes sources 
d'émanations et il ne le réalise pas. L'homme 
aujourd'hui est un peu comme l'Africain à qui l'on 
apporte une télévision ou un radio et qui écoute le 
son qui sort de cette boîte en croyant que la boîte 
parle. Nous, les hommes, nous croyons que nous 
pensons parce que nous avons un système sensoriel 
qui a tendance à naturaliser notre conscience, c'est-à- 
dire à donner à notre conscience l'importance 
naturelle de sa manifestation lorsqu'en fait notre 
conscience est quelque chose qui est sur les plans 
invisibles, mais qui se sert de la matière pour 
s'exprimer sur un plan matériel. Le phénomène de la 
pensée, la conscience de la pensée, le mécanisme de 


129 


la pensée sera transmuté. Pendant l'involution, nous 
avons été obligés de penser parce que nous étions 
des êtres contrôlés par le monde de la mort, 
incapables de supporter par nous-mêmes le poids du 
savoir. Nous devions réfléchir sur la connaissance 
afin de pouvoir nous approprier les vertus de cette 
connaissance que nous avons, d'une façon ou d'une 
autre, polarisée dans le bien ou le mal ou le vrai ou le 
faux. Et toutes ces illusions qui font partie de 
l'organisation psychologique de l'homme, en vue du 
développement de l'ego, du développement de 
l'expérience de l'âme, du développement de 
l'involution, du développement du mental humain tel 
que nous l'avons aujourd'hui, ont été nécessaires. 
Mais nous entrons dans une nouvelle étape où 
l'homme doit commencer à comprendre que la nature 
de la conscience est en fonction de sa capacité 
d'intégrer l'énergie de cette conscience d'une façon 
totalement intégrale, c'est-à-dire assujettie d'aucune 
façon à une conscience collective rendue dans 
l'expérience de l'humanité, intuitivement ou 
imperceptiblement transmise à l'homme à travers son 
cerveau à partir d'autres plans qui font partie du 
monde de la mort. 

À partir du moment où l'homme aura la 
capacité, la sécurité, la centricité de supporter le 
savoir, il commencera à contester toutes les formes 
du savoir et il entrera, naturellement, dans l'infinité 
de la connaissance, c'est-à-dire dans l'infinité du 
mouvement de l'énergie qui, en contact avec les 
neurones, donne ce que nous appelons de la 


130 


connaissance. L'énergie ne devient de la connais¬ 
sance que lorsqu'elle frappe les neurones. Si l'hom¬ 
me sort de son corps matériel et qu'il va sur les plans, 
que ce soit sur le plan astral ou sur le plan éthérique, 
il ne vit pas la connaissance de la même façon, car il 
ne se sert pas de son cerveau éthérique, de son 
cerveau matériel. Lorsque l'homme sera capable de 
vivre directement de l'énergie dans son mental, sans 
avoir à supporter la valeur psychologique et 
polarisée de cette énergie qui, sur le plan de notre 
question vis-à-vis de tout ce qui existe, nous amène 
toujours à la confrontation du vrai ou du faux, 
l'homme commencera à être libre dans son mental. 
Le vrai et le faux n'existent qu'en fonction de la 
relativité pensante de l'homme. Dans l'intelligence 
créative, il n'y a pas de vrai ou de faux. Les aspects 
polarisés du Yin et du Yan que les Hindous nous ont 
amenés dans le monde occidental font partie des 
hautes constatations psychiques des mondes astraux 
et non de la réalité ergonomique du mental créatif de 
l'homme. L'être humain, qu'il soit occidental, orien¬ 
tal ou qu'il vienne de n'importe quelle partie de la 
terre, ne peut plus être assujetti à aucune forme de 
connaissance parce que toutes les formes de 
connaissance sont polarisées, elles contiennent en 
elles-mêmes les valeurs très subliminales du 
mensonge cosmique. 

Prenons le concept de dieu. À un certain 
moment de l'involution, l'homme a eu besoin de 
savoir qu'il y a dans le ciel, dans certains éthers, un 
certain personnage grandiose qu'on appelait Dieu. 


131 


Naturellement, cette forme de dieu a évolué au cours 
des siècles. Mais qui a donné à l'homme le concept 
de dieu ? Il a été donné à l'homme par intuition à 
travers des hommes qui étaient connectés pour une 
bonne raison à ce que nous appelons les mondes de 
la mort, afin de permettre à l'homme de pouvoir 
supporter sur terre la grande solitude non créative de 
son ego. Si en chaque individu on éliminait la con¬ 
science psychologique, c'est-à-dire son besoin émotif 
de se rattacher à une infinité quelconque, nous 
verrions que s'il est moindrement spirituel il vivra 
alors une sorte de dépression. L'homme veut 
appartenir à quelque chose parce qu'à ses yeux il 
n'est rien ; on lui a créé un quelque chose de 
synthétique tellement infini, tellement grand, que lui 
est devenu rien. Cette illusion psychologique a été 
nécessaire, elle fait partie de l'histoire des religions et 
des métaphysiques qui ont marqué l'involution, mais 
elle ne pourra pas être continuée dans la conscience 
individualisée de l'homme du XXIe siècle. Je parle 
de la conscience individualisée de l'homme du XXIe 
siècle, et non de la conscience collective de l'homme 
du XXIe siècle. Un homme conscient a la capacité 
créative d'intercepter toute forme dans son mental, 
de la contester d'une façon absolue et de lui 
redonner, à partir de son propre mental, la note 
vibratoire dont il a besoin pour savoir. C'est l'hom¬ 
me qui a la capacité de donner à la forme mentale la 
note vibratoire nécessaire pour entrer dans le savoir, 
c'est-à-dire pour pouvoir vivre de l'équilibre entre ce 
qui est mentalement émotif et ce qui est mentalement 
pur. Un homme qui n'a pas d'émotion dans le mental 


132 


n'a pas besoin de l'émotion pour supporter la valeur 
psychologique de l'infinité de ce qu'il sait. Un 
homme qui est libre dans le mental, qui a finalement 
eu accès au centre de lui-même, c'est-à-dire à la 
totalité des composantes psychiques qui coordonnent 
toute l'activité de son énergie à travers son matériel 
jusqu'à son mental supérieur, n'a plus besoin de 
connaissance. Il n'a simplement qu'à parler et ce 
qu'il dit devient de la connaissance ; mais ce qu’il dit 
n'est pas pour lui, c'est toujours pour les autres. 
Voilà un grand signe du savoir. Un homme qui sait 
n'a pas besoin de savoir. Un homme qui sait n'a pas 
besoin de connaissance. S'il est créatif et qu'il peut 
parler parce qu'il a un mental supérieur qui est libre 
du mémoriel et qu'il a un cerveau suffisamment en 
santé pour canaliser cette énergie, cela fait partie de 
sa créativité. Un homme conscient n'a pas besoin de 
savoir quoi que ce soit : il est riche. La connais¬ 
sance fait partie du mouvement de l'énergie de 
l'intelligence à travers l'homme conscient pour 
l'évolution de la conscience humaine. L'homme 
conscient n'a pas besoin de connaissance. Si vous lui 
demandez une question, il vous répond. Et ensuite, 
il n'a plus de mémoire de ce qu'il vous a dit : il est 
libre. Voilà ce que l'homme doit comprendre, pour 
en arriver un jour à être capable de concrétiser dans 
sa vie ce qu'il a toujours su intérieurement. Nous 
avons l'impression que les hommes sont des idiots, 
qu'ils ne savent pas ceci ou cela. C'est une illusion. 
Les hommes savent. Tous les hommes savent. Ils 
n'ont pas la même fréquence, ils n'ont pas la même 
vibration, il n'ont pas la même capacité parce qu'ils 


133 


n'ont pas vécu les mêmes souffrances sur le plan 
mental, c'est normal. Mais tous les hommes savent. 
Pourtant nous ne donnons pas une chance aux 
hommes de prendre conscience qu'ils savent. Car 
aussitôt qu'ils disent quelque chose qu’ils savent, on 
leur dit que leurs propos sont inacceptables : on 
n'enseigne pas ceci à l'université ; la religion ne 
nous dit pas cela ; qui es-tu pour parler de Dieu, 
comme un cardinal m'a déjà dit. Quels privilèges 
possèdent les hiérarchies idéologisées pour parler de 
l'infinité ? Est-ce qu'il y a quelqu'un sur la planète 
qui a ce privilège, qui a été désigné par ce dieu ? 
Qui lui a donné une clé du tabernacle du savoir ? 
Est-ce qu'il y a quelqu'un dans le monde qui possède 
ceci et qui doit être écouté avec autorité ? L'un va 
dire oui ! L'autre va dire oui ! Le savoir appartient à 
l'homme individualisé, il n'appartiendra jamais à 
l'homme qui a une conscience collective, parce que 
le savoir ne peut pas être compris. Il peut être su 
mais il ne peut pas être compris. Et tous les hommes 
qui sauront, au cours de la prochaine évolution de la 
sixième race-racine et de la septième, ils sauront 
pour eux-mêmes, ils parleront avec d'autres qui 
savent. Ils n'auront pas à être compris parce qu'un 
homme qui sait n'a pas besoin d'être compris. Un tel 
homme n'est pas intéressé à la connaissance, mais 
plutôt à échanger avec des hommes qui savent. 
Quand les hommes sauront, on ne parlera plus de 
connaissance. C'est cela la prochaine évolution. 

Et la qualité naturelle de cette prochaine 
évolution prophétisée par Aurobindo et maintenant 


134 


enseignée en terme d'instruction dans cette province 
de Québec, l'aspect fondamental de cette instruction 
relève du fait qu'aujourd'hui il y a des hommes sur 
terre qui savent. Ceux-ci seront naturellement 
obligés, parce que cela fait partie de leur conscience, 
de parler, d'écrire. Ils ne sont pas pressés : 2 500 
ans, ce n'est pas long. Ils pourront, lentement, 
disséminer le matériel, donner des clés à l'homme 
qui ne sait pas pour qu'il en arrive à savoir. Un jour 
l'homme saura. En attendant, il faut s'occuper de 
notre survie matérielle. La recherche personnelle, la 
grande recherche intérieure, cela fait partie de 
l'involution, du jeu entre le monde de la mort et le 
monde de la vie : c'est une illusion. Rechercher 
quoi ? Qu'on fasse de la recherche pour appliquer 
des choses en science, c'est légitime. Mais qu'on 
fasse de la recherche intérieure pendant 10 ans, 15 
ans, 20 ans, 30 ans, 40 ans, 50 ans... Un jour il faut 
arrêter. L'homme sait. Mais il ne sait pas qu'il sait. 


FP - L'homme a pu se passer, pendant des 
millénaires, du comment de l'évolution mais c'est 
très différent au niveau du pourquoi. Il veut savoir 
s'il a une destination finale, s'il est le fruit du hasard 
ou de la nécessité. C'est un grand débat. Pourquoi 
avoir un vaisseau de plus en plus puissant et de plus 
en plus rapide, si l'on a ni boussole, ni destination ? 

BdM - Il y a des hommes dans le monde aujourd'hui 
qui sont en train de fournir la boussole. Ceux qui 
veulent savoir où est le nord ont simplement à 


135 


s'organiser, dans un temps quelconque, pour 
rencontrer ces vendeurs de boussoles. Il y a des 
hommes dans le monde qui ont la boussole et c'est à 
l'homme de rencontrer ceux qui ont la boussole. 
Mais les hommes qui rencontrent ou qui 
rencontreront ceux qui ont la boussole doivent 
comprendre ceci : la boussole d'aujourd'hui est une 
nouvelle boussole, ce n'est plus la boussole de la 
connaissance, qu’on obtenait en allant dans une école 
pendant dix ans afin de devenir un maître, en passant 
d'un degré à un autre degré pour monter la 
montagne. Il n'y a plus de montagne parce que les 
montagnes faisaient partie de la hiérarchie : en haut 
de la montagne, il y avait toujours un petit maître qui 
dirigeait tout le monde. Ce temps est fini. Les 
hommes sont libres, les hommes sont eux-mêmes, ils 
doivent devenir eux-mêmes maîtres de la vie. Ils 
n'ont pas à vivre de l'autorité de quelqu'un. Les 
hommes peuvent bénéficier de quelqu'un pendant un 
certain temps, le temps d'un coup de pouce ; mais un 
jour ils doivent vivre de leur propre énergie. Les 
maîtres ont servi, ils ont fait un travail important 
pendant l'involution. Les maîtres ne peuvent plus 
contester l'évolution, car ils savent que leur travail 
est fini. Qu'ils viennent de l'Orient ou qu'ils viennent 
de l'Occident, leur travail est fini. Aujourd'hui, avec 
le taux vibratoire de cette instruction mondiale qui se 
diffuse dans le monde, il n'y a plus d'hommes qui 
peuvent se permettre de passer leur temps à courir 
des maîtres, à la recherche de quelque chose, alors 
qu'eux-mêmes savent. Il y a des clés dans le monde 
maintenant, c'est à nous de nous servir de ces clés et 


136 


de nous affranchir une fois pour toutes des maîtres, 
des écoles, de tout ce qui est institutionnalisé, de tout 
ce qui est personnalisé. 

Quand je dis que l'homme est un être de 
lumière, je le dis d'une façon absolue. Il possède 
tout le matériel nécessaire pour avoir accès à cette 
infinité d'énergie que nous appelons, lorsqu'elle est 
rendue, du savoir. Mais si l'homme se lie à des 
symboles, si l'homme se lie à la mémoire, si l'homme 
se lie au besoin émotionnel d'être sécurisé par un 
autre dans ce qu'il sait, cet homme ne pourra jamais 
développer une conscience supérieure. 

D'ailleurs, pour que l'homme finalement passe 
de l'involution à l'évolution, il faut qu'il vive la 
grande solitude, sa grande solitude, afin de supporter 
le poids de ce qu'il sait, sur ses propres épaules, seul. 
Après, tout va bien parce que la vie est très facile. 
La vie devient facile lorsqu'on est en vie, mais tout 
va très mal lorsqu'on est un mort vivant. Voilà 
pourquoi l'homme moderne souffre. 


FP - Notre science nous dit également que la 
matière progresse par stratification stabilisée, c'est- 
à-dire qu'elle passe de l'atome à la molécule, qui 
engendre la base, l'acide aminé, qui forme la cellule, 
et il en est de même pour la vie, au niveau de l'ADN. 
Dans une échelle de complexité croissante de 
stratification stabilisée, est-ce qu'on peut faire un 
parallèle avec la conscience ? 


137 


BdM - Très juste. Il y a un parallèle avec la 
conscience parce qu'au fur et à mesure que la matière 
se complexifie, qu'elle passe par ces strates 
parallèles, la conscience aussi évolue. Comme il n'y 
a pas dans le cosmos de perte d'espace, il n'y a pas 
dans le cosmos de perte d'opportunité à l'énergie. Si 
la matière évolue, c'est parce qu'il y a de la 
conscience qui évolue. S'il y a le passage de la vie 
d'un état absolument simpliste, primitif, à un état très 
complexe comme l'homme, il y a de la conscience 
qui va avec ce processus. L'homme a été créé sur 
notre planète parce qu'il y avait un besoin pour cette 
forme complexe d'absorber un certain taux vibratoire 
d'énergie à partir du moment où il allait posséder le 
centre mental nécessaire. Voilà l'homme nouveau. 
Dès que la vie se complexifie, la conscience aussi 
devient de plus en plus vibrante. La vie qui se com¬ 
plexifie est toujours le résultat de l'activité dans les 
mondes invisibles de la conscience. Les deux vont 
ensemble. 


FP - Qu'est-ce qui est venu le premier ? Le plan 
physique ou le plan astral ? 

BdM - Le plan physique est le dernier des plans, c'est 
le dernier des mondes. 


FP - Mais pour que le plan astral existe, est-ce qu'il 
a fallu d'abord qu'il y ait un plan physique ? 


138 


BdM - Pas nécessairement. Dans le monde de la 
mort, ce que nous appelons les âmes, ou les 
mémoires, ont été de plus en plus développées au 
cours de millénaires grâce à l'expérience de l'homme. 
Mais il y a eu des entités qui sont venues d'autres 
planètes pour habiter le monde astral de la terre afin 
de pouvoir finalement converser avec l'homme. 


FP - Les planètes physiques également ? 

BdM - Effectivement, mais ces planètes physiques 
ne font pas partie de notre système solaire. Le plan 
matériel est le dernier des plans. L'univers matériel 
est la plus petite configuration de l'énergie. Si l'hom¬ 
me pouvait voir à travers ses centres psychiques des 
aspects des mondes invisibles, il verrait que les 
mondes invisibles sont beaucoup plus vastes, 
beaucoup plus populeux que les mondes matériels. 
La matière est venue en dernier et elle a servi de 
connexion entre les plans invisibles de l'astral et le 
monde de la matière, de sorte que nous avons 
aujourd'hui l'homme, avec un ego et différentes 
composantes. Cet ego vit une conscience expéri¬ 
mentale, car l'homme ne vit pas encore sur la terre 
une conscience créative. Il vient sur terre avec un 
plan de vie ; souvent il est obligé de vivre ce plan de 
vie pendant des années et des années, de mourir et de 
retourner à l'astral avant de revenir dans le cadre d'un 
autre plan de vie. C'est de l'esclavage, c’est de la 
comédie humaine. La vie sur terre est une farce 
parce que l'homme ne la connaît pas. L'homme est 


139 


ainsi parce qu'il a donné sa confiance à des formes 
de pensées qui sont contrôlées par des systèmes 
hiérarchisés d'autorité, tant sur le plan temporel, 
spirituel que métaphysique. 

L'homme ne peut pas se permettre de vivre en 
fonction d'une autorité. Il doit être lui-même sa 
propre conscience. L'autorité était nécessaire dans le 
passé parce qu'elle devait organiser l'homme en 
fonction de certaines agglomérations que nous 
appelons les sociétés, les races, les cultures. Tout 
cela appartient à l'homme matériel de l'involution. 
Nous parlons maintenant de l'homme futur, 
conscient, immatériel, de l'évolution. Nous parlons 
de l'homme nouveau, d'un autre être qui n'est pas 
régi par les lois planétaires mais plutôt par les lois 
cosmiques, les lois de sa propre énergie. Et ce 
passage sera difficile. Les hommes ne passeront pas 
de l'involution à l'évolution avec facilité. D'ailleurs 
Jean XXIII avait raison quand il disait : « Les fils de 
la lumière souffriront de grandes souffrances ». Ces 
souffrances ne font pas partie des souffrances que 
nous connaissons dans le monde de l'involution. Ce 
seront d'autres souffrances, des souffrances 
beaucoup plus subtiles, des souffrances qui 
appartiennent au monde de l'esprit. C'est-à-dire des 
souffrances qui font partie de l'ajustement vibratoire 
du corps mental supérieur au corps mental inférieur 
de l'homme. Des souffrances qui seront reliées au 
mémoriel de l'homme et à son émotivité. 


140 


Parlons d'esprit. Nous employons le mot 
esprit comme s'il donnait à l'homme une possibilité 
de conversion avec de l'intelligence dans les mondes 
parallèles. Un aspect de ceci est réel et vrai. Mais il 
y a quelque chose d'autre dans le mot esprit. À partir 
du moment où l'homme contemple en esprit la valeur 
psychologique du mot esprit sur le plan de la 
communication, il entre en communication avec des 
plans parallèles et il perd l'autonomie de son énergie. 
Le concept rattaché à l'émotivité du mot esprit 
empêche l'homme d'avoir accès à son énergie. Je ne 
nie pas l'existence de l'esprit ou des esprits. Je dis 
qu'à partir du moment où l'homme utilise le mot 
esprit dans la conversion de l'énergie sur le plan 
mental, pour se donner un rapport vibratoire, intuitif 
ou télépathique avec des mondes parallèles, il perd 
l'autonomie de son énergie. Il devient alors assujetti 
à une autre hiérarchie de connaissance qu’on appelle 
la connaissance astrale, la connaissance spirituelle, la 
connaissance occulte qui mène au contact entre le 
disciple et les maîtres et qui rend l'homme 
absolument incapable de définir par lui-même ce qui 
est réel. 

Nous sommes obligés, à partir du moment où 
nous entrons dans notre conscience individualisée, 
de pouvoir contester, de regarder à travers les formes 
des mots et de comprendre que toutes ces formes 
utilisées par l'action créative descendante des forces 
astrales sur le monde matériel, à travers le mental de 
l'homme, sont des pièges permettant à l'homme de 


141 


demeurer un peu plus longtemps prisonnier des 
forces qui contrôlent l'évolution. 


FP - Si je vous donne un énoncé qui prime en 
physique, pouvez-vous me faire part des réflexions 
qu'il peut apporter chez vous, faire un parallèle avec 
votre compréhension ? Par exemple : la déperdi¬ 
tion de la matière crée de l'énergie par réaction. 

BdM - La déperdition de la matière crée de l'énergie 
par réaction parce que la matière est chaude et 
aussitôt qu'elle entre en contact avec un éther 
inférieur qui fait partie de son organisation atomique, 
elle est obligée de dégager cette chaleur afin de créer 
d'autres étapes, d'autres éthers permettant à la 
matière physique et chimique de se lier ensemble. 
Cela crée le processus de régénération dans la 
matière. 

Cette loi fait partie de l'organisation 
systématique des processus involutifs de l'éther dans 
la matière. Un jour l'homme sera capable de 
renverser ceci, il pourra alors dématérialiser 
certaines matières et leur donner une vibration plus 
élevée afin de créer d'autres matières. Celles-ci ne 
seront pas assujetties aux lois de l'involution 
biologique, mais plutôt aux lois de l'évolution 
mentale de l'homme futur, du surhomme. Par exem¬ 
ple, l'homme sera capable demain de prendre un 
cristal, de lui donner une vibration, de le mettre dans 
le coin de la maison et de voir le cristal grandir : il 


142 


aura un arbre en cristal avec des rubis à l'intérieur, 
dans sa maison. Et le cristal possédera les qualités 
physiques de la vitalité naturelle que nous retrouvons 
dans le monde matériel d'aujourd'hui. 

Tout doit être un jour assujetti à l'intelligence 
de l'homme. Tout doit être compris en fonction de sa 
volonté créative afin que l'homme puisse créer une 
condition évolutive créative et éliminer à jamais ce 
que nous appelons aujourd'hui la pollution, qui 
devient de plus en plus grande et que l'homme ne 
pourra pas arrêter tant qu'il n'y aura pas sur terre des 
forces occultes qui viendront la neutraliser. 


143 


TABLE DES MATIÈRES 


Psychologie de l'initiation.5 

Limites du mental humain.29 

Mythes solaires.63 

Réalités nouvelles.91 

Matière - vie - énergie.121 


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Achevé d'imprimer 
en juin 1989 sur les presses 
des Ateliers Graphiques Marc Veilleux Inc. 
Cap-Saint-Ignace, Que. 


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